Édition du 12 octobre 2021

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Violence faite aux femmes

13e féminicide : l'urgence de mettre en œuvre les changements attendus

MONTRÉAL, le 15 juin 2021 - Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale reçoit avec tristesse et consternation la nouvelle d’un 13e féminicide commis en contexte conjugal, seulement une semaine après le meurtre d’une autre femme, Lisette Corbeil, suivi du suicide de son ex-conjoint.

Chaque histoire révèle à chaque fois plusieurs signes avant-coureurs, que ce soit une séparation difficile, des doutes soulevés par des proches, des rapports à la police, etc. C’est aussi ce que pointait le rapport du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale en décembre dernier : dans 80% des cas étudiés par le comité, il y avait 1 à 10 facteurs de risques identifiés, qui auraient pu permettre de lever un drapeau rouge à temps.

"Derrière chaque féminicide, il y a des facteurs de risque qui devraient pouvoir être repérés rapidement par l’entourage ou les professionnel.le.s impliqué.e.s auprès du couple. Pour sonner l’alarme, il doit y avoir de la formation pour tous les acteurs et de l’information du public pour apprendre à reconnaître les signes. Les cellules d’intervention rapide, là où elles sont implantées, ont fait leurs preuves, mais le premier pas pour prévenir les homicides demeure que la victime ou l’auteur soit mis en contact avec une ressource", souligne la présidente Chantal Arseneault.

Nos maisons sont à pied d’oeuvre pour déployer tous les efforts nécessaires sur le terrain afin de rejoindre les femmes et leurs enfants. Seules, elles ne pourront toutefois pas venir à bout de la violence conjugale.

« Plusieurs chantiers ont été lancés dernièrement, que ce soit pour le Tribunal spécialisé, la réforme de la pratique policière ou encore la bonification de l’offre de services pour les conjoints violents. Mobilisées auprès des femmes et de leurs enfants 24h sur 24, 7 jours sur 7, les maisons d’aide et d’hébergement doivent faire partie des discussions pour parvenir à des solutions adaptées aux besoins des victimes et sécuritaires », précise Chantal Arseneault.

Au-delà des annonces des dernières semaines, plusieurs recommandations du Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale et du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale sont encore en attente d’être déployées, et plusieurs dossiers avancent derrière des portes closes. Le Regroupement veillera à ce que les maisons soient parties prenantes des transformations nécessaires pour que cesse cette violence inouïe dont sont victimes les femmes.

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 44 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Cet organisme a pour but de sensibiliser à la problématique de la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter leurs membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

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