Édition du 16 juin 2026

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Les cols bleus répliquent au maire Labeaume

Les cols bleus de Québec veulent remettre les pendules à l’heure. Estimant que le maire Labeaume multiplie les affirmations intempestives et inexactes, le syndicat a décidé de répondre à ses propos. « La récréation est finie. Labeaume donne un bon show, mais il parle à travers son chapeau. Je n’ai jamais vu un maire de Québec proférer autant d’inexactitudes et lancer tant d’accusations sans fondement. Son ultimatum, c’est le bluff de quelqu’un qui comprend mal les relations de travail », lance Denis Plante, conseiller au SCFP.

Tout d’abord, le syndicat s’étonne que le maire demande aux représentants syndicaux de reprendre les négociations. « De quoi parle-t-il ? On n’a jamais quitté la table ! On a même eu une rencontre pas plus tard que le 31 octobre dernier. Il n’est pas au courant ou il ignore la réalité ? », s’interroge Denis Plante. Lors de cette rencontre en présence de la conciliatrice, la Ville de Québec devait présenter des documents pour justifier ses demandes concernant le régime de retraite et les assurances collectives, ce qui n’a toujours pas été fait. « On est bien prêts à s’asseoir avec eux demain matin, mais on veut travailler sérieusement. C’est impossible s’ils ne justifient pas leurs demandes à partir de faits établis, de preuves, d’une quelconque démonstration. Si on veut trouver des solutions, il faut comprendre les problèmes ! Pour l’instant on nage dans le flou et dans les préjugés », ajoute le représentant syndical. Soulignons que la conciliatrice a aussi demandé ces documents, mais l’équipe du maire est incapable de lui dire quand elle sera en mesure de les produire.

En ce qui concerne le régime de retraite, la situation est exceptionnelle : la Ville de Québec est la seule municipalité reconstituée qui n’a toujours pas déposé le texte final de l’entente sur la fusion des régimes de retraite réalisée en 2004. « Ils n’ont pas fait leur travail, on attend encore et ils voudraient qu’on accepte toutes leurs suppositions ? Est-ce qu’on peut négocier de façon sensée et professionnelle pour une fois, avec des textes, avec des chiffres. En ce moment, la Ville ralentit les pourparlers en ne fournissant pas les documents essentiels et le maire, par ses sorties publiques, joue au provocateur », explique Denis Plante.

Québec n’est pas compétitive

Le maire Labeaume répète sur toutes les tribunes que les employés manuels gagnent beaucoup trop cher. Une prétention contestée par le SCFP qui souligne que la Ville a de sérieux problèmes de recrutement pour plusieurs corps de métiers, tels les électriciens, les plombiers, les cimentiers-applicateurs, les mécaniciens et les soudeurs, par exemple. « Pourquoi ? Parce que les conditions de travail offertes sont en-dessous de ce qu’on retrouve sur le marché du travail dans le secteur privé. La Ville n’est pas compétitive pour attirer les ouvriers qualifiés. La plupart préfèrent travailler dans le secteur de la construction ou de la mécanique automobile où ils gagnent mieux leur vie. L’argumentation du maire Labeaume ne tient pas la route », dit Réjean Rochette, vice-président du SCFP 1638.

Enfin, le syndicat rappelle que malgré les prétentions du maire sur le manque de moyens de la Ville de Québec pour maintenir les conditions de travail de ses employés, la municipalité a dégagé des surplus budgétaires de près de 27 millions de dollars l’an dernier.

Un maire de mauvaise foi

Pour le SCFP, le maire Labeaume se sert de sa popularité pour salir les employés municipaux et leur syndicat. Une approche risquée qui ne favorise pas les discussions et les règlements. « Nous avons été exemplaires, nous n’avons exercé aucun moyen de pression jusqu’à maintenant, on nous a même félicité de notre bon travail lors des fêtes du 400e. Résultat : des insultes et un ultimatum ! Le maire veut qu’on lui signe un chèque en blanc, ce qu’on ne fera jamais. Il serait préférable pour tous qu’il agisse de façon rationnelle et vienne nous expliquer quels sont les problèmes à régler. Avec de la bonne foi, il y a toujours moyen de s’entendre », de conclure Réjean Rochette.


Source : http://scfp.qc.ca

Mots-clés : Communiqués

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