OTTAWA – Le plus grand syndicat du secteur de l’énergie du Canada a transmis une lettre au ministre du Travail du Québec à la suite de son refus à l’assemblée nationale de prendre des mesures pour prévenir un désastre possible à la raffinerie Petro-Canada de Montréal.
« La sécurité des personnes qui vivent et travaillent près de la raffinerie est à risque », dit Dave Coles, président du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier.
« Depuis qu’elle a mis ses travailleuses et travailleurs en lock-out il y a cinq mois, la société Petro-Canada fait fonctionner la raffinerie en recourant à des cadres et des briseurs de grève qui n’ont pas toute la formation requise et qui effectuent des heures extrêmement longues », précise M. Coles, qui ajoute que « l’entreprise viole de façon flagrante la loi anti-briseurs de grève du Québec. »
« Comme s’il ne suffisait pas de fermer les yeux sur la situation, David Whissell, le ministre du Travail, a annoncé que le syndicat avait approuvé un rapport de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) qui minimise grandement les risques que la raffinerie présente pour la sécurité et que nous n’avons reçu qu’après la date limite de réponse officielle.
Quand Camil Bouchard, porte-parole du Parti québécois en matière d’environnement, a signalé que la population de l’est de Montréal s’inquiétait et que la procédure d’urgence appropriée n’avait pas été suivie au cours d’incidents récents mettant la sécurité en péril, le ministre a prétendu que tout allait bien et que le syndicat avait approuvé les conclusions d’une enquête de la CSST.
« C’est tout à fait faux », a souligné M. Coles. « La CSST nous a alarmés encore plus, et nos appels répétés à la tenue d’une enquête exhaustive par le ministre de la Sécurité publique Jacques Dupuis et d’autres intervenants ont été négligés. Nous avons de graves craintes au sujet des personnes qui vivent et travaillent à l’intérieur et autour de la raffinerie », a-t-il déclaré, rappelant que l’enquête sur l’explosion survenue à la raffinerie BP au Texas en 2005 – par suite de laquelle 15 personnes ont péri – avait conclu que la tragédie était attribuable à la fatigue et au manque de formation.
Les membres de la section locale 175 du SCEP ont été mis en lock-out par Petro-Canada le 17 novembre. Même si la compagnie réalise des profits record, elle refuse carrément de négocier avec les travailleurs et travailleuses de Montréal, qui ne demande que le même règlement que celui qui a été négocié à d’autres établissements au Canada.
« L’entreprise tente d’éliminer notre système de négociation type dans le secteur de l’énergie », dit M. Coles. « Et ce faisant, elle met en péril la sécurité de la communauté environnante. »

