Selon le sondage auprès de 1 950 adultes canadiens, toutes les mesures de protection qui font l’objet de l’examen en cours sont jugées équitables par une écrasante majorité des personnes répondantes, y compris celles qui portent sur l’amélioration de l’application de la législation sur la santé et la sécurité, l’accélération du règlement des griefs, la répression plus rigoureuse du vol de salaire et de la classification erronée de personnes salariées parmi les travailleuses et travailleurs indépendants, les droits du successeur et la protection des congés de maladie payés. Mais pour ce qui est d’exiger que les gens attendent plus longtemps et surmontent des obstacles supplémentaires avant de faire la grève, les Canadiennes et Canadiens avaient des avis partagés également, 44 % jugeant la proposition équitable et 44 % la jugeant inéquitable, ce qui veut dire qu’elle ne jouit d’aucun appui net.
Les résultats portent à croire que la population canadienne considère la négociation collective comme un des rares moyens par lesquels les travailleuses et travailleurs peuvent faire contrepoids au pouvoir des gros employeurs. Près des deux tiers (65 %) des personnes répondantes sont favorables au droit qu’ont les personnes travaillant dans des secteurs clés de faire la grève quand les négociations achoppent, y compris une majorité des partisans néo-démocrates, libéraux et conservateurs. La moitié des Canadiennes et Canadiens (50 %) s’oppose à ce qu’on donne au gouvernement fédéral plus de pouvoir de rendre la grève plus difficile alors que 39 % d’entre eux y sont favorables. Une écrasante proportion de 84 % des personnes répondantes dit qu’il importe que les travailleuses et travailleurs aient une forte influence sur les décisions qui influent sur leurs emplois, leur rémunération et leurs conditions de travail en temps d’incertitude économique.
Les résultats ont été publiés tandis que règne une profonde anxiété économique. Bien que 45 % des personnes répondantes indiquent que la hausse du coût de la vie est le principal sujet d’inquiétude de leur ménage, elles ne blâment pas les travailleuses et travailleurs des problèmes économiques du pays. Près de la moitié (47 %) des Canadiennes et Canadiens disent n’avoir que peu, sinon pas de pouvoir d’améliorer leurs salaires, leurs conditions de travail ou leur sécurité d’emploi, la proportion étant de 67 % chez les personnes travaillant dans le secteur des services.
La population canadienne estime que le pouvoir excessif exercé par les grandes entreprises menace l’économie plus que les grèves, lesquelles se classent au dernier rang des sept menaces éventuelles mentionnées. De plus, 90 % des personnes répondantes jugent que les protections des travailleuses et travailleurs sont d’importants facteurs de stabilité de l’économie canadienne.
« Les Canadiennes et Canadiens indiquent une position très claire dans ces données », déclare Matt Smith, vice-président exécutif de Pollara Strategic Insights. « Un grand nombre de partisans de tous les partis appuie les mesures qui protègent les travailleuses et travailleurs. Par contre, personne n’appuie les propositions visant à rendre plus difficile aux travailleuses et travailleurs de se mettre en grève. Les Canadiennes et Canadiens croient que les fortes protections des travailleuses et travailleurs contribuent à la stabilité de l’économie, plutôt que de la menacer, et classent les grèves au dernier rang des risques économiques du Canada. »
« Les Canadiennes et Canadiens ne veulent pas d’un gouvernement qui porte le maillot d’une entreprise. Ils s’attendent à ce qu’un arbitre équitable défende les droits des travailleuses et travailleurs, veille à ce que les règles du jeu soient équitables et s’assure que tout le monde suive les mêmes règles », dit Bea Bruske, présidente du Congrès du travail du Canada. « Ce sondage indique clairement que les Canadiennes et Canadiens veulent que le gouvernement renforce les droits des travailleuses et travailleurs plutôt que de faire pencher la balance encore plus en faveur des puissants employeurs. »
Le sondage a en outre conclu que les travailleuses et travailleurs individuels sont de loin les personnes dont l’avis est le plus fiable dans les dossiers ayant trait au travail et à leurs droits, le vote de confiance net étant de +56 %. Les syndicats et les organisations syndicales jouissent eux aussi de la confiance du public à ces sujets (+20) alors que le gouvernement fédéral (−4) et les entreprises privées et associations industrielles (−13) ne jouissent pas de la confiance du public sur des questions de travail et de droits des travailleuses et travailleurs.
À propos du sondage
Le sondage a été mené par Pollara Strategic Insights au nom du Congrès du travail du Canada du 9 au 18 juin 2026 auprès de 1 950 adultes canadiens (18 ans ou plus), et d’un suréchantillon de 200 membres de syndicats, à l’aide d’un comité de recherche en ligne. Les données ont été pondérées selon le genre, l’âge et la région d’après les données du recensement le plus récent. Aucune marge d’erreur n’est attribuée aux sondages en ligne, mais, en général, un échantillon aléatoire de cette taille aurait une marge d’erreur de ±2,2 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Pollara Strategic Insights fait partie du Conseil de recherche et d’intelligence marketing canadien (CRIC) et le sondage a été mené conformément aux normes du CRIC.


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