Édition du 6 avril 2021

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Négociations du secteur public

Négociations 2020 - La FAE en action de mobilisation féministe devant l'Assemblée nationale

MONTRÉAL, le 3 déc 2020 - Plus de 120 militantes de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) étaient au rendez-vous devant l’Assemblée nationale de Québec aujourd’hui lors d’une action de mobilisation féministe. Cette action visait à mettre en évidence le mépris du gouvernement à l’égard des conditions de travail des femmes, qui représentent 75 % (1) du personnel enseignant.

Également de la partie pour démontrer leur appui aux préoccupations et priorités de négociation des enseignantes, les porte-paroles des partis de l’opposition en matière d’éducation, Marwah Rizqy, Christine Labrie et Véronique Hivon ont fait entendre leur voix en dénonçant les piètres conditions de travail des enseignantes. « Le réseau de l’éducation peut compter sur des femmes passionnées qui ont un seul objectif commun : la réussite de leurs élèves. Le gouvernement caquiste doit voir en elles des alliées et non des adversaires. Aujourd’hui, ces femmes sont venues faire entendre leur voix et celles de milliers d’autres enseignantes. Le ministre n’a qu’une seule chose à faire : déposer des offres sérieuses qui reflètent leur passion et leur dévouement. Un point, c’est tout », a sans hésiter déclaré Mme Marwah Rizqy, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation.

La porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation, Christine Labrie, s’est manifestée en ajoutant : « Les enseignantes ont raison de mettre en lumière que les métiers traditionnellement féminins se font moins entendre quand il est question d’améliorer leurs conditions de travail. Ça suffit d’abuser de leur dévouement envers les élèves et de leur imposer une charge de travail aussi lourde, sous prétexte que c’est une vocation. On ne ferait pas face à une telle pénurie dans le réseau si on traitait les enseignantes et enseignants avec tout le respect qu’elles et ils méritent. »

« Il est grand temps que la profession d’enseignante, très majoritairement féminine, soit pleinement reconnue, valorisée et rémunérée à sa juste valeur. Ce n’est pas parce que les enseignantes ont la "vocation", qu’elles sont passionnées par ce qu’elles font, qu’elles ne doivent pas bénéficier de conditions de travail représentant l’importance de ce qu’elles accomplissent. La cause des enseignantes, c’est la cause de toutes les femmes, c’est la cause de la reconnaissance et de l’égalité », s’est à son tour exclamée Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’éducation.

Des conditions décentes pour les enseignantes

En 2019 au Québec, les femmes ont utilisé 4 fois plus d’heures pour obligations personnelles ou familiales que les hommes (2). Également citoyennes, mères, proches-aidantes et femmes de cœur, les enseignantes ont clamé la mise en place de mesures concrètes afin de leur permettre de concilier travail, famille et vie personnelle lors de cette mobilisation.

D’ailleurs, plus de 1 000 profs manquaient à l’appel lors de la rentrée scolaire 2020. « S’il n’y a pas d’amélioration marquée des conditions de travail et de revalorisation de la profession afin de pallier les problèmes d’attraction et de rétention de personnel, la pénurie de profs n’ira qu’en s’accentuant. La valorisation passe, entre autres, par la rémunération, et le Québec est la province canadienne où les enseignantes prennent le plus de temps pour devenir les moins bien payées ! Elles méritent d’être rémunérées, du début à la fin de leur carrière, selon la moyenne canadienne et ainsi recevoir un salaire à la hauteur de leur expertise », a scandé Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle de la FAE.

C’est donc pour plus de postes à temps régulier et diminuer la précarité, pour résoudre la pénurie de profs, pour prévenir l’épuisement et la désertion professionnelle, pour réduire la tâche administrative afin de se consacrer à l’enseignement que les enseignantes ont revendiqué avoir des solutions et ont dénoncé le comportement du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et du premier ministre du Québec, François Legault, ainsi que le manque d’écoute du gouvernement dans le cadre des négociations actuelles. Rappelons qu’il y a plus d’un an, la FAE déposait ses demandes en vue du renouvellement de la convention collective de ses membres.

1- MINISTERE DE L’ÉDUCATION ET DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR. Statistiques de l’éducation, Personnel des commissions scolaires, selon le statut et la catégorie d’emploi, le secteur et l’ordre d’enseignement et le sexe, Québec, de 2010-2011 à 2018-2019 https://bdso.gouv.qc.ca/pls/ken/ken213_afich_tabl.page_tabl?p_iden_tran=REPEREYRG6857-289181206006H)9O&p_lang=1&p_m_o=MEES&p_id_ss_domn=1099&p_id_raprt=3608#tri_statut=5&tri_personnel=5

2- INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC. Heures habituelles annuelles, heures d’absence du travail et heures supplémentaires pour l’ensemble des employés, résultats selon le sexe, Québec, Ontario et Canada https://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/travail-remuneration/heures-horaire/hebdomadaires/heure_annuelle.html#tri_tertr=50040

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