Édition du 20 octobre 2020

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Négociations du secteur public

Sans équivoque, les professionnelles exigent que le gouvernement règle la surcharge de travail dans cette négociation (FIQ)

MONTRÉAL, le 14 oct. 2020 - Faisant suite à leur ultimatum du 7 octobre dernier, les déléguées de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec - FIQ et celles de la FIQ | Secteur privé ont pris connaissance des travaux ayant eu lieu à la table de négociation au cours des derniers jours lors d’un Conseil national extraordinaire virtuel. Devant un gouvernement qui refuse d’avancer sur des mesures adressant la surcharge de travail, les 76 000 membres de la FIQ et de la FIQP haussent le ton. Les 24 et 25 octobre prochains, elles refuseront d’être contraintes à demeurer au travail. « Le gouvernement avait cinq jours pour démontrer qu’il avait saisi l’importance de consentir à certaines des solutions importantes mises de l’avant par les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques. Si des deux côtés, il est souhaité d’obtenir une entente de principe, il faudra mettre l’énergie nécessaire. Alors que nous étions prêtes à négocier nuit et jour, le gouvernement n’a pas voulu mettre autant d’efforts. Il y a bien eu quelques avancées, mais les ouvertures demeurent nettement insuffisantes », d’expliquer Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

Le gouvernement refuse encore d’offrir de réelles conditions de travail qui permettront aux professionnelles en soins d’exercer pleinement l’ensemble de leurs compétences, dans des équipes de travail complètes et stables, de même qu’un déploiement de ratios professionnelles en soins/patient-e-s sécuritaires. « Les professionnelles en soins veulent une conclusion positive de la négociation, et ce rapidement. Aux grands maux, les grands moyens », de poursuivre la présidente.

48 heures sans travail forcé

Parmi les actions qu’elles mèneront dans les deux prochaines semaines, les professionnelles en soins refuseront d’être contraintes à demeurer au travail les 24 et 25 octobre prochains. Lors de ces 48 heures, elles entreront travailler pour offrir les soins à leurs patient-e-s, elles pourront faire du temps supplémentaire sur une base volontaire, mais elles refuseront le TSO. « Le réseau de la santé fonctionne depuis trop longtemps en raison du travail forcé des professionnelles en soins qui sont, en très grande majorité, des femmes. L’heure est grave ! Ce que les professionnelles en soins vivent au quotidien est insoutenable. Depuis plusieurs mois, ce sont des milliers d’entre elles qui quittent le bateau et d’autres le quitteront bientôt. Non pas qu’elles veuillent abandonner leurs patient-e-s, mais bien parce qu’elles doivent littéralement sauver leur peau », de souligner Jérôme Rousseau, vice-président et co-responsable de la négociation.

La Fédération est d’avis que si le gouvernement veut arriver à une entente négociée, il est impératif que ses représentant-e-s à la table de négociation soient conscient-e-s que le temps presse. « Le gouvernement ne cesse de répéter qu’il cherche des solutions aux problèmes actuels. Il veut pouvoir donner les soins à la population ? Tant mieux, c’est ce que les professionnelles en soins veulent aussi ! Nous avons fait le tour du jardin et les discussions qui tournent en rond, c’est assez. Si certains pas ont été franchis par le gouvernement au cours des dernières heures, il faut que ce dernier passe davantage à l’action. Les professionnelles en soins sont prêtes et déterminées à ce que leurs conditions de travail changent après tant d’années à être méprisées, exploitées et dupées par les divers gouvernements et gestionnaires. Voilà le message que le gouvernement de François Legault doit comprendre. Pas dans des mois, maintenant ! », Roberto Bomba, trésorier et co-responsable de la négociation.

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