12 mai 2009
La présidente du SIIIEQ-CSQ, Mme Micheline Barriault, a expliqué aujourd’hui en conférence de presse que c’est la première fois au Québec qu’un syndicat représentant le personnel de la santé dépose un grief pour s’opposer à l’obligation de faire des heures supplémentaires pour ses membres.
Une exception qui est devenue une norme
Le SIIIEQ-CSQ, qui est affilié à la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) et à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), a déposé à ce sujet un grief le 6 avril dernier qui est entendu aujourd’hui devant le tribunal du travail. Mme Micheline Barriault soutient que son syndicat plaidera pour démontrer que ce qui devrait être un recours exceptionnel est malheureusement devenu la norme.
« Ce n’est pas normal que les directions des établissements de santé et de services sociaux recourent régulièrement aux heures supplémentaires obligatoires comme un mode de gestion normal. On ne peut pas imposer à des travailleuses et à des travailleurs l’obligation presque permanente de faire des heures supplémentaires. Ça n’a aucun sens et une telle obligation a de graves conséquences pour le personnel », dénonce la présidente du SIIIEQ-CSQ.
Un état d’épuisement accentué
Mme Micheline Barriault précise que, dans le contexte où les travailleuses et les travailleurs de la santé sont régulièrement en surcharge de travail, les heures supplémentaires obligatoires accentuent l’état d’épuisement du personnel.
« Les travailleuses et les travailleurs n’ont pas à faire les frais de l’incapacité des directions d’établissements à gérer efficacement leurs besoins de personnel. Les heures supplémentaires obligatoires ne peuvent pas devenir une norme de gestion parce qu’à long terme, un tel recours met en péril la santé même du personnel et, par voie de conséquence, la sécurité et la qualité des soins offerts à la population », prévient Mme Barriault.
Un ministre qui a retrouvé le bon sens
D’autre part, la présidente du SIIIEQ-CSQ a également profité de la conférence de presse pour réagir à la décision du ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, de réinstaurer le système de primes d’été offertes aux infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes en échange d’une plus grande disponibilité au cours de la période estivale.
« Ces primes sont loin d’être un privilège quand on considère qu’étant donné la pénurie de personnel dans les établissements, un grand nombre de nos membres ont de la difficulté à prendre leurs vacances et doivent être plus disponibles. Le ministre de la Santé avait donc été très mal conseillé de retirer ces primes puisque sa décision aurait rendu l’été encore plus difficile dans les établissements. Heureusement, il a fini par reconnaître son erreur et par comprendre le bon sens », commente Mme Barriault.
Hommages aux infirmières et infirmiers
En dernier lieu, Mme Micheline Barriault tient à profiter de la Journée internationale des infirmières pour rendre hommage à ces travailleuses et à ces travailleurs de la santé qui ne ménagent pas leurs efforts, chaque jour, pour assurer des soins de santé de qualité à l’ensemble de la population.
« Les conditions de travail des infirmières et des infirmiers se sont considérablement détériorées au cours des dernières années. C’en est rendu à un point tel qu’il est devenu de plus en plus difficile d’attirer des jeunes dans la profession et même de retenir les travailleuses et les travailleurs qui y sont déjà. Ces derniers méritent donc notre reconnaissance en cette journée spéciale », conclut la présidente du SIIIEQ-CSQ, Mme Micheline Barriault.

