Édition du 16 juin 2026

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Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008 en Abitibi-Témiscamingue. Le vieillissement accéléré de la population entraînera une baisse significative de l’effectif scolaire

Rouyn-Noranda, le 2 mai 2008. – « Le principal défi qui se posera au cours des prochaines années pour la région de l’Abitibi-Témiscamingue en éducation sera de devoir faire face aux impacts sérieux sur l’effectif scolaire qu’entraînera le vieillissement accéléré de la population. Qui dit vieillissement de la population dit également diminution importante du nombre de jeunes dans les écoles avec comme conséquence directe une réduction significative des subventions versées aux commissions scolaires de la région pour opérer leurs écoles. »

Le secrétaire-trésorier de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Alain Pélissier, était de passage aujourd’hui à Rouyn-Noranda pour brosser le portrait de l’éducation en Abitibi-Témiscamingue et entendre les représentants des personnels de l’éducation de la région, c’est-à-dire les enseignantes et les enseignants, les professionnelles et les professionnel, ainsi que le personnel de soutien, s’exprimer sur la réalité quotidienne qu’ils vivent dans leur milieu.

M. Pélissier était accompagné de M. Bernard Bérubé, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), ainsi que de M. Guy Savard, président du Syndicat de l’enseignement de l’Ungava et de l’Abitibi-Témiscamingue et porte-parole régional des Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008.

Décroissance démographique en vue

Le secrétaire-trésorier de la CSQ a expliqué que bien que pour une deuxième année consécutive, la population de la région affiche une croissance démographique (371 habitants de plus entre 2006 et 2007 pour une augmentation de la population de 0,3 %), une décroissance démographique est malheureusement à prévoir à moyen et à long terme.

« La décroissance à venir sera causée par le vieillissement de la population et les soldes migratoires internes déficitaires. Les chiffres démontrent bien que le vieillissement de la population s’est accéléré au fil des ans. En effet, alors qu’en 1991 le groupe des 0-49 ans représentait près de quatre fois plus de gens que celui des 50 ans et plus, la situation a passablement changé 15 ans plus tard. En 2006, les 0-49 ans ne représentent plus qu’un peu plus que le double des personnes âgées de 50 ans et plus. Et ce n’est pas fini puisque autour de 2021, les deux groupes se rapprocheront encore davantage », constate M. Alain Pélissier.

Répercussions dans le secteur scolaire

Il va de soi qu’un tel phénomène démographique se répercutera dans le monde scolaire.

« Un déclin de l’effectif scolaire est déjà amorcé et il devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2021. Au total, pour la période 2006-2021, la région de l’Abitibi-Témiscamingue devrait connaître une baisse de l’effectif scolaire de l’ordre de 27,1 %, soit une perte nette de 5 617 élèves. Ce sont les niveaux primaire et secondaire qui seront les plus affectés. À lui seul, l’effectif de l’enseignement secondaire diminuera de 67 % », prévient M. Pélissier.

Les effets pour le cégep et l’université

Le secteur collégial ne sera pas épargné par cette baisse de l’effectif. En effet, à partir de 2009, l’effectif collégial amorcera une forte régression pour passer de 2343 étudiants en 2009 à 1776 en 2015.

« On parle d’une diminution de 24,2 % pour la période 2009-2015. Ce n’est pas peu dire et cela risque de toucher fortement le seul établissement collégial de la région. Quant au seul établissement universitaire de la région, l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), même si son effectif est à la hausse au cours des dernières années, il n’en demeure pas moins qu’il sera tôt ou tard affecté par la diminution de l’effectif des réseaux scolaire et collégial », prévoit le secrétaire-trésorier de la CSQ.

Des mesures nuisibles aux élèves en difficulté

M. Pélissier soutient que cette baisse de l’effectif risque de représenter pour les commissions scolaires un véritable casse-tête financier auquel elles pourraient répondre en réduisant le personnel enseignant, professionnel et de soutien.

« Cette réaction première n’est surtout pas une solution à moyen terme. Par exemple, en réduisant le nombre d’enseignants, on augmente encore plus le ratio maître/élèves qui est déjà trop élevé, ou on intègre encore plus les élèves se trouvant en classe spéciale dans les classes régulières. Dans un cas comme dans l’autre, ça n’a aucun sens puisque ce sont les élèves en difficulté qui écoperont le plus », déplore M. Pélissier.

Nécessité d’investissements majeurs

Le secrétaire-trésorier de la CSQ mentionne qu’une réduction du personnel professionnel porterait également un dur coup à l’aide à apporter aux élèves en difficulté dont les besoins sont grandissants.

« Des mesures aléatoires semblables ne pourront, à elles seules, régler les problèmes de l’éducation au Québec. D’importantes sommes d’argent devront être investies afin de remettre le réseau scolaire et postsecondaire québécois sur ses rails. Sinon, le maintien de l’intégrité de ce réseau sera bientôt menacé, particulièrement dans des régions ressources comme l’Abitibi-Témiscamingue », prévient M. Alain Pélissier.

Diplomation et décrochage

Par ailleurs, M. Pélissier constate que les acteurs de l’éducation de l’Abitibi-Témiscamingue devront faire des efforts particuliers pour améliorer la situation touchant la diplomation et le décrochage sur leur territoire.

« La région de l’Abitibi-Témiscamingue se classe 10e parmi les 17 régions administratives du Québec avec un taux de diplomation de 67,8 % en 2006, soit 3,4 % de moins que la moyenne québécoise. Pour ce qui est du taux de décrochage, la région fait un peu mieux avec un taux de 24,1 % en 2006 que la moyenne provinciale avec un taux de 24,2 %. Mais le nombre d’élèves qui abandonnent leurs études demeure tout de même élevé et il y a lieu de faire beaucoup mieux », conclut le secrétaire-trésorier de la CSQ, M. Alain Pélissier.

Profil de la CSQ

La CSQ représente quelque 160 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public. Elle est l’organisation syndicale la plus importante en éducation au Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

Mots-clés : Communiqués

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