Édition du 16 juin 2026

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Le FRAPRU évalue que les Conservateurs et les Libéraux ont fait perdre 52 000 logements sociaux au Québec

Les gouvernements conservateurs et libéraux qui se sont succédé à Ottawa au cours des quinze dernières années ont privé le Québec de 52 000 logements sociaux, en en retirant du financement de nouveaux logements sociaux depuis le 1er janvier 1994. C’est à cette conclusion que le Front d’action populaire en réaménagement urbain en arrive dans une publication lancée à l’occasion des élections fédérales. Le FRAPRU évalue qu’à elle seule la région métropolitaine de Montréal a perdu 30 000 logements sociaux, la perte se chiffrant à 22 500 pour l’île même de Montréal. Dans la région métropolitaine de Québec, la perte est de plus de 5400 logements. À Gatineau, elle dépasse les 1500 logements, alors qu’elle est de près de 1400 à Sherbrooke, de près de 1200 à Trois-Rivières et de plus de 1000 à Saguenay.

Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, estime que « les deux grands partis fédéraux devront répondre des torts qu’ils ont causés aux mal-logés et aux sans-abri du Québec et s’engager à les réparer ».
L’histoire d’un retrait

Avant le 1er janvier 1994, tous les logements sociaux réalisés au Québec étaient financés avec des argents fédéraux. Le gouvernement québécois se contentait d’ajouter sa contribution à celle d’Ottawa. C’est à cette réalité que le gouvernement conservateur de Brian Mulroney, qui avait déjà sabré dans les sommes consacrées à de nouveaux logements sociaux dans les trois années précédentes, a mis fin dans son budget du 26 avril 1993. Il y annonçait que, dès le premier jour de l’année suivante, Ottawa se retirait totalement de ce domaine. Le gouvernement libéral de Jean Chrétien, élu entre temps, a appliqué la décision sur laquelle aucun des gouvernements qui se sont succédé à Ottawa n’est revenu depuis.

Tout au plus, les gouvernements libéraux de Jean Chrétien et Paul Martin ont-ils pris, à partir du début des années 2000, de modestes initiatives dans le logement abordable permettant aussi bien de financer des logements sociaux que d’accorder des subventions à des promoteurs privés. Or, même ces initiatives prendront fin en mars 2009 et, pour un, le gouvernement conservateur de Stephen Harper n’a démontré aucune volonté de les poursuivre.
52 000 logements sociaux de moins

C’est en comparant le nombre de logements sociaux réalisés au Québec entre 1985 et 1989 grâce à des fonds fédéraux avec le nombre financé depuis 1994 par le gouvernement québécois que le FRAPRU en arrive à l’évaluation de 52 000.

De 1985 à 1989, avant que les premières compressions fédérales viennent sérieusement réduire ce nombre, le fédéral a financé 26 733 logements au Québec, pour une moyenne de 5347 unités par année. D’après les calculs du FRAPRU, si Ottawa avait conservé le même rythme de réalisation de 1994 à aujourd’hui, ce sont 80 205 logements qui auraient reçu des subventions fédérales. En soustrayant les 28 217 appartements financés par tous les programmes que le gouvernement québécois a depuis mis en place pour prendre la relève du fédéral, y compris avec l’argent d’Ottawa pour le logement abordable, le Québec se retrouve avec un manque à gagner de 51 988 logements sociaux.
Respecter les engagements internationaux du Canada

Le FRAPRU réclame donc que tous les partis en lice aux élections du 14 octobre s’engagent à réinvestir massivement en logement social, ce qui donnerait aux provinces, dont le Québec, les moyens de s’attaquer plus efficacement aux problèmes de logement et d’itinérance. Selon le FRAPRU, le Canada pourrait du même coup se conformer aux multiples recommandations que différentes instances de l’Organisation des Nations unies lui ont faites à cet effet, notamment en 2006 lors de sa dernière comparution devant le Comité sur les droits sociaux, économiques et culturels et à l’automne 2007 à la fin d’une mission d’observation au Canada du Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit au logement.

Le FRAPRU réclame un investissement additionnel de 2 milliards $ par année en logement social de la part du gouvernement fédéral. Il demande aussi aux partis de s’engager à poursuivre toutes les initiatives en habitation qui se termineront en mars 2009, dont celle pour le logement abordable.

Mots-clés : Communiqués

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