En effet, trois officiers du syndicat - le président, le vice-président et le secrétaire-trésorier - ont été suspendus sans salaire au cours des derniers jours. La direction leur reproche d’avoir tenu un barbecue de solidarité à l’extérieur de l’usine, le 30 juin dernier. Pour le syndicat, cette activité, qui n’a affecté en rien les opérations de l’usine, visait à informer les membres du syndicat des derniers développements à la table de négociation.
Le syndicat compte bien entendu contester ces suspensions.
Ce ne serait pas la première fois que le Tribunal condamnerait la direction de l’usine Cascades de Cabano. En août 2025, le Tribunal administratif du travail avait statué que l’employeur avait fait preuve de représailles antisyndicales en refusant le retour au travail de Carl Belzile, privant ce dernier de revenus à la suite d’une absence reliée à son état de santé. Secrétaire-trésorier du syndicat, Carl Belzile avait activement participé à la campagne de syndicalisation de l’usine. Il est l’un des trois dirigeants syndicaux suspendus récemment.
Pour le président du syndicat, Pierre-Luc Pelletier, ces agissements doivent cesser.
« Ça fait deux ans que nous sommes syndiqués et Cascades a tout fait pour nous mettre des bâtons dans les roues et pour reporter l’application d’une convention collective, déclare le président du syndicat, Pierre-Luc Pelletier. Alors que le Code du travail prévoit que l’employeur doit maintenir nos conditions de travail, Cascades ne s’est pas gêné pour changer nos conditions sans préavis. Nous avons dû déposer une douzaine de plaintes au Tribunal à ce sujet. »
Devant le refus de la direction de l’usine de Cabano de s’entendre sur les salaires, le syndicat a dû faire valoir son droit à l’arbitrage de première convention collective. Le 10 juin dernier, alors que les audiences de l’arbitre devaient prendre fin, l’employeur a encore une fois demandé un délai, jusqu’à septembre cette fois, évoquant… la demande salariale revue à la baisse par la partie syndicale.
« Le groupe Cascades doit se faire à l’idée que les employé-es de Cabano ne veulent pas être payés au rabais par rapport aux autres usines. Les travailleuses et travailleurs se sont syndiqués pour améliorer leur sort. La compagnie doit respecter ses employé-es et cesser de retarder l’application d’une convention collective », affirme le président de la Fédération de l’industrie manufacturière-CSN, Kevin Gagnon.
La présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent, Liette Ross, croit, elle aussi, que de telles pratiques antisyndicales n’ont pas leur place dans la région. « La majorité des employé-es des usines de Cascades sont syndiqués et ont des conditions de travail négociées. Il n’y a aucune raison que ce ne soit pas le cas à Cabano, où les employé-es ont décidé de s’unir pour négocier de bonnes conditions. Assez, c’est assez ! »


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