Les travailleuses du CPE Le petit équipage ont souligné le 30 avril le 3ème mois de leur grève, le jour même où le conseil d’administration du CPE devait se prononcer sur la proposition de règlement déposé à l’employeur par le syndicat lors de la dernière rencontre de négociation le 21 avril dernier.
Rappelons que les travailleuses avaient rejeté à l’unanimité une offre globale de l’employeur le 11 avril. Agissant toujours avec la même arrogance depuis son arrivée dans le dossier, Martin Boucher, président de l’Association patronale des Centres de la Petite Enfance (APCPE) qui représente le CPE Le Petit Équipage à la table de négociation, avait ajouté l’insulte à l’injure en soumettant au syndicat, lors de la séance de négociation du 3 avril, une offre de règlement qui proposait des reculs majeurs de conditions de travail n’ayant jamais fait l’objet de discussion au cours des deux dernières années de négociation. Ce n’est pas tout, cette même offre patronale remettait en question des éléments sur lesquels les parties s’étaient entendues avant l’arrivée de L’APCPE dans le dossier.
« Nous avons à faire à des gens de mauvaise foi qui n’ont pas de parole et qui remettent tout en question constamment. En plus, L’APCPE fait du lobbying auprès du gouvernement pour restreindre les droits des travailleuses en CPE. Elle cherche à se faire du capital politique sur le dos des travailleuses en grève et privent des dizaines de familles de services de garde professionnels » relate Nancy L’Écuyer présidente du syndicat.
Le Syndicat questionne les choix budgétaires des administrateurs du CPE surtout depuis l’arrivée de I’APCPE comme porte-parole à la table de négociation. Le seul argument patronal justifiant le refus des demandes syndicales relève d’une supposée incapacité financière du CPE à absorber de telles améliorations des services alors que les administrateurs acceptent d’assumer financièrement les coûts reliés aux fonctions de I’APCPE, fonctions assumées dans la majorité des CPE par la direction en place. Pourtant, ces argent sont pris à même les subventions octroyées par le gouvernement et ne peut donc servir à la mission première des CPE qu’est celle d’offrir des services professionnels et de qualité pour former et éduquer l’avenir de notre société. La partie syndicale a proposé à l’employeur un exercice d’analyse des états financiers de l’employeur par une firme indépendante spécialisée en la matière. « Cet exercice nous l’avons réalisé dans plusieurs autres CPE et généralement les résultats permettent aux parties de dégager des pistes de solutions à la négociation » précise Madame L’écuyer. Inutile de préciser que l’employeur refuse de se soumettre en toute transparence à ce genre d’exercice.
Les travailleuses manifestent en ce jour pour porter leur message de détermination à poursuivre leur lutte pour le respect et la reconnaissance de leur profession. « Ce que nous voulons c’est exercer notre profession dans un milieu qui est propice au développement adéquat des enfants et nos revendications ne vise qu’à améliorer la qualité de nos interventions en ce sens. Du soutien pédagogique approprié, des indicateurs d’évolution de l’enfant, de la stabilité du personnel éducatif et un équilibre entre travail et famille. Dans cette perspective, les enfants, les travailleuses, la direction, les administrateurs, les parents, tous y sont gagnants. » de dire Madame L’Écuyer.
Les 15 travailleuses déterminées du CPE Petit équipage sont une section du syndicat des travailleuses en CPE région des Laurentides (CSN) qui représente près de 600 travailleuses et travailleurs de 19 CPE de la région des Laurentides. Elles sont affiliées à la Fédération de la santé et des services sociaux FSSS-CSN et au Conseil central des Laurentides CSN qui représente près de 15000 membres provenant de 90 syndicats de tous les secteurs économiques des Laurentides.
Source : CSN - 30 avril 2008

