Le Parti conservateur de Stephen Harper n’a pas répondu aux exigences en matière de droit au logement, ce qui lui vaut un E dans le bulletin de fin de campagne électorale publié aujourd’hui par le Front d’action populaire en réaménagement urbain. Le Bloc québécois et le Nouveau parti démocratique font meilleure figure, le FRAPRU évaluant qu’ils ont répondu à presque toutes les exigences en habitation. Il leur attribue donc respectivement un B+ et un B. Le Parti libéral a arraché un C +, alors que Parti vert du Canada obtient un C, l’organisme évaluant qu’ils répondent tous deux à plusieurs des exigences, mais à des degrés différents.
Pour attribuer ses notes, le FRAPRU s’est basé à la fois sur la qualité des engagements contenus dans les plates-formes des différents partis et sur la place que ces engagements ont pris dans leurs campagnes aux plans national comme local.
Parti conservateur du Canada : E. « Quand un parti politique au pouvoir se contente de dire qu’il poursuivra des programmes de logement et d’aide aux sans-abri qui existaient bien avant son arrivée, sans en augmenter ou même en indexer le budget, on peut difficilement lui attribuer autre chose qu’un échec ». C’est en ces termes que le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, a expliqué la note E attribuée au Parti conservateur de Stephen Harper. Il précise que la plate-forme présentée cette semaine par le PCC indique elle-même que le coût des mesures annoncées est nul puisqu’il est déjà prévu dans le cadre financier du gouvernement. Le FRAPRU s’inquiète par ailleurs que la plate-forme parle maintenant de prolonger les initiatives pour les sans-abri, la rénovation domiciliaire et le logement abordable pour une période de deux ans, alors qu’il avait plutôt annoncé une prolongation de cinq ans, le 17 septembre dernier.
Enfin, Le FRAPRU considère que les 680 millions $ prévus par le PCC pour sa promesse de « soutien aux acheteurs d’une première propriété » ne répond pas aux véritables besoins et représente de l’argent mal placé, puisque l’aide prévue sera minime et qu’elle ne pourra être utilisée que par des ménages qui ont déjà les moyens de s’acheter une maison.
Bloc québécois : B+. Le Bloc québécois s’est vu décerner un B+, parce qu’il s’est engagé à « continuer à presser le gouvernement fédéral de réinvestir dans le logement social et communautaire, notamment en utilisant une partie des bénéfices non répartis de la Société canadienne d’hypothèques et de logement ». Le Bloc propose d’en arriver à investir 2 milliards $ de plus par année, ce qui répond à la demande du FRAPRU. Le parti se préoccupe par ailleurs de l’avenir des 115 000 logements sociaux existants menacés par la fin des subventions qu’ils reçoivent présentement du gouvernement central. Le FRAPRU évalue que le logement social a été au cœur des campagnes locales menées par plusieurs candidates et candidats bloquistes, mais qu’il a été peu présent dans la campagne nationale du chef Gilles Duceppe.
Nouveau parti démocratique : B. Dans sa plate-forme électorale, le Nouveau parti démocratique se donne aussi comme objectif d’investir 2 milliards $ additionnels par année « dans la construction de logements véritablement abordables ». Il propose d’y arriver sur une période de dix ans, en y consacrant un total de 3,5 milliards $ durant les quatre prochaines années. Le NPD parle très clairement de construction de logements sans but lucratif et de coopératives d’habitation. Le logement social a aussi été au cœur de plusieurs campagnes locales du NPD au Québec. Le FRAPRU est cependant déçu que le chef du parti, Jack Layton, qui s’est pourtant fait connaître pour son implication soutenue sur les questions de logement et d’itinérance, ait à peu près fait abstraction de ces enjeux durant la campagne nationale du NPD.
Parti libéral du Canada : C+. Le FRAPRU attribue au Parti libéral une meilleure note que lors des dernières élections, puisqu’il parle, pour la première fois en quinze ans, de réinvestir directement en logement social. Le parti de Stéphane Dion « s’engage à s’attaquer à la crise du logement en finançant 30 000 nouveaux logements sociaux et en rénovant 30 000 autres afin de les rendre plus habitables ». Selon le FRAPRU, les investissements additionnels prévus dans le cadre financier du Parti libéral, soit 620 millions $ en quatre ans, sont cependant nettement insuffisants pour atteindre un tel résultat. L’organisme lui attribue donc un C+, signifiant qu’il répond à plusieurs exigences. Le logement a cependant été bien peu présent dans la campagne du PLC.
Parti vert du Canada C : Le FRAPRU considère que le Parti vert du Canada répond aussi à plusieurs exigences, même si son engagement d’aider les organismes communautaires à construire 20 000 nouveaux logements et à en rénover 10 000 par année nage dans la confusion et qu’il n’est pas accompagné d’un cadre financier permettant d’en évaluer la faisabilité.
Source : FRAPRU

