Dave Coles, président du SCEP
Gatineau, QC — Des membres et des dirigeants du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) se déplaceront, ce matin, afin de former un comité d’accueil à l’occasion d’une visite du ministre conservateur Lawrence Cannon, à l’usine Papier Masson de Gatineau.
Les membres du SCEP veulent ainsi rappeler que « le gouvernement minoritaire de Stephen Harper n’a absolument rien fait pour aider nos membres et les communautés qui ont été frappées de plein fouet depuis 2 ans par la crise forestière », a commenté M. Coles. « Au contraire, tout ce que M. Harper dit, depuis le début de la campagne électorale, c’est que l’économie et les emplois au Canada vont bien ! Qu’ils viennent le dire aux gens en région et il verra que ça ne va pas bien du tout », a dénoncé M. Coles.
Aucun soutien significatif
Le SCEP réclame en vain, depuis des mois et des mois, des mesures concrètes et musclées afin de venir en aide aux travailleurs et à l’industrie. « Ce sont des régions entières qui sont affectées par les pertes d’emplois et l’exode des travailleurs et travailleuses mais pour le gouvernement de Lawrence Cannon, ça ne semble pas important. Et leur plate-forme dévoilée mardi n’est pas plus rassurante à cet égard. La seule aide que le gouvernement a promise, c’est lors du dernier budget avec un programme nettement insuffisant d’un peu plus de 200 millions de dollars pour le Québec, c’est un non sens », a pour sa part déclaré Renaud Gagné, vice-président du SCEP-Québec.
La région de l’Outaouais n’est pas épargnée
Selon M. Gagné « pour un ministre du gouvernement conservateur dont le comté est particulièrement touché par la crise forestière et d’autant plus qu’il est le ministre responsable du Québec, c’est incompréhensible ». Dans les papetières, les scieries et les opérations forestières, la seule région de l’Outaouais a perdu au-delà de 1000 emplois syndiqués au SCEP au cours des deux dernières années. M. Gagné se demande dans ce contexte « comment le gouvernement du ministre Cannon peut nous dire qu’il n’y a pas de problème et qu’ils en font assez ? ».
La population canadienne appui la mise en place de programmes d’aide à l’industrie
Dans un sondage réalisé pour le compte du SCEP, rendu publique mardi dernier, 60% de la population canadienne est d’accord ou plutôt d’accord avec de l’aide des gouvernements fédéral et provinciaux afin de contrer les fermetures et les pertes d’emplois. « Au Québec, cet appui grimpe à près de 74%. Le message est assez clair il me semble. Ce n’est pas en saupoudrant des sommes d’argent nettement insuffisantes qu’un gouvernement conservateur va arriver à faire la différence. Et le pire, c’est que l’on a pas encore vécu toutes les répercussions de la crise financière américaine sur notre économie », a indiqué M. Coles.
Une série d’actions s’impose
Pour les dirigeants syndicaux, il est clair qu’une série de mesures doivent être prises dont notamment :
– De meilleurs programmes d’aide aux travailleurs âgés afin de permettre à ceux qui le peuvent de prendre leur retraite plus tôt ;
– La prolongation des prestations d’assurance-emploi assorties de formation professionnelle dans toutes les régions touchées ;
– Une aide pour stabiliser notre système financier afin que les forestières puissent bénéficier de tout le crédit dont elles ont besoin ;
– Des programmes de recherche et développement et d’aide à l’implantation pour les entreprises de deuxième et troisième transformation ;
– Un sommet pan-canadien sur la crise forestière avec tous les intervenants concernés.
« Le laisser-faire du gouvernement conservateur est désolant. Alors qu’ils auraient eu l’occasion de corriger le tir avec leur plate-forme rendue publique cette semaine, c’est la même attitude passive qui est reprise. Ils ont rien de neuf à offrir aux 300 000 canadiens et canadiennes dont les emplois sont directement liés à l’industrie forestière », ont déploré les dirigeants Coles et Gagné.

