Édition du 16 juin 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Canada

Retroussons-nous les manches pour le climat

Des élu.e.s de partout au Canada lancent un message urgent au premier ministre Carney : «  Nous voulons des projets qui bâtissent le pays, pas qui le réduisent en cendres »
À l’issue d’un sommet d’urgence de Retroussons-nous les manches pour le climat, des mairesses, maires et conseiller.ère.s réclament une action climatique fédérale immédiate et créatrice d’emplois : « Des communautés seront réduites en cendres cet été pendant que nous misons toujours plus sur l’expansion des énergies fossiles »

Edmonton, Alberta, 4 juin 2026 – Une alliance de près de 300 mairesses, maires et conseiller.ère.s, représentant plus de la moitié de la population canadienne, a tenu aujourd’hui un sommet d’urgence sur le climat à huis clos et publié une déclaration commune (voir plus bas) afin de ramener le climat au premier plan de l’actualité politique. À l’approche d’une saison des feux de forêt qui s’annonce intense, la coalition réclame des investissements fédéraux massifs dans des projets propres qui réduisent la pollution et renforcent l’économie.

Les élu.e.s ont aussi lancé la Carte des impacts climatiques 2026,qui suivra en temps réel les catastrophes climatiques partout au pays cet été, et dévoilé un nouveau rapport selon lequel les changements climatiques coûtent déjà à l’économie canadienne entre 1 et 5 % de son PIB.

Les élu.e.s municipaux.ales lancent un cri de cœur dans une déclaration commune

Les élu.e.s municipaux.ales ont fait cette annonce après avoir tenu aujourd’hui un sommet d’urgence sur le climat, à l’approche d’une saison des feux de forêt qui s’annonce intense. Ils ont publié une déclaration commune (voir plus bas) pour reconnaître la crise et les coûts croissants des impacts climatiques partout au Canada, et pour remettre le climat à l’avant-plan en réclamant des projets d’envergure qui rendent la vie plus abordable, créent des emplois et réduisent la pollution.

« D’autres communautés risquent de partir en fumée cet été pendant que le premier ministre persiste à vouloir étendre l’industrie des énergies fossiles. Alors que d’autres pays descendent des montagnes russes du pétrole et du gaz en investissant dans les énergies renouvelables et la résilience, nous versons de l’essence sur nos feux de forêt avec des subventions publiques à une industrie qui engrange déjà des profits de plusieurs milliards de dollars », a déclaré Richard Ireland, maire de Jasper, en Alberta, dont la ville a été dévastée en 2024 par l’une des catastrophes naturelles les plus coûteuses de l’histoire du Canada. « Nous avons besoin de leadership fédéral en matière de climat, pas d’un recul. »

Le groupe a également lancé la Carte des impacts climatiques 2026afin de suivre en temps réel les catastrophes climatiques à mesure qu’elles surviennent au cours de l’été, et a révélé qu’à la fin de mai, près de 7,6 millions de personnes au Canada (soit 1 sur 5) avaient déjà vécu des événements météorologiques extrêmes cette année.

Une nouvelle carte rend les catastrophes climatiques de l’été impossibles à ignorer

« Dans le Nord, c’est une urgence après l’autre depuis des années. En tant qu’élu.e.s municipaux.ales, c’est nous qui faisons face à ces menaces pour la santé, l’économie et la sécurité de nos communautés » a déclaré Ben Hendriksen, maire de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. « Cette carte vise à rendre ces impacts visibles et indéniables, pour que le gouvernement fédéral soit contraint d’agir sérieusement. »

https://www.pressegauche.org/ecrire/?exec=article_edit&new=oui&id_rubrique=67#

Les élu.e.s ont réclamé une action fédérale immédiate pour renverser la vapeur sur l’expansion des énergies fossiles et ont mis de l’avant leurs cinq demandes phares en matière de politiques fédérales, qui pourraient créer des millions d’emplois au Canada et aider à protéger le pays contre les chocs économiques :

Un réseau électrique propre est-ouest-nord à l’échelle du pays, alimenté par des énergies renouvelables plutôt que par le gaz fossile, pour faire du Canada une superpuissance de l’énergie propre ;

Au moins deux millions de logements hors marché à pollution nulle, écoénergétiques et construits selon les normes les plus élevées, avec de l’acier, de l’aluminium et du bois d’œuvre canadiens ;

● Des rénovations résidentielles ainsi que l’installation massive de thermopompes et de panneaux solaires partout au pays, pour réduire les factures d’énergie et la pollution et stimuler l’activité économique dans chaque communauté ;

Un système de transport propre doté d’un réseau ferroviaire à grande vitesse pancanadien, prolongé par des autobus électriques fabriqués au Canada, et l’annulation des compressions fédérales dans le transport collectif local ;

Une stratégie pancanadienne de résilience, d’intervention et de rétablissement pour reconstruire après les catastrophes à venir, financée par une nouvelle taxe sur les profits excédentaires du pétrole et du gaz tirés de la guerre en Iran.

« Les idées politiques que nous proposons sont populaires et réalisables » a déclaré David Miller, ancien maire de Toronto et coprésident de Retroussons-nous les manches pour le climat. « La plupart des gens au Canada estiment que le pays serait plus sécuritaire s’il produisait davantage d’énergie renouvelable ; les deux tiers préfèrent le développement de l’énergie propre à celui des énergies fossiles, et les deux tiers appuient une taxe sur les profits excédentaires des sociétés pétrolières et gazières, qui pourrait financer d’énormes investissements dans des infrastructures favorables au climat. Ce sont là d’importantes majorités, que le gouvernement aurait tout avantage à écouter. »


Un nouveau rapport chiffre la facture : jusqu’à 5 % du PIB

L’alliance a également dévoilé un nouveau rapport qui estime que les changements climatiques coûtent à l’économie canadienne de 1 à 5 % de son PIB, une proportion stupéfiante, et dont les répercussions financières devraient s’accroître dans les années à venir. Les impacts climatiques ont ajouté 8,8 milliards de dollars par année au coût d’entretien des routes, des ponts, des réseaux d’eaux usées et des autres infrastructures publiques du pays, et les municipalités assument les deux tiers de cette facture.

« Mark Carney a dit à ses détracteurs qu’il voulait entendre ce pour quoi ils se battent, pas ce contre quoi ils s’opposent. Alors voici : les élu.e.s municipaux.ales veulent des projets qui bâtissent le pays, pas qui le réduisent en cendres » a déclaré Merlin Blackwell, maire de Clearwater, en Colombie-Britannique. « Ma ville a été désignée comme la plus susceptible au Canada de subir un feu de forêt catastrophique dans un avenir rapproché ; c’est ce qui m’empêche de dormir. Mais nous pouvons protéger nos communautés et bâtir une économie forte grâce à des investissements dans l’éolien, le solaire et l’hydroélectricité durable. La vie peut être belle avec un véritable réseau électrique pancanadien, alimenté par des énergies renouvelables plutôt que par des combustibles fossiles comme le GNL. »

À propos de Retroussons-nous les manches pour le climat

Retroussons-nous les manches pour le climat est une alliance pancanadienne de près de 300 mairesses, maires et conseiller.ère.s qui représentent plus de la moitié de la population canadienne. L’alliance milite pour des projets propres et structurants qui protègent le Canada de la double crise du dérèglement climatique et de l’instabilité économique, et qui rendent nos communautés plus sécuritaires, plus abordables et plus prospères. Nous nous sommes associés auClimate Caucus, un organisme sans but lucratif national qui aide les élues et élus municipaux à mettre en œuvre des politiques climatiques dans leurs collectivités et à faire valoir leurs positions auprès de tous les ordres de gouvernement.

Déclaration commune des maires, mairesses et leaders municipaux de partout au pays, dans le cadre du sommet sur le climat de l’alliance Retroussons-nous les manches pour le climat, le 4 juin

Le 4 juin 2026 Edmonton (Alberta)

Aujourd’hui, les membres de Retroussons-nous les manches pour le climat, une alliance grandissante de près de 300 maires et mairesses, conseillers et conseillères municipaux qui représentent plus de la moitié de la population canadienne, se sont réunis à Edmonton pour un Sommet d’urgence sur le climat, à l’aube d’une autre saison dévastatrice d’événements climatiques extrêmes. Ensemble, ils ont cherché comment protéger leurs communautés des catastrophes alimentées par les énergies fossiles et des chocs économiques qui viennent avec. Au terme de leurs échanges, ils ont adopté la déclaration commune suivante. D’autres signatures seront ajoutées tout au long du Sommet.

Épuisement. Peur. Frustration. Inquiétude. Colère. C’est ce que nous ressentons, nous, les élues et élus municipaux, comme le ressentent les gens de nos communautés, alors que celles-ci encaissent les catastrophes climatiques les unes après les autres, sans répit.

Sécheresse dans l’intérieur de la Colombie-Britannique. Inondations dans le nord-est de l’Ontario et l’ouest du Québec. Avertissements de chaleur en Nouvelle-Écosse. Feux de forêt incontrôlables en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba.

Et ce n’est qu’un aperçu de ce qui a frappé le pays durant les cinq premiers mois de 2026. Une personne sur cinq en a déjà été touchée, un chiffre vertigineux, et une autre saison de feux, de fumée toxique, de canicules et d’inondations s’annonce déjà.

Comme maires et mairesses, conseillers et conseillères municipaux de partout au pays, nous avons un message clair pour le premier ministre : nos communautés et nos économies locales brûlent. Ce qu’il nous faut, c’est un vrai leadership fédéral sur le climat, pas un recul.

Le gouvernement actuel semble voir les changements climatiques comme un problème lointain, qu’on finira bien par régler un jour, plus tard.

Mais sur le terrain on vit une tout autre réalité. Les changements climatiques, c’est notre quotidien : air vicié, manques d’eau, évacuations bouleversantes, familles déracinées par milliers. Chaque année, les changements climatiques nous forcent à débourser des milliards de dollars[1] de plus pour réparer nos routes, nos ponts, nos réseaux d’eaux usées et nos infrastructures. Les deux tiers de cette facture retombent sur les budgets municipaux, ce qui fait encore grimper le coût de la vie des gens, par-dessus la flambée des prix de l’énergie et de l’essence.

On ne peut pas juste reconstruire, encore et encore, après chaque feu, chaque inondation, chaque tempête, chaque sécheresse. Il faut les prévenir. Notre façon de vivre, qu’on soit Québécoises et Québécois ou Canadiennes et Canadiens, tient à la santé de nos terres, de notre eau, de notre air et de nos communautés.

C’est pour ça que nous pressons le gouvernement fédéral d’investir sans tarder dans des projets qui bâtissent le pays au lieu de le brûler, des projets qui allègent les factures des ménages, créent des centaines de milliers d’emplois et mettent nos communautés à l’abri :

Un réseau électrique propre reliant l’est, l’ouest et le nord du pays, alimenté par les énergies renouvelables plutôt que par le gaz fossile, pour faire du pays un chef de file de l’énergie propre et asseoir sa souveraineté énergétique ;

Au moins deux millions de logements hors marché, sans pollution, écoénergétiques et bâtis selon les normes les plus élevées, pour des milieux de vie plus abordables et bien desservis par le transport en commun ;

Des rénovations et l’installation massive de thermopompes et de panneaux solaires d’un bout à l’autre du pays, de quoi réduire les factures d’énergie et la pollution tout en faisant rouler l’économie de chaque communauté ;

Un système de transport propre, appuyé sur un réseau national de train à grande vitesse, prolongé par des autobus électriques fabriqués ici et arrimé au transport en commun local. Ça commence par annuler les compressions au financement fédéral du transport collectif et par investir davantage ;

Une stratégie nationale de résilience, d’intervention et de rétablissement pour faire face aux catastrophes désormais inévitables, financée par une taxe sur les profits excédentaires que le pétrole et le gaz ont tirés de la guerre en Iran. En emboîtant le pas à nos alliés de l’Union européenne, on ferait en sorte que les pollueurs assument les dommages causés par leurs activités, ce qui pourrait rapporter jusqu’à 46 milliards de dollars.

Nous demandons au gouvernement fédéral de faire front commun avec nous : de tourner le dos aux projets de combustibles fossiles qui nous divisent et de se retrousser les manches pour des projets concrets et rassembleurs qui, loin de brûler notre pays, vont le bâtir et le rendre plus fort.

Signataires

● Vivian Birch-Jones, Regional Director, Lillooet, BC

● Merlin Blackwell, Mayor, Clearwater, BC

● Phil Brennan, Councillor, Township of Severn, ON

● Sue Cairns, Councillor, Kimberley, BC

● William Cole-Hamilton, Courtenay, BC

● Leila Copti, Conseillère et mairesse suppléante, Val-des-Lacs, QC

● Spencer Coyne, Mayor, Princeton, BC

● Catherine Craig-St-Louis, Conseillère, Gatineau, QC

● Mike Derbyshire, Councillor, Strathcona County, AB

● Justine Gabias, Regional Director, Sunshine Coast Regional District, BC

● Joe Gowing, Councillor, Region of Waterloo, ON

● Wendy Hall, Councillor, Jasper, AB

● Bob Hawkesworth, Former Councillor, Calgary, AB

● Ben Hendriksen, Mayor, Yellowknife, NWT

● Richard Ireland, Mayor, Jasper, AB

● Michael Janz, Councillor, Edmonton, AB

● Susan Kim, Councillor, Victoria, BC

● Rawlson King, Councillor, Ottawa, ON

● Gerry Leibel, Councillor, District of Kitimat, BC

● Leah Main, Councillor, Silverton, BC

● Jessica Mcilroy, Councillor, North Vancouver, BC

● Jenn Meilleur, Councillor, Comox, BC

● David Miller, former Mayor, Toronto, ON

● Lenore Morris, Councillor, Whitehorse, YK

● Joy-Anne Murphy, Councillor, Camrose, AB

● Jasmin Parker, Councillor, Saskatoon, SK

● Leslie Payne, Councillor, Nelson, BC

● Philip Penrod, Councillor, Beaumont, AB

● Chris Pettingill, Councillor, District of Squamish, BC

● Valérie Plante, former Mayor, Montreal, QC

● Sherri Rollins, Councillor, Winnipeg, MB

● Ashley Salvador, Councillor, Edmonton, AB

● Dianne Saxe, Councillor, Toronto, ON

● Wayne Stetski, Councillor, Cranbrook, BC

● Anne Stevenson, Councillor, Edmonton, AB

● Keren Tang, Councillor, Edmonton AB

● Dave Thompson, Councillor, Victoria, BC

● Pat Warren, Councillor, Kawartha Lakes, ON

● David West, Mayor, Richmond Hill, ON

● Pamela Wolf, Councillor, Waterloo, ON

● Jesse Wright, Councilor, District of Mackenzie, BC

● Shanon Zachidniak, Councillor, Regina, MB

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Canada

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...

Abonnez-vous à la lettre