Édition du 27 février 2024

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

La garde civile bolivarienne est supportée par des citoyens-nes

Au cours de la fin de semaine (du 15-16 mars) des citoyenNEs ont marché avec les soldats de la Garde civile bolivarienne. Ce matin le gouvernement a déclaré une partie de Caracas « libre » de protestataires violentEs. Les médias privés ont, pour leur part, fait leurs manchettes avec de fausses déclarations à propos des activités de la Garde civile.

Samedi, (15 mars) une grande marche composée de civilEs et de soldats et de la Garde bolivarienne s’est déroulée à Caracas en faveur de « la paix et la vie ». Le Président Maduro s’est adressé à la foule en accusant « le gouvernement des États-Unis » d’essayer « de fomenter un complot pour m’assassiner. Dans de telles circonstances le peuple doit occuper les rues et faire la révolution en lien avec les forces armées ». Et il ajoute que depuis le 12 février, « 20,000 soldats de la Garde nationale sont dans les rues poursuivant plus de 16,000 opérations de rétablissement de l’ordre. Ils ont aussi permit d’éviter les confrontations plus de 500 fois par jour. Des 29 morts survenues depuis le 12 février, une seule est attribuée aux membres de la Garde nationale et elle est sous investigation. Mais l’opposition mène campagne en les accusant de meurtre ».

La majorité des morts ont eu lieu sur les barricades où les combats les plus violents se sont produits. On en attribue deux à des agents de la SEBIN, le service de renseignements nationale et un à la Police de Chacao qui reçoit ses ordres du maire de la ville.

Le Président Maduro est le commandant en chef de la Garde nationale. Il insiste sur le fait qu’il n’y a jamais eu d’ordre de répression de donnés : « Si la garde nationale ou la police nationale avaient reçu des ordres en ce sens, ou si la rage les avaient poussées à une répression aveugle, le bilan serait tout autre puisqu’elles ont du répondre à presque 500 actes de violence de la part de l’opposition chaque jour ».
Un sondage récent d’une firme privée (Hinterlaces), portant sur 1,200 vénézuélienNEs montre que 61% sont contre les barricades où la violence s’installe comme outil de protestation. 11% sont d’accord avec leur utilisation. 79% doutent que la violence puisse améliorer la situation dans le pays.

Des morts dans les rangs de la Garde nationale, opération de Chacao

Dimanche soir, (16 mars), le gouverneur d’Aragua, M. Tareck El Aissami, rapportait qu’un capitaine de la Garde nationale avait été insulté à Maracay par des « groupes criminels » et tué d’une balle à la tête. Il expliquait qu’un groupe violent a essayé de bloquer l’Avenue Jose Casanova Godoy. La Garde nationale est arrivée et le capitaine a été tué. C’est une deuxième mort en moins d’une semaine dans les rangs de la Garde bolivarienne. Le Capitaine Ramzor Bracho a été tué mercredi dernier à Valencia, probablement par des groupes d’opposition croit-on.

Ce même dimanche, à Maracay, s’est tenu une conférence pour la paix. C’est une initiative du gouvernement qui se tient un peu partout dans le pays. Le gouvernement a aussi annoncé que les quartiers de la classe aisée de Chacao avaient été établit « zones de paix ». Depuis 5 semaines, ces quartiers ont été le lieu, comme beaucoup d’autres dans le pays, de blocages de routes par des groupes qui appelaient à la démission du président Maduro. On y a brulé des déchets, détruit la propriété publique, procédé à du harcèlement, à des agressions et à du vandalisme. Lundi dernier, (10 mars) les soldats ont démantelé une cache clandestine utilisée par ces groupes dans le secteur de Chacao. Ils ont confisqué des fusils, des couteaux, des explosifs C4, de la drogue et du pétrole.

Dans son discours de samedi, le Président Maduro a déclaré que le gouvernement était prêt à utiliser la force pour rétablir l’ordre dans cette ville : « Nous allons capturer les gens violents, les terroristes et les meurtriers. Nous allons le faire tout en respectant les droits humains. Les premiers droits humains que nous allons respecter sont celui de se déplacer librement et celui des enfants d’aller à l’école ».

Le soir même, la télévision (VTV) rapportait que des groupes s’étaient volontairement retirés de la place Altamira à Chacao. Ce matin, le ministre des Affaires intérieures, M. Miguel Rodriguez Torres, annonçait que la zone avait été « libérée et pacifiée ». Quelques 661 soldats de la Garde nationale s’y étaient déployés quelques heures au paravent. Il a assuré qu’ils y patrouilleraient 24 heures sur 24 pour garantir la sécurité des citoyenNEs. Il a ajouté qu’il attendait l’engagement des autorités locales et du maire Ramon Muchacho à poursuivre le contrôle dans le secteur.

Une résidente de Chacao, Mme Suzanna Saavedra, s’adressant au journal local, a félicité la Garde nationale pour : « avoir pris l’initiative de l’intervention. C’était une zone sans lois ici ». Elle a accusé les autorités locales, qui s’opposent au pouvoir national, de collaborer avec les manifestantEs sur les barricades. Cela les empêchaient de sortir de chez-eux et les enfants ne pouvaient plus aller à l’école.

Même si le nombre des barricades s’est réduit dans le pays, que ce soit volontairement ou parce que la Garde nationale soit intervenue, à Merida, ce matin le Musée des sciences a été attaqué pour une deuxième fois de même que l’école secondaire Fray Juan Ramos de la Lora et une des intersections majeures de la ville a été bloquée avec un camion incendié.

La manipulation des médias privés vénézuéliens

Pour les médias privés du pays ce sont les soldats de la Garde nationale qui sont à blâmer pour toute cette violence. El National titrait le 15 mars : La garde nationale et les « collectivos » attaquent les universités du pays. Au Venezuela, le mot collectivos désigne toute une variété d’organisations sociales et productives. En février, les médias privés ont commencé à l’utiliser pour désigner de soit disant groupes armés au service du gouvernement. Dans son article, El National les accuse, avec la Garde nationale, d’avoir mené la répression contre les étudiantEs protestataires. Il a rapporté le cas de l’université Carora dans l’État de Lara vendredi. Le gouverneur, M. Henri Falcon, qui fait parti de l’opposition a déclaré que : « des groupes anarchiques, soutenus par la Garde nationale avaient causé des dommages, de la panique et de la commotion » à l’Université nationale expérimentale polytechnique. Des images vidéo de l’événement montrent toutefois des groupes d’opposition à l’œuvre et la Garde nationale faisant évacuer les lieux sous leurs insultes. Les soldats sont restés polis, ont stoppé les groupes et leur ont donné une leçon sur les droits humains avant de les laisser partir.

Plus tard, El National citait la leader de l’opposition, Mme Maria Corina Machado qui accuse les soldats de créer le chaos pour justifier l’intervention militaire à Altamira. Elle a aussi fait un appel à une manifestation contre ce qu’on appelle la Conférence de Cuba. Selon l’AFP, des centaines de personnes sont allées manifester pour protester contre le gouvernement Maduro et 28 participantEs y sont mortEs . L’article laisse entendre que ce sont tous et toutes des membres de l’opposition. Le journal en ligne, La Patilla a aussi publié une photo montrant, selon leurs dires, les soldats de la Garde nationale « réprimant, battant et mettant en état d’arrestation un jeune manifestant ». Toutefois, samedi, Alejandro Cegarra, photographe de l’AFP, qui a été critique envers le gouvernement, a revendiqué la photo et déclaré que le soldat qui y figure aidait le jeune à respirer parce qu’il avait commencé à s’étouffer. L’AFP a confirmé cette version. Le photographe insiste pour dire que ceux qui ont reproduit la photo sur leur site n’ont pas tenu compte de la réalité. Un autre photographe, M. Cristian Dubo, a confirmé la version du premier. L’homme n’aurait pas été battu mais il semble qu’il ait été conduit à l’hôpital, qu’il soit détenu en attente de son procès pour participation à des actes de violence à Altamira.

D’autres journaux sont allés plus loin en disant qu’il s’agissait d’une personne atteinte du syndrome de Down et qu’il avait été brutalement battu par les soldats. Mais finalement il s’agissait d’une photo d’un homme battu par la police de Miami l’an dernier selon la chaine de télévision russe RT. L’homme photographié par M. Dubo ne souffrait pas du syndrome de Down.
La Garde nationale forme une partie des Forces armées nationale bolivarienne. Elle est responsable de l’ordre public. Au cours de ses trois mandats, le Président Chavez a travaillé à la transformer d’organisation répressive qu’elle était en un organe de promotion du développement. Il a augmenté son implication dans les affaires civiles dont la participation de ses membres dans des programmes sociaux. Dans leur majorité ils sont issus des secteurs pauvres du pays. Le Président Chavez a souvent qualifié les Forces armées vénézuéliennes de « peuple en armes ».

Tamara Pearson

Collaboratrice au site venezuelanalysis.com

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