Édition du 9 juin 2026

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Féminisme

Itinérance à Laval : lorsque les ressources débordent, les femmes victimes de violence conjugale risquent de se retrouver dans la rue

La TCVCASL et les organismes spécialisés en violence conjugale de Laval appuient les constats du ROIL et demandent des investissements à la hauteur des besoins du territoire

Laval, le 4 juin 2026 – La Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel de Laval (TCVCASL), les Services intégrés du district judiciaire de Laval, les maisons d’aide et d’hébergement Le Prélude, L’Esther et de Lina, le Bouclier d’Athéna – L’Odyssée, le Carrefour d’Hommes en Changement (CHOC), le Groupe A-Gir et Zéro Exploitation souhaitent exprimer leur solidarité envers le Regroupement des organismes et intervenants en itinérance de Laval (ROIL) et l’ensemble de ses membres.

Dans le dossier « Une crise sans précédent » publié par La Presse le 4 juin 2026, une femme explique que la violence conjugale l’a menée à la rue. Ce témoignage rappelle une réalité bien documentée et observée quotidiennement par nos organisations : l’itinérance des femmes est intimement liée à la violence conjugale, à la crise du logement et au manque de ressources adaptées.

Les maisons d’aide et d’hébergement préviennent l’itinérance. Lorsqu’elles atteignent leurs limites, les femmes sont davantage à risque de demeurer dans un contexte de violence ou de se retrouver à la rue. Contrairement à certaines perceptions, une femme hébergée dans une maison d’aide et d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale n’est pas en situation d’itinérance. Elle dispose d’un milieu de vie sécuritaire lui permettant d’amorcer ou de poursuivre sa reconstruction. Toutefois, lorsque les ressources atteignent leurs limites, certaines femmes se retrouvent sans solution immédiate pour se loger en sécurité. À Laval, les maisons d’aide et d’hébergement spécialisées en violence conjugale fonctionnent depuis plusieurs années à pleine capacité. Pour l’année 2024-2025, les maisons ayant participé à un portrait des besoins du territoire ont enregistré des taux d’occupation variant entre 105 % et 114 %. Plus de 500 femmes et enfants se sont vu refuser l’accès à une place d’hébergement en raison du manque de place.

Cette situation est particulièrement préoccupante à Laval. Alors que la population continue de croître et que les besoins se complexifient, le développement des ressources d’hébergement et des solutions de logement adaptées ne suit pas le même rythme. Les organismes du milieu constatent quotidiennement les effets de cet écart sur leur capacité à répondre aux demandes.

Parallèlement, les séjours se prolongent. De nombreuses femmes demeurent plus longtemps en hébergement parce qu’elles peinent à trouver un logement abordable, sécuritaire et adapté à leur réalité. Cette situation ralentit le roulement des places disponibles, augmente la pression sur les ressources de première ligne, contribue à multiplier les refus et participe à créer les conditions qui mènent certaines femmes vers l’itinérance.

Une pression qui se répercute sur tout le réseau

Lorsqu’une femme ne trouve pas de place en maison d’aide et d’hébergement, ce n’est pas seulement une demande de service qui demeure sans réponse. C’est une femme qui retarde son départ, qui reste ou retourne auprès d’un.e conjoint.e violent.e ou qui tente de se reloger dans des conditions précaires et insécuritaires. Lorsque les maisons débordent, que les logements abordables sont introuvables et que les séjours s’allongent faute de solutions de relocalisation, c’est l’ensemble du filet de sécurité qui s’engorge.

Cette réalité n’est pas le résultat d’un manque d’engagement des ressources. Elle est le symptôme d’un système qui peine à répondre à l’ampleur des besoins. Pour nos organisations, il est temps de reconnaître que les investissements en violence conjugale, en logement et en lutte à l’itinérance sont étroitement liés.

Le gouvernement du Québec doit agir en renforçant l’accès à l’hébergement spécialisé, en accélérant le développement de logements sociaux et abordables et en soutenant adéquatement les ressources qui, chaque jour, contribuent à prévenir l’itinérance et à assurer la sécurité des femmes et des enfants victimes de violence conjugale.

Signataires
 Table de concertation en violence conjugale et agressions à caractère sexuel de Laval (TCVCASL)
 Services intégrés du district judiciaire de Laval
 Maison d’aide et d’hébergement Le Prélude
 Maison d’aide et d’hébergement de Lina
 Maison d’aide et d’hébergement L’Esther
 Bouclier d’Athéna – L’Odyssée
 Carrefour d’Hommes en Changement (CHOC)
 Groupe A-Gir
 Zéro Exploitation
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