Tiré de Entre les lignes et les mots
I. Que s’est-il passé depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leur dernière guerre contre l’Iran ?
Les États-Unis et Israël ont entamé une nouvelle vague de bombardements contre l’Iran le 28 février. Depuis lors, ils ont bombardé des dépôts de pétrole, des installations pétrolières, l’île de Kharg, qui est la plaque tournante de l’exportation de 90% du pétrole iranien (4 à 5 millions de barils par jour), des sites militaires, des installations de missiles et de drones, des locaux de police, des banques, une école de filles à Minab, des hôpitaux, des immeubles d’habitation, des usines de dessalement d’eau et des sites classés au patrimoine mondial.
Le premier jour des bombardements, Israël a pris pour cible le complexe résidentiel d’Ali Khamenei, le « Guide suprême », le tuant ainsi que sa femme, sa belle-fille, son petit-enfant et divers dirigeants gouvernementaux. Le 17 mars, Israël a tué Ali Larijani, le plus haut responsable de la sécurité nationale iranienne, et Gholamreza Soleimani, le chef de la force paramilitaire Basij. Le 18 mars, il a tué le ministre iranien du Renseignement, Esmaeil Kahtib, lors d’une autre frappe aérienne.
À l’heure actuelle, les États-Unis comptent plus de 50 000 soldats dans la région du Moyen-Orient et viennent d’y envoyer 2 500 marines supplémentaires. Ils ont déployé des chasseurs-bombardiers et des navires d’assaut dans la région. Au cours des six premiers jours, ils ont dépensé 11 milliards de dollars pour cette guerre et continuent d’y consacrer plus d’un milliard de dollars par jour. Trump a également évoqué l’envoi de forces terrestres américaines en Iran.
Israël a recommencé à bombarder le Liban et y envoie des troupes terrestres. Il poursuit sa guerre génocidaire contre les Palestinien·nes à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie.
L’Iran a riposté en tirant des missiles et des drones sur des bases et des installations militaires américaines dans la région. Ses cibles israéliennes étaient initialement des cibles militaires. Aujourd’hui, l’Iran équipe ses missiles balistiques de munitions à fragmentation pour bombarder les habitations, les parcs, les commerces et les routes de Tel-Aviv. L’Iran a également pris pour cible des installations pétrolières, des pétroliers, des hôtels, des aéroports et des usines de dessalement dans la région du Golfe. Il a bloqué le détroit d’Ormuz et a commencé à y poser des mines. Mujtaba Khamenei, le fils d’Ali Khamenei, a été nommé comme nouveau « Guide suprême ». Depuis janvier 2026, le gouvernement iranien a coupé l’accès à Internet pour la population.
Plus de 2 000 civil·es ont été tué·es dans la région à ce jour. Plus de 1 200 d’entre elles et eux sont des Iranien·nes. Les autres victimes civiles se trouvent principalement au Liban. Dans les États du Golfe, les victimes sont principalement des travailleurs et des travailleuses migrantes.
Plus de 3,2 millions de personnes ont été déplacées en Iran et plus d’un million au Liban.
Jusqu’à présent, cette guerre a eu des conséquences non seulement économiques, avec une hausse de 35% du prix du pétrole et le blocage du transit d’autres biens essentiels tels que les denrées alimentaires et les engrais, mais aussi humanitaires. Des dégâts considérables, voire irréversibles, ont été causés aux ressources en eau et à la qualité de l’air, en particulier en Iran où la pollution atmosphérique et la pénurie d’eau étaient déjà graves. Nous avons également constaté des dégâts sur des sites classés au patrimoine mondial, comme le palais du Golestan à Téhéran.
Un langage apocalyptique fondé sur le fondamentalisme chrétien, islamique et juif est utilisé pour motiver et recruter des combattants.
L’intelligence artificielle est utilisée de diverses manières, que ce soit pour les bombardements, le tir de missiles ou la création de fausses vidéos visant à promouvoir la désinformation.
À l’échelle mondiale, le gouvernement russe a tiré profit de cette guerre car le prix du pétrole a augmenté et l’administration Trump a levé les sanctions sur les ventes de pétrole russe. La Russie a également tiré profit du fait que les systèmes antimissiles que l’Ukraine et l’Europe achetaient aux États-Unis pour aider à défendre l’Ukraine contre l’invasion impérialiste brutale de ce pays par la Russie sont désormais acheminés vers le Moyen-Orient. La Russie aide également le gouvernement iranien en partageant des informations secrètes sur des cibles américaines.
Le gouvernement chinois a également tiré profit de cette guerre, car le gouvernement américain accordera moins d’attention à la région du Pacifique et pourrait même permettre à la Chine de poursuivre ses plans visant à prendre le contrôle de Taïwan.
II. Contexte : l’Iran de 1979 à nos jours, les États-Unis, Israël et les changements mondiaux
Depuis sa fondation à la suite de la révolution populaire iranienne de 1979 contre une monarchie brutale et autoritaire, la République islamique a défini sa raison d’être comme l’opposition à Israël et aux États-Unis. Il s’agit d’une entité chiite fondamentaliste religieuse et nationaliste persane qui s’est également fortement appuyée sur la misogynie et le patriarcat. Des slogans anti-impérialistes, voire anticapitalistes et révolutionnaires, ont été utilisés pour promouvoir l’autoritarisme et détruire toute opposition progressiste.
Ainsi, en mars 1979, peu après que la révolution eut renversé la monarchie brutale de Mohammad Reza Pahlavi, l’ayatollah Khomeini et ses partisans ont commencé à réprimer les manifestations de la Journée internationale des femmes contre le port obligatoire du hijab nouvellement imposé. Au cours de ce mois-là, un référendum populaire a proclamé l’Iran République islamique. Le nouveau gouvernement a également commencé à réprimer brutalement un soulèvement des Kurdes en faveur de l’autonomie dans le nord. Une grande partie de la gauche a continué à défendre la République islamique en tant qu’anti-impérialiste au cours des deux premières années qui ont suivi la révolution. La République islamique a toutefois réprimé la gauche et tué et exécuté des milliers de ses membres à partir de 1981. Elle a également tué des milliers d’autres prisonnier·es politiques de gauche après la fin de la guerre Iran-Irak en 1988. Elle a continué à réprimer toute opposition progressiste et a instauré un État policier.
Depuis 2009, l’Iran a connu cinq vagues de manifestations populaires, qui ont toutes été brutalement réprimées. La première, en 2009, à la suite d’une élection frauduleuse, visait à réformer le système. Les autres, en 2017, 2019, 2022 et la dernière en 2026, avaient pour objectif de renverser la République islamique. Le soulèvement de 2022, connu sous le nom de mouvement « Femme, Vie, Liberté », a retenu le plus l’attention du monde entier car il était mené par des femmes brûlant leurs foulards et comportait un fort contenu émancipateur. Il a mobilisé des militant·es Sundicales/syndicaux et des jeunes, ainsi que des minorités nationales telles que les Kurdes, les Baloutches et les Arabes. La dernière vague de manifestations populaires, en 2026, a rassemblé plus d’un million de personnes à travers le pays et a été réprimée de la manière la plus brutale qui soit. En l’espace de trois jours, en janvier 2026, le gouvernement a tué au moins 7 000 personnes, voire 20 000 ou plus.
L’Iran affiche le taux d’exécutions le plus élevé au monde après la Chine et compte de nombreuses et nombreux prisonniers politiques.
Le régime iranien s’est également servi de son discours anti-impérialisme américain et anti-Israël pour écraser l’opposition progressiste dans les pays où il exerce son influence.
Le projet impérialiste régional de l’Iran a débuté au début des années 1980 avec son rôle dans la création du Hezbollah au Liban, puis ses interventions en Irak, en Syrie et au Yémen. Dans le cas de la Syrie, il a soutenu pendant 13 ans le régime brutal de Bachar al-Assad en envoyant des troupes terrestres et en écrasant le soulèvement syrien avec l’aide de la Russie. Il a dépensé des milliards pour financer le Hezbollah, le Hamas et les milices chiites en Irak et en Syrie. Son soutien aux Palestinien·nes se limite à la promotion de ses propres ambitions régionales et n’inclut ni la démocratie ni les droits humains pour le peuple palestinien. Ces dernières années, il a vendu des drones et des missiles à la Russie pour la guerre impérialiste de cette dernière contre l’Ukraine. Il a également soutenu une faction de l’armée soudanaise dans la guerre civile soudanaise. Il soutient actuellement les talibans tout en encourageant la haine contre les réfugié·es afghan·es en Iran.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique a été fondé par l’ayatollah Khamenei en tant qu’armée distincte de l’armée régulière. Après la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988, un conflit sanglant et destructeur de huit ans au cours duquel plus d’un million de personnes ont été tuées ou blessées, le CGRI s’est développé et est devenu le plus grand détenteur de capitaux et investisseur d’Iran, ainsi que l’incarnation de l’unité du parti, de l’armée et de l’État. Il compte 180 000 gardes et fait partie de l’armée et des forces de police iraniennes, qui totalisent 1,5 million d’effectifs. L’Iran possède la 8e armée la plus importante au monde.
Le CGRI a consacré une somme inconnue au programme nucléaire iranien. En juin 2025, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé que l’Iran disposait de suffisamment d’uranium enrichi à 60% pour fabriquer dix bombes. Après la guerre destructrice et illégale menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran en juin 2025, cette capacité nucléaire a été gravement affaiblie.
En ce qui concerne les États-Unis et Israël, il ne fait aucun doute qu’ils poursuivent leurs ambitions impérialistes brutales dans la région. Le gouvernement Netanyahu veut écraser la lutte palestinienne pour l’indépendance et massacre le peuple palestinien. Le gouvernement Netanyahu s’oppose également à tous/toutes les Juifs/Juives israélien·nes qui croient en une coexistence pacifique entre Juifs/Juives et Palestinien·nes fondée sur l’égalité.
Washington a toujours soutenu l’ancien régime monarchique iranien. Les États-Unis sont également responsables des invasions ultérieures de l’Afghanistan et de l’Irak dans la région, qui ont causé la mort et blessé des millions de personnes.
Les États-Unis et Israël se sont tous deux orientés vers le fascisme. Aux États-Unis, avec le deuxième mandat de Trump, nous avons un gouvernement fasciste qui contrôle la présidence, le Congrès et la Cour suprême. Lorsque je parle de fascisme, je me réfère à la définition de Robert Paxton dans L’Anatomie du fascisme. Les caractéristiques distinctives du régime fasciste sont le rejet massif de la raison et de la logique, l’adhésion massive au darwinisme social ou à la croyance en la supériorité de sa propre nation ou race, et la soi-disant « loi du plus fort ». Le régime fasciste a également besoin de la complicité des élites qui s’y soumettent. Le nationalisme extrême et le racisme fascistes s’expriment dans un processus de « purification » interne consistant à diaboliser, déshumaniser, emprisonner et tuer les membres d’un ou de plusieurs groupes considérés comme « l’Autre » ou « l’ennemi intérieur ». Ce processus va de pair avec l’expansion impérialiste/la guerre à l’extérieur, la misogynie, la désinformation, l’effacement de l’histoire et le pouvoir d’un homme fort. À l’aune de ces critères, en Israël aussi, le gouvernement Netanyahu est dirigé par des fascistes.
Les États-Unis et Israël souhaitent tous deux collaborer avec les États du Golfe et la Turquie pour remodeler le Moyen-Orient en une entité capitaliste totalement autoritaire, sans même faire semblant de respecter la démocratie ou les droits humains.
L’administration Trump pensait qu’elle bombarderait l’Iran pendant quelques jours et conclurait un accord avec une partie du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) afin d’instaurer un régime docile en Iran. Le CGRI, cependant, planifie des attaques de représailles depuis de nombreuses années et mise sur l’affaiblissement des États-Unis et d’Israël en prolongeant la guerre. Il compte également sur un monde multipolaire où la Russie et la Chine renforcent leur puissance impérialiste.
Pour la Russie, qui est un État fasciste et impérialiste, l’Iran est un État allié auquel elle vend des centrales nucléaires et des armes, et dont elle obtient des missiles, des drones et des services pour promouvoir la désinformation et la terreur à travers le monde.
Pour l’impérialisme capitaliste chinois, l’Iran est une source de pétrole, de produits pétrochimiques et de minerais bon marché, ainsi qu’un allié autoritaire. La Chine et l’Iran ont signé en 2021 un accord de 25 ans en vertu duquel la Chine obtient pour 400 milliards de dollars de pétrole iranien à un prix fortement réduit en échange de la construction d’installations pétrolières et gazières et d’autres infrastructures pour l’Iran.
Au vu de la doctrine stratégique de l’administration Trump, de son alliance ouverte avec Poutine dans la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et de son indifférence actuelle face à une éventuelle invasion chinoise de Taïwan, il semble que ces trois superpuissances soient pour l’instant parvenues à un accord sur leurs sphères d’influence. Cela ne signifie pas pour autant que ces sphères d’influence soient éternelles. Le capitalisme n’est pas un système stable. Il s’agit de pôles de capital qui se font concurrence pour l’extraction et l’accumulation de valeur monétaire à partir des êtres humains et de la nature, et qui s’engagent dans des guerres de plus en plus destructrices au cours de ce processus.
Une guerre en cours au Moyen-Orient, qui absorbe les ressources militaires et autres des États-Unis et les affaiblit, est également tout à fait dans l’intérêt de la Russie et de la Chine, qui se concentrent sur leurs propres projets impérialistes et l’exploitation capitaliste de leurs sujets.
Face à cette réalité, il est essentiel de bien comprendre les acquis, les limites et les possibilités des forces progressistes en Iran.
III. Réalisations, limites et perspectives des forces progressistes en Iran
La réalisation la plus importante a été le mouvement « Femmes, Vie, Liberté » d 2022, qui a formulé des revendications émancipatrices explicites concernant les femmes, le travail, l’éducation et les droits des minorités opprimées. Ce mouvement a été brutalement réprimé, avec 20 000 arrestations et l’assassinat de plus de 500 participant·es.
Au cours des vingt dernières années, nous avons assisté à la montée d’une organisation syndicale indépendante en Iran parmi les travailleurs/travailleuses du secteur pétrolier et pétrochimique sous contrat temporaire, les travailleurs/travailleuses de la canne à sucre, les chauffeurs de bus, les enseignant·es et les infirmières.
Les femmes représentent 60% des diplômé·es de l’enseignement supérieur et défendent avec force leurs droits, bien qu’elles vivent sous un gouvernement autoritaire et fondamentaliste religieux et ne détiennent qu’une part de 16% dans l’économie officielle.
Les prisonnier·es politiques s’organisent à l’intérieur des prisons et rédigent des lettres et des manifestes.
Les intellectuel·les iranien·nes ont produit diverses traductions d’ouvrages clés sur la philosophie et la critique de l’économie politique, tels que les Manuscrits économiques et philosophiques de 1844 et Le Capital de Marx dans une nouvelle traduction, ainsi que certains ouvrages importants sur le féminisme. D’autres ouvrages importants sur l’histoire, la sociologie, la politique, les relations entre les sexes et les droits des minorités en Iran ont été rédigés par divers·es intellectuel·les, en particulier à l’étranger où elles et ils disposaient de plus de ressources et de liberté.
Parmi les principales limites des progressistes iranien·nes, on peut citer les suivantes :
Le nationalisme persan s’oppose à toute tentative visant à proposer un projet de reconnaissance et de codification des droits des minorités nationales à l’usage de leur langue et à l’exploitation de leurs ressources naturelles.
Le patriarcat et la misogynie continuent d’entraîner des taux élevés de féminicides, de violences sexistes et d’abus.
La gauche iranienne réduit principalement le concept de socialisme au contrôle étatique de la propriété, sans chercher à s’attaquer à l’aliénation inhérente au mode de production capitaliste lui-même. Elle en reste donc à prôner simplement le remplacement de la propriété privée par la propriété d’État.
Beaucoup de membres de la gauche continuent de réduire l’impérialisme à l’impérialisme occidental uniquement, et refusent d’accorder une attention égale à l’impérialisme russe et chinois, ainsi qu’aux interventions impérialistes régionales menées par le gouvernement iranien lui-même au cours des quatre dernières décennies.
Compte tenu de ces limites, diverses entités rétrogrades ont séduit les masses iraniennes, notamment en recourant à la désinformation sur les réseaux sociaux et les chaînes de télévision par satellite. Ainsi, lors du soulèvement de janvier 2026, alors que plus de 7 000 mort·es avaient été confirmé·es par le régime, de nombreuses personnes, même parmi la classe ouvrière, scandaient des slogans monarchistes et appelaient Reza Pahlavi, le fils du roi déchu, à revenir en Iran pour leur apporter la prospérité. Certaines personnalités intellectuelles progressistes de premier plan, y compris des féministes, ont également déclaré leur alliance avec Reza Pahlavi. Reza Pahlavi, quant à lui, n’a pas seulement soutenu l’invasion militaire américaine et israélienne. Il appelle également depuis plusieurs années le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) à se joindre à lui en échange d’une grâce totale et d’une pleine participation au nouveau régime.
Cinq partis kurdes ont récemment formé une coalition afin de se préparer à la chute du régime. Bien qu’on ignore s’ils envisagent ou non de combattre aux côtés des forces américaines et israéliennes, il est évident qu’ils sont profondément déçus par la prédominance du nationalisme persan dans la société iranienne.
L’Iran compte des intellectuel·les courageuses/courageux et engagé·es dont on n’a pas entendu parler récemment, car elles et ils sont soit en prison, soit assigné·es à résidence, soit en permission de sortie ou en liberté conditionnelle. La plus notable est Nasrin Sotoudeh, une avocate féministe spécialisée dans les droits humains qui est prisonnière politique depuis de nombreuses années et se trouve actuellement en liberté conditionnelle. Pakhshan Azizi, militante kurde iranienne pour les droits des femmes, risque toujours la peine de mort et dénonce ouvertement le régime ainsi que l’intervention militaire américaine. Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, est une autre militante féministe qui est pour l’instant réduite au silence en prison.
Compte tenu de la guerre brutale et croissante qui sévit actuellement, ainsi que de ces problèmes réels au sein de la société iranienne et de la région, que peuvent faire aujourd’hui les progressistes internationaux ?
IV. Que peuvent faire les progressistes internationaux aujourd’hui ?
Premièrement : Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour mettre fin à cette guerre. Sensibilisez, exprimez-vous, manifestez, faites pression sur vos représentant·es gouvernementaux et sur les intellectuel·les indépendant·es. Aux États-Unis, l’opinion publique est actuellement à 60% contre cette guerre. La plupart des personnes ne veulent pas envoyer leurs enfants se battre au Moyen-Orient. La moitié de la population adulte s’oppose aux attaques de l’administration Trump contre des immigrant·es innocent·es, ainsi qu’à leur détention et à leur expulsion. Il existe également une grande colère face à la manière dont des hommes pour la plupart riches, dont Trump, d’autres politiciens et même des universitaires, ont collaboré avec le réseau de feu Jeffrey Epstein et en ont tiré profit pour le trafic de femmes et de filles à des fins de viol et d’abus sexuels. Toutes ces questions doivent être abordées pour formuler un message anti-guerre.
Deuxièmement : Tendez la main aux progressistes du Moyen-Orient ou aux progressistes originaires du Moyen-Orient vivant à l’étranger. Ne vous limitez pas à ne parler que d’une seule lutte ou d’un seul pays du Moyen-Orient.
Troisièmement : Opposez-vous au « campisme », prenez clairement position contre toutes les puissances capitalistes-impérialistes mondiales et régionales et défendez les droits et l’humanité des peuples que ces puissances oppriment.
Quatrièmement : aborder les questions clés qui freinent nos luttes : la discrimination raciale et ethnique, le patriarcat, l’exploitation capitaliste et l’aliénation capitaliste.
Frieda Afary
18 mars 2026
Publié et traduit en français par : https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/03/21/la-guerre-des-etats-unis-et-disrael-contre-liran-quelle-approche-adopter-pour-une-gauche-socialiste-attachee-a-ses-principes/#more-103362
Coordonnées, blogs et travaux de Frieda Afary
Fafarysecond @yahoo.com
https://iranianprogressives.org/
https://socialistfeminism.org/
Lectures on Humanist Alternatives to Capitalism, Racism, Sexism
https://www.youtube.com/playlist
References :
Afary, Janet. 2009. Sexual Politics in Modern Iran. Cambridge University Press.
BBC Persian. 2025. Pakhshan Azizi’s Letter from Prison. October 4. https://www.bbc.com/persian/articles/cqlzx25vzzwo
Kaufman, Jeff and Marcia Ross. 2020. Nasrin. https://www.nasrinfilm.com/
https://www.youtube.com/watch?v=RZ0fQpU0fg8
Keddie, Nikki R. 2003. Modern Iran : Roots and Results of Revolution. Updated ed. New Haven, CT : Yale University Press.
MacFarquhar, Neil. 2026. “Revolutionary Guards Corps : Spine of a Militarized State.” New York Times. March 9.
Northeast Los Angeles Alliance for Democracy. 2025. “What Is Fascism and How to Oppose It ?”
https://www.nelafordemocracy.org/
https://drive.google.com/file/d/1rZu2ZglUA-8djuCih4dKkHHMkL7-wMyJ/view
Paxton, Robert. 2005. Anatomy of Fascism. Vintage
Sanger, David. 2025. “The Missing Chapter in Trump’s Security Strategy :
Superpower Competition.” New York Times, December 8.
Ukraine Solidarity Network (U.S.). 2026. “Solidarity with the Iranian Uprising.” February 9.
https://www.ukrainesolidaritynetwork.us/solidarity-with-the-iranian-uprising/
Frieda Afary, 18 mars 2026
Frieda Afary is an Iranian American librarian, translator and author of Socialist Feminism : A New Approach (Pluto Press, 2022). She produces Iranian Progressives in Translation and Socialistfeminism.org.
https://newpol.org/the-u-s-israeli-war-with-iran-what-is-a-needed-approach-for-a-principled-socialist-left/
https://socialistfeminism.org/the-u-s-israeli-war-with-iran-what-is-a-needed-approach-for-a-principled-socialist-left/
Traduction DE
De l’autrice ;
Où mèneront les manifestations en Iran en 2026 ?
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/01/11/solidarite-avec-les-populations-en-iran/
« Nous avons besoin d’une alternative humaniste au capitalisme ». Interview de Frieda Afary pour Posle Media
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/09/26/nous-avons-besoin-dune-alternative-humaniste-au-capitalisme/
Qu’est-ce que le féminisme marxiste ?
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/09/20/quest-ce-que-le-feminisme-marxiste/
Tirer les leçons des manifestations à Los Angeles
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/07/10/tirer-les-lecons-des-manifestations-a-los-angeles/
Avec Farooq Sulehria
« Le régime iranien a été affaibli par la guerre, mais la répression s’est intensifiée après le cessez-le-feu. »
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/07/04/le-regime-iranien-a-ete-affaibli-par-la-guerre-mais-la-repression-sest-intensifiee-apres-le-cessez-le-feu/
Qu’est-ce que le fascisme et comment pouvons-nous y résister aux États-Unis ?
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/02/05/quest-ce-que-le-fascisme-et-comment-pouvons-nous-y-resister-aux-etats-unis/
Donner un sens à la victoire de Trump et à la résistance nécessaire
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/11/14/donner-un-sens-a-la-victoire-de-trump-et-a-la-resistance-necessaire-et-autres-textes/
L’opposition iranienne face au conflit entre Téhéran et Tel-Aviv. Entretien avec Frieda Afar
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/05/29/lopposition-iranienne-face-au-conflit-entre-teheran-et-tel-aviv-entretien-avec-frieda-afary/
Stop au militarisme israélien & iranien
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/08/12/stop-au-militarisme-israelien-iranien/
Iran entretien avec Frieda Afary [en deux parties]
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/10/17/iran-entretien-avec-frieda-afary-en-deux-parties/
Les syndicats iraniens dans les mobilisations
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/02/15/les-syndicats-iraniens-dans-les-mobilisations/
L’Iran manifeste contre le hijab obligatoire et la violence d’État
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/26/liran-manifeste-contre-le-hijab-obligatoire-et-la-violence-detat/
Avec Kevin Anderson : Femme, vie, liberté : les origines du soulèvement en Iran
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/12/12/femme-vie-liberte-les-origines-du-soulevement-en-iran/
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