Édition du 1er décembre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec solidaire

Point de presse de Mme Françoise David, députée de Gouin, et de M. Amir Khadir, député de Mercier sur les perspectives pour la prochaine session parlementaire

Ce texte est composés de larges extraits de la transcription de l’équipe de l’Assemblée nationale du point de presse des éluEs de Québec solidaire le 29 janvier sur les priorités de l’équipe parlementaire en vue de la prochaine session qui s’ouvrira le 13 février prochain. Les inter-titres sont de la rédaction.

Et nous avons déterminé, pour l’hiver et le printemps prochain, nos grandes priorités. Et nous voulons vous parler, cet après-midi, de quelques dossiers plus spécifiques.

Alors, bien entendu, pour la prochaine session, nous allons reprendre les thèmes dont nous sommes habituellement porteurs, nous allons nous y attacher, donc : ressources naturelles et énergétiques bien entendu ; lutte aux inégalités sociales et en particulier lutte à la pauvreté ; bien sûr, langue avec le projet de loi qui est sur la table ; et, bien sûr, intégrité, commission Charbonneau oblige - et on est très contents, il y aura certainement des choses à proposer dans les prochains mois pour mettre fin au système de corruption et de collusion.

QS au prochain Sommet sur l’éducation supérieure : "nous sentons notre confiance en ce sommet très ébranlée"

Je voudrais tout de suite dire que, pour aujourd’hui, nous allons mettre l’accent sur quelques sujets, mon collègue Amir Khadir et moi. Je commence en vous parlant du sommet sur l’éducation, en fait sur l’enseignement supérieur, pour être plus précise. Nous allons continuer, à Québec solidaire, à défendre le point de vue que toute l’éducation supérieure, y compris à l’université, doit être totalement accessible à tous les jeunes à travers le Québec, et donc gratuite. Mais nous sommes obligés de constater que le ministre Pierre Duchesne a annoncé récemment que ce sujet-là, que cette option-là, celle de la gratuité, n’était même plus à l’ordre du jour, on ne pouvait plus en parler, ça n’était plus sur la table, que ça soit dans une vision de court, moyen ou long terme.

Nous trouvons que c’est extrêmement malheureux, nous sentons notre confiance en ce sommet très ébranlée. C’était censé être un sommet démocratique. Mme Marois l’avait dit, M. Duchesne l’avait dit : Toutes les options peuvent être sur la table. Et là, on en exclut une, c’est vraiment extrêmement dommage. Et ça ne donnera certainement pas confiance à la partie du mouvement étudiant, l’ASSE, pour qui c’est un sujet important.

En terminant sur ce sujet, je voudrais dire que, jusqu’à présent, dans les rencontres préparatoires au sommet, les parties d’opposition n’ont pas eu le droit de parole. Certains d’entre vous participaient à ces sommets... à ces rencontres, pardon. Donc, nous y avons assisté comme observateurs. Nous réclamons aujourd’hui, à Québec solidaire, que l’ensemble des partis d’opposition au Québec aient un droit de parole reconnu au sommet sur l’éducation, puisque finalement, tous ensemble, et quelles que soient par ailleurs nos opinions, nous représentons la majorité des électrices et des électeurs. Et nous pensons qu’on doit à tout le moins nous permettre de prendre la parole.

Nous ajoutons qu’Option nationale devrait aussi avoir la possibilité de participer à ce sommet sur l’enseignement supérieur. Option nationale a eu plus de 80 000 votes à la dernière élection, pourquoi est-ce qu’on se priverait de leur présence et de leur parole.

Lutter contre les coupures dans les services publics

Un autre point sur lequel je veux insister, et vous nous verrez intervenir dès le début de l’étude des crédits, nous allons vraiment, dans les prochains mois, être les chiens de garde des conséquences du budget gouvernemental sur la population.

Nous savons déjà que ce budget occasionne et va occasionner de nombreuses coupures dans la santé, dans l’éducation, dans l’aide aux personnes les plus vulnérables, dans la lutte à la pauvreté, dans la culture. C’est déjà clair. En fait, il ne se passe pas une semaine sans qu’on apprenne de nouvelles coupures. À Québec solidaire, nous allons vraiment nous efforcer de démontrer l’injustice de toutes ces coupes qui affectent souvent les gens les plus vulnérables de la société alors que nous avons fait à de multiples reprises des représentations auprès des ministres des Finances antérieurs et du ministre des Finances actuel pour dire qu’il y a d’autres façons pour l’État québécois d’aller chercher de l’argent que les coupures dans les services publics et les augmentations de tarif, et là je pense, entre autres, à celle d’hydroélectricité qui s’en vient. Donc, les mouvements sociaux qui se battent contre ces coupes, nous nous trouverons comme alliés avec eux sur le terrain et comme alliés à l’Assemblée nationale.

Les PPP : portes ouvertes à la corruption et à la collusion

Alors, vous avez été témoin aussi, vous n’ignorez pas, le rôle qu’a joué Québec solidaire au cours des dernières années dans la lutte à la corruption, dans toute la campagne populaire et aussi dans notre travail à l’Assemblée nationale pour emmener le gouvernement finalement à accepter la tenue d’une commission d’enquête. Notre rôle plus particulier a été de jeter la lumière sur le rôle prépondérant, absolument central, que jouent les firmes d’ingénieurs, un certain nombre de gros joueurs dans le domaine du génie-conseil au Québec, dans l’organisation de la collusion et de la corruption. La reconnaissance d’Axor, du financement, enfin du recours aux prête-noms était un exemple particulier. Maintenant, les révélations qui ont été faites donc la semaine dernière et cette semaine prouvent la justesse des affirmations et de l’enquête qu’avait menée Québec solidaire dès 2010, si vous vous rappelez.

Dans le même esprit, et parce que c’est un dossier très, très important parce que ça va représenter, ça représente d’ores et déjà le chantier le plus important en termes de contrats publics au Québec, et il se trouve que c’est un contrat qui est donné dans le domaine de la construction, c’est les deux contrats en PPP du CHUM et du CUSM qui impliquent d’autres PPP qui vont le compléter, c’est-à-dire au stade de l’approvisionnement. Or, pour nous, la situation entraînée par les malversations alléguées par M. Porter, les tribulations auxquelles fait face M. Porter est un reflet des risques inhérents à. Des malversations alléguées par M. Porter, les tribulations auxquelles fait face M. Porter, est un reflet des risques inhérents à ce modèle de gestion des contrats publics, ce modèle de gestion des finances publiques.

Parce que les PPP, finalement, c’est quoi ? C’est de s’en remettre au privé pour gérer un certain nombre de choses, les mêmes approches, la même gestion qui était la marque du gouvernement libéral, de confier au privé une série de choses dans le domaine du transport et de la construction, qui ont entraîné les dérapages sur lesquels on fait enquête dans la commission. Mais, les PPP, c’est un peu ça, c’est beaucoup ça, et nous allons tenter de vous amener de l’information pour prouver les problèmes qui sont liés au modèle. Ce n’est pas une situation isolée, mais c’est les risques inhérents à ce modèle de gestion des fonds publics.

Cabinet fantôme

Ce qui... Pour clore, je voudrais simplement attirer votre attention sur le document que nous vous avons fait circuler, c’est-à-dire le cabinet fantôme qui se résume, pour le moment, à Françoise et à moi-même. Heureusement, Québec solidaire, maintenant, dispose de deux députés. Contrairement au passé où je m’occupais, moi, de tous les dossiers, maintenant, on a fait une division de tâches. Vous avez un aperçu, grosso modo, des dossiers. Par exemple, comme l’éducation, l’immigration, les communautés culturelles, la langue, la solidarité sociale, la justice sociale, et un certain nombre d’autres, c’est Françoise.

Moi, bien sûr, la santé m’intéresse, les services publics, la santé et services sociaux, je veux dire, qui sont rattachés à ça, le domaine du transport, les ressources naturelle, notamment la question des mines, la gestion du territoire, aussi le développement économique, l’agriculture, l’alimentation. Il y a d’autres sujets comme les finances publiques, comme l’administration gouvernementale en général qui est du ressort des deux, bien que vous voyez une division un petit peu des tâches qui vous sont décrites ici. Ce qui, on l’espère, va aussi faciliter votre travail. Nous observons déjà cette division dans les rencontres qu’on mène avec des groupes sociaux qui viennent nous voir pour le suivi de leurs dossiers. Merci de votre attention.

Françoise David

Porte-parole de Québec solidaire

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