Trois-Rivières, le 1er mai 2008. – « Contrairement à la région voisine, la Mauricie, le Centre-du-Québec est l’une des régions du Québec qui sera les moins touchées par la baisse de l’effectif scolaire au cours des prochaines années. En effet, la chute de l’effectif ne sera que de 8,1 % entre 2003 et 2016 comparativement à la moyenne provinciale qui se situera à 11 %, et c’est tant mieux puisqu’une telle baisse entraîne des conséquences budgétaires sur les commissions scolaires. »
Le président de la Centrale des syndicats du Québec, M. Réjean Parent, était de passage aujourd’hui à Trois-Rivières dans le cadre des Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008 afin de faire le point sur l’état de l’éducation dans les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Il était accompagné de Mme Joanne Quévillon, vice-présidente de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), de M. Bernard Bérubé, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), et de M. Stéphan Béland, porte-parole régional de l’événement.
Des perspectives démographiques encourageantes
M. Parent soutient que les perspectives démographiques pour le Centre-du-Québec sont elles aussi réjouissantes et contrastent avec la situation d’autres régions au Québec.
« Le Centre-du-Québec comptera 4,9 % plus d’habitants en 2026 qu’en 2001. Toutefois, la hausse prendra fin en 2024, année à partir de laquelle il y aura diminution. Cette augmentation de la population ne sera pas uniforme sur le territoire puisque la MRC de Nicolet-Yamaska absorbera le coup le plus dur avec une baisse démographique de - 7,4 %, suivie des MRC de l’Érable et de Bécancour avec - 4,5 % respectivement. La MRC de Drummond connaîtra, quant à elle, un bond démographique important avec une hausse de 13,8 %, suivie de la MRC d’Arthabaska avec 3,4 % », explique le président de la CSQ.
Un niveau de scolarité moins réjouissant
La situation est cependant moins reluisante lorsqu’on se penche sur le niveau de scolarité de la population.
« Parmi les 173 320 personnes âgées de 15 ans et plus, 37,9 % d’entre elles ne possèdent pas de diplôme d’études secondaires, soit 65 675 personnes, ce qui est nettement au-dessus de la moyenne québécoise qui se situe à 31,7 %. Le Centre-du-Québec se situe au 13e rang des régions du Québec à ce chapitre entre la région du Bas-Saint-Laurent (37,6 %) et celle de la Côte-Nord (40,8 %). Il y aura donc lieu de faire des efforts particuliers pour tenter d’améliorer la situation », soutient M. Réjean Parent.
L’évolution de l’effectif
Au niveau de l’évolution de l’effectif collégial dans la région du Centre-du-Québec, il connaîtra une baisse, mais à partir de 2010 seulement. Il passera alors de 2 982 personnes en 2009 à 2 556 personnes en 2015. Les centres de formation collégiale de la région seront touchés de manière variable. L’impact sera plus grand pour l’École du meuble et du bois ouvré (- 57,4 %) et le Cégep de Victoriaville (- 24 %) que pour le Cégep de Drummond (-4,1 %).
Quant à l’effectif en formation professionnelle, il était de 2 288 personnes en 2001-2002. Il a chuté à 1 966 personnes en 2003-2004 pour remonter par la suite à 2 073 en 2005-2006. La situation a été quelque peu différente pour la formation technique dont l’effectif étudiant a connu une forte baisse passant de 3 203 inscriptions en 1998-1999 à 2 081 en 2005-2006.
« Dans ce dernier cas, il est important de préciser que même si les postes qui seront disponibles dans les prochaines années au Centre-du-Québec demanderont, pour la plupart, un niveau de compétence élémentaire, il n’en demeure pas moins que bon nombre d’emplois exigeront une formation technique. Il y aura donc lieu de donner un sérieux coup de barre afin d’intéresser plus de jeunes à s’inscrire en formation technique », fait remarquer M. Parent.
Taux de décrochage et de diplomation
Le taux de décrochage est également un sujet de préoccupation dans le Centre-du-Québec puisqu’à l’inverse de la tendance provinciale, il est à la hausse dans cette région. En effet, entre 2001 et 2006, il est passé de 26,2 % à 26,7 %. De plus, comme pour le décrochage scolaire, la situation de la diplomation dans la région se dégrade depuis 2000.
« Le taux de diplomation se situait à 73,2 % en 2000, bien au-dessus de la moyenne québécoise, et il a glissé à 69 % en 2006, soit une chute de 4,2 points. On constate également qu’à l’image de l’ensemble des régions du Québec, les filles diplôment plus que les garçons dans le Centre-du-Québec. En 2006, ces dernières affichaient un taux de diplomation de 78,7 % contre 60,1 % pour les garçons », précise le président de la CSQ.
Des professions dévalorisées
Quant aux conditions de travail du personnel de l’éducation dans le Centre-du-Québec, M. Parent déplore devoir faire le même constat qu’ailleurs au Québec, c’est-à-dire des conditions de travail qui se détériorent avec pour conséquence des professions dévalorisées pour lesquelles il est difficile d’attirer une relève ou même de retenir le personnel déjà à l’emploi.
« Chez les enseignantes et les enseignants, la situation dans le Centre-du-Québec ressemble à ce que nos données nous indiquent pour l’ensemble du Québec. C’est-à-dire que 75 % des enseignantes et des enseignants de moins de 30 ans commencent leur carrière par la suppléance. Il est donc évident que le comportement des commissions scolaires, dans l’engagement du personnel enseignant, a largement contribué à décourager les jeunes à persévérer dans l’enseignement. De plus, outre la précarité d’emploi, la lourdeur de la tâche en affecte plusieurs alors que les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) sont de plus en plus nombreux à être intégrés dans la classe ordinaire », mentionne M. Parent.
Détresse psychologique chez le personnel professionnel
Le président de la CSQ ajoute que ça ne va guère mieux pour le personnel professionnel comme le démontre une enquête menée par Angelo Soares portant sur les conditions d’exercice de cette catégorie de personnel.
« Dans les commissions scolaires de la région du Centre-du-Québec, on dénote des signes de détresse psychologique chez le personnel professionnel dans des proportions de 42,5 % dans la Commission scolaire des Chênes, de 38,2 % dans celle des Bois-Francs et de 27,2 % dans celle de la Riveraine. Les choses ne peuvent pas continuer comme cela alors que le personnel professionnel, qui a justement les compétences pour aider les jeunes dans le besoin, souffre lui-même de conditions de travail trop lourdes et dévalorisées », dénonce en terminant le président de la CSQ, M. Réjean Parent.
Profil de la CSQ
La CSQ représente quelque 160 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

