Édition du 18 juin 2019

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Afrique

Les provocateurs savent que religion et politique ne s'amalgament pas

Donc, un nouveau navet diffusé par internet à mis le feu partout au Proche-Orient. On avait vu les caricatures du Prophète, l’incendie d’exemplaires du Coran et maintenant une vidéo avec des « terroristes » en costumes traditionnels et un faux désert.

Diffusé sur Countercurrents.org
tiré du journal The Independant, U.K.
13 septembre 2012,
Traduction, Alexandra Cyr,

Les concepteurs chrétiens en Occident se cachent (une position essentielle pour obtenir de la publicité) pendant que des innocentEs sont asphyxiéEs, décapitéEs et vouéEs à une mort certaine de quelque manière. On a ainsi provoqué la vengeance musulmane et « fourni » aux racistes de tout poil un vil argument pour tenter de montrer que l’Islam est une religion violente.

Sans doute, les provocateurs savent-ils qu’au Proche-Orient, il n’est pas nécessaire d’amalgamer politique et religion. C’est une seule et même chose. Christopher Stevens, ses collègues diplomates à Benghazi, des prêtres en Turquie et en Afrique, le personnel des Nations Unies en Afghanistan, ont tous payé le prix des agissements de ces « pasteurs chrétiens » caricaturistes, cinéastes et auteurs (…) qui à dessein ont choisi de provoquer un million six cents mille musulmans.

Quand un obscur journal danois a publié des caricatures du Prophète montrant une bombe dans son turban, l’ambassade danoise de Beyrouth a été incendiée. Quand un pasteur du Texas a décidé de « faire subir une sentence de mort au Coran », nous avons vu les couteaux sortir en Afghanistan. Et je ne parle pas du peu de cas que nous avons fait de l’incendie « accidentel » de pages du Coran par le personnel américain à Bagram. Et voici qu’un film délibérément outrancier provoque le meurtre d’un des plus honnêtes diplomates du Département d’État.

D’une certaine façon, rien de nouveau là. Au 15ième siècle en Espagne, des caricaturistes chrétiens ont dessiné le Prophète commettant des actes innommables. Et, alors que nous nous réconfortons en nous disant que c’est là chose du passé, rappelons-nous, qu’à Paris, quand un cinéma à projeté un film dans lequel le Christ faisait l’amour avec une femme, une maison de production a été incendiée, un spectateur a été tué et il s’est avéré que l’assassin était chrétien.

Grâce à nos merveilleuses nouvelles technologies, il ne faut qu’unE ou deux timbréEs pour déclencher en quelques minutes, une mini guerre dans le monde musulman. Je doute que le pauvre C. Stevens, un homme qui comprenait vraiment les Arabes comme peu de ses collègues en sont capables, ait jamais entendu parler du « film » qui a déclenché l’attaque contre le consulat américain de Benghazi et sa propre mort. C’est une chose de déclarer que les États-Unis partiraient en « croisade » contre Al-Quaïda, (merci G. W. Bush), et une autre que d’insulter délibérément un peuple tout entier. Ce genre de racisme réveille la folie.

Est-ce qu’Al-Quaïda, qui a été rejeté par les révolutionnaires arabes qui demandent la dignité plutôt qu’un califat de Ben Laden dans tout le Proche-Orient, aurait décidé maintenant de s’approprier les doléances populaires pour faire avancer sa cause islamiste ? Le très faible gouvernement libyen blâme les Américains eux-mêmes pour la mort de leurs diplomates ; le consulat aurait dû être évacué. Il suggère qu’une clique fidèle à Khadafi pourrait être responsable de cette attaque. C’est ridicule. Si la milice qui se nomme elle-même « Les supporters de la loi islamique » n’ont rien fait d’autre que de se servir de leurs téléphones durant ces événements, on peut soupçonner qu’Al-Quaïda soit impliqué.

Ironiquement, on peut dire qu’une sérieuse discussion devrait avoir lieu parmi les musulmans à propos, par exemple d’une réinterprétation du Coran. Mais, la provocation occidentale, car hélas c’est de cela qu’il s’agit, vient fermer tout débat de cette sorte. Pendant ce temps nous nous réfugions derrière la « liberté de la presse ». Un jour, en Nouvelle Zélande, un éditeur m’a déclaré avec fierté que son journal avait rediffusé la caricature où on voit le prophète avec une bombe dans son turban. Quand je lui ai demandé s’il en publierait une qui montrerait un rabbin avec une bombe sur la tête la prochaine fois qu’Israël envahirait le Liban, il s’est indigné en disant que cela serait antisémite.

(…) Plusieurs animateurs de radio m’ont demandé hier si les événements du Caire et de Benghazi pouvaient avoir un lien avec le onze septembre. Il ne leur venait pas à l’esprit que les provocateurs, auteurs de la vidéo, pouvaient avoir choisi cette date à dessein pour diffuser leur brûlot.

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