Édition du 22 novembre 2022

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Coupes à l’aide sociale, c’est inacceptable !

Québec, le 5 mars 2015 – Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) demande au nouveau ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, M. Sam Hamad, de retirer les modifications réglementaires à la Loi sur l’aide aux personnes et aux familles proposées le 28 janvier 2015. Le FCPASQ était en conférence de presse avec le Collectif pour un Québec sans pauvreté, Québec solidaire et le Parti québécois pour décrier les impacts sur les personnes, alors qu’un rassemblement avait lieu à l’extérieur pour dénoncerles reculs à l’aide sociale.

Sous prétexte de vouloir équilibrer le budget de l’État, François Blais avait alors annoncé des coupes de 15 M$ dans les programmes «  Aide sociale » et « Solidarité sociale ». On s’attaque, encore une fois, aux plus pauvres de la société pour réduire le déficit de l’État, alors que d’autres solutions existent, affirme madame Roxane Blanchet du FCPASQ.

Rappelons que le FCPASQ soutient les revendications de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui met de l’avant des alternatives fiscales comme celle de faire passer le taux provincial d’imposition des grandes entreprises de 11,9% à 15%, ce qui ferait récupérer 1,2 milliards $
au gouvernement du Québec. Pourtant,il s’entête à récupérer des « pinottes » de 15 M$ dans les poches de personnes qui peinent à couvrir leurs besoins essentiels.

Actuellement, une personne seule à l’aide sociale jugée sans contraintes à l’emploi reçoit 616$ de prestation mensuelle, tandis qu’une personne ayant une contrainte sévère reçoit un montant de 937$. Ça n’a pas de bon sens qu’on coupe dans le peu de biens que j’ai. Le Ministre doit se rendre compte que j’ai eu une vie avant l’aide sociale, affirme Francine Duchesneau, une prestataire qui perdra 40$ par mois à compter du 1er juillet 2015, si le projet est adopté, à cause de la valeur de sa maison.

Dans le projet de modifications, monsieur Blais proposait de taxer la solidarité en coupant les personnes qui louent deux chambres et plus. Marie devra mettre fin à l’entraide d’une jeune qui, sans elle, se serait retrouvée à la rue. On me pénalise en considérant le revenu de cette chambre, car je partage déjà mon logement avec mon fils majeur. On m’interdit la solidarité. Qu’adviendra-t-il de cette jeune femme, qui n’a pas encore de stabilité au niveau du logement ? exprime Marie Auger.

Manon Massé, la députée de Québec solidaire, se joint au concert de voix qui demandent le retrait des mesures de réforme à l’aide sociale proposées par le gouvernement libéral. Je demande à Sam Hamad de réexaminer avec attention la réforme initiée par son prédécesseur et d’arrêter cette attaque injustifiée contre les personnes sans emplois. Le nouveau ministre a l’opportunité de refaire les devoirs que François Blais a bâclés. M. Hamad a déjà géré ce portefeuille dans le passé, il connaît la musique, il pourrait agir rapidement s’il le voulait. Le gouvernement a prévu une période de consultation de 45 jours, encore faut-il qu’il écoute les groupes qui sont ici aujourd’hui et qui savent de quoi ils parlent. Ils sont les mieux placés pour témoigner des conséquences néfastes que cette réforme aura sur ceux qui bénéficient de cette aide de dernier recours, soutient la députée solidaire de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, abonde dans le même sens : Au lieu de parler d’équité entre personnes assistées sociales ou de « protection » de l’intégrité des programmes, le gouvernement du Québec devrait mettre fin à toutes les incohérences et à toutes les iniquités qui se vivent à l’aide sociale. Il ajoute que le problème de base au plan de la sécurité du revenu au Québec, c’est l’insuffisance des prestations d’aide sociale et les coupes dans le soutien aux personnes assistées sociales.

Espérons que M. Hamad reconnaîtra les besoins des personnes assistées sociales en trouvant les sous ailleurs que dans les poches des plus pauvres.

Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) est un regroupement provincial de groupes de défense des droits des personnes assistées sociales. Il rejoint plus d’une trentaine de groupes de partout au Québec.

Roxane Blanchet - Front commun des personnes assistées sociales du Québec, porte-parole
Serge Petitclerc - Collectif pour un Québec sans pauvreté, porte-parole
Manon Massé - Québec solidaire, députée de Sainte-Marie Saint-Jacques

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