Édition du 14 mai 2019

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Services sociaux

Réactions préliminaires de l'APTS à une éventuelle consultation sur la DPJ

LONGUEUIL, QC, le 11 mai 2019 - « Au lendemain des funérailles de la petite Alicia1 et si la nouvelle est avérée, il faut saluer la volonté du gouvernement Legault d’aller de l’avant, dès l’automne, avec la tenue d’une consultation non partisane relative aux pratiques de la DPJ, sauf que son mandat nous apparaît trop étroit. »

Ainsi a réagi Carole Dubé, présidente de l’APTS, à la nouvelle parue ce matin dans La Presse, sous la plume de Denis Lessard. Son article fait état de l’éventuel mandat d’une instance de consultation qui prendrait la forme d’une commission, de sa possible composition et de ses modalités de fonctionnement. L’exercice de consultation pourrait s’étaler sur une période de 12 à 18 mois.

Tel qu’il semble se dessiner, le mandat envisagé apparaît d’emblée trop restrictif, aux yeux de l’APTS. « Ce n’est pas seulement le système de protection de la jeunesse comme tel sur lequel il faut se pencher, souligne Carolle Dubé, mais sur l’ensemble des services offerts aux enfants et à leurs familles, notamment les services sociaux de première ligne. S’il y a trop d’enfants à la DPJ, c’est en grande partie parce que les filets de sécurité situés en amont de celle-ci ont failli à leur tâche. La DPJ, devrait normalement être un ultime recours. »

« Dans les faits, poursuit Carolle Dubé, nous faisons face à un problème beaucoup plus complexe que les seules listes d’attentes, et les facteurs à l’origine de la crise sont beaucoup plus nombreux qu’il n’y paraît. Il s’agit d’un problème systémique et la DPJ est l’ultime maillon de la chaîne, la pointe de l’iceberg. Voilà pourquoi il faut un mandat à la fois plus large et bien ciblé. À plus forte raison que nous n’aurons pas l’occasion de faire deux fois le même exercice, du moins avant longtemps. Assurons-nous de faire les choses correctement, si on veut remédier à la crise durablement. »

Carolle Dubé attire également l’attention sur le fait que cette consultation, qui commencerait vraisemblablement en septembre, pourrait durer jusqu’à dix-huit mois, sans compter le délai supplémentaire inhérent à la rédaction d’un rapport. Soit quelque deux ans, peut-être. Pendant ce temps, souligne-t-elle, il faut s’assurer d’apporter des mesures à court terme énergiques qui permettront d’éviter la répétition de scénarios comme celui que nous avons unanimement décrié il y a une dizaine de jours à Granby.

L’APTS a d’ailleurs présenté des pistes de solution à cet égard au ministre responsable des services sociaux, Lionel Carmant, vendredi dernier, venu rencontrer les représentants des intervenants des centres jeunesse, que l’APTS représente en grande majorité au Québec. Le ministre, qui leur a dit que leurs recommandations « ne seraient pas oubliées », a convenu d’une autre rencontre à ce propos avec la présidente de l’APTS au plus tard le 1er juin prochain. Les intervenants de la DPJ ont choisi de lui faire confiance, bien qu’ils aient été échaudés plusieurs fois, ces dernières années, par des promesses et des engagements non tenus.

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