La CSQ reconnaît d’emblée que les nouvelles directives ainsi que le regroupement par catégories des quelque 261 mesures budgétaires auront l’avantage de diminuer le fardeau administratif et d’assurer que l’ensemble des sommes allouées soient utilisées au terme de l’année scolaire.
Elle insiste toutefois sur le fait que cette flexibilité ne devrait pas être mise en place au détriment des services offerts aux élèves.
« Il y a vraiment une préoccupation quant à la nécessité d’avoir une base de services minimale pour assurer une équité à l’ensemble des élèves du réseau. On peut alors moduler selon la couleur des différents milieux et les défis particuliers auxquels ils font face, bien entendu. Or, ce n’est pas ce qui est sur la table pour la prochaine année et la crainte que nous avons envers ce type de décentralisation, c’est de se retrouver devant des incongruités résultant d’une vision fractionnée, incomplète et disparate des services aux élèves. C’est essentiel de tenir compte de leurs besoins dans une perspective globale des services à offrir et donc, des ressources dont les centres de services scolaires disposent », d’expliquer la première vice-présidente de la CSQ, Nadine Bédard-St-Pierre.
La CSQ et ses fédérations du réseau scolaire déplorent aussi que ces nouvelles directives aient finalement été annoncées en dépit des représentations faites à ce sujet. « On a bien senti que les fils étaient déjà tout attachés et qu’il n’y avait plus de marge de manœuvre pour ajuster les choses. Ce n’est pas ça, consulter les partenaires, et ce n’est certainement pas ce qu’on entend par dialogue social », insiste Nadine Bédard St-Pierre.
Citations des fédérations du réseau scolaire
« Pour les enseignantes et enseignants, il est essentiel de s’assurer que des services de base de qualité restent offerts à l’ensemble des élèves québécois. Le décloisonnement ne doit pas signifier, par exemple, que les élèves des grands centres auront accès à plus de ressources que ceux qui fréquentent de plus petits établissements en région. La flexibilité que souhaite le gouvernement ne peut être obtenue au détriment des valeurs qui sont chères à notre système d’éducation public, comme l’égalité des chances et l’équité. » - Richard Bergevin de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)
« Au fil des ans, des règles budgétaires spécifiques, notamment pour les services de garde, ont permis de répondre à des besoins concrets et bien identifiés. Mais trop souvent, ces sommes ont été réaffectées à d’autres fins, et la nouvelle façon de faire ne laisse présager aucune amélioration à cet égard. Nous craignons par ailleurs une gestion encore plus axée sur la performance et les résultats, au détriment des besoins réels des élèves. Comment, dans ce contexte, peut-on réellement concilier performance administrative et réussite éducative ? Les enveloppes dédiées et protégées offraient une prévisibilité essentielle pour une planification rigoureuse ; leur disparition risque d’entraîner des objectifs variables d’un établissement à l’autre. C’est peut‑être ce que certains gestionnaires réclamaient, mais ce n’est certainement pas ce que nous souhaitons pour le réseau : quand c’est flou, c’est mou. » - Éric Pronovost de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)
« Alléger la reddition de comptes peut redonner de l’oxygène au milieu scolaire, mais cela ne peut pas se faire sans balises claires du Ministère. Sans cadre minimal, on risque de fragiliser l’accès aux services professionnels publics et de créer des écarts importants entre les écoles. Or, ces services jouent un rôle clé dans la réussite des élèves. La flexibilité doit s’appuyer sur une vision cohérente et équitable du réseau, où chaque élève, peu importe son milieu, peut compter sur un soutien professionnel adéquat. » - Carolane Desmarais de la Fédération du personnel professionnel de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ)


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