Édition du 13 avril 2021

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Environnement

Marée noire

Trois alertes ont précédé l’explosion de Deepwater

La compagnie BP, qui était susceptible de tenter hier une nouvelle opération de colmatage de la fuite de pétrole, reconnaît aujourd’hui ses défaillances.

Les choses continuent de chauffer pour BP qui, à défaut de réussir à colmater la fuite de pétrole qu’elle a provoquée dans le golfe du Mexique, est désormais poussée à faire son mea culpa. Deux sénateurs américains ont avancé, mardi, que trois signes alertant de l’imminence d’un danger avaient précédé de moins d’une heure l’explosion de la plate-forme Deepwater, survenue le 20 avril dernier.

Des accusations déjà évoquées aux premières heures des auditions lancées voilà près deux semaines par le Sénat des États-Unis, mais que viendrait confirmer un rapport rédigé en interne par la British Petroleum.

Selon le texte, dont les élus ont cité des extraits, le premier avertissement est arrivé « cinquante et une minutes avant l’explosion », et a été déclenché en raison d’une « quantité de liquide sortant du puits plus importante que celle pompée à l’intérieur du puits ». Dix minutes plus tard, un deuxième signal se serait activé. Bien que fermé pour permettre la réalisation d’un test, « le puits a continué à s’écouler et la pression dans le conduit de forage a augmenté de façon inattendue », explique le rapport de BP, selon lequel l’ultime avertissement serait intervenu dix-huit minutes avant l’accident.

À ce moment-là, « une pression anormale » a été observée, conduisant à la fermeture de la pompe, relatent les parlementaires.

Après avoir longtemps tenté de reporter ses responsabilités sur la compagnie Transocéan, propriétaire de la plate-forme, ainsi que sur la société Halliburton, qui avait fourni le ciment du coffrage, BP reconnaît aujourd’hui, sans plus de commentaires, ses propres défaillances. Alors que le délit de négligence lui pend au nez, la compagnie pétrolière multiplie par ailleurs ses tentatives d’endiguer la fuite de pétrole qui se répand à raison de centaine de milliers de litres chaque jour.

Ses experts devaient décider, hier, de tenter ou non de cimenter le puits dégradé. Baptisée « Top Kill », la procédure consiste à injecter à très haute pression une solution faite d’eau, de matières solides et de baryte (minerais), dans deux conduits menant à la valve anti-explosion d’où s’échappent le pétrole et le gaz. L’idée, expliquent les ingénieurs, est d’inverser la pression : si celle appliquée à la fuite est assez forte, le mélange devrait pouvoir forcer le pétrole à se replier dans le gisement et à l’immobiliser. Un nouveau coup de poker, qui, selon Kent Wells, un des vice-présidents du groupe, a « entre 60 % et 70 % » de chance de réussir.

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