Édition du 16 juin 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Des manifs mobiles

(MMQ et SCFP) Mardi et mercredi, les employés en lock-out du Journal de Québec ont tenu des manifs mobiles. Mardi, c’est d’abord l’hôtel de ville de Québec que les syndiqués ont visité. Mercredi, la manif mobile s’est déplacée au Manoir Montmorency. Récit des ces événements des deux derniers jours.

Mardi matin, les lockoutés du Journal de Québec ont manifesté à une conférence de presse donnée à l’hôtel de ville de Québec, afin d’empêcher que des gens travaillent à leur place, comme cela se fait depuis le début d’un conflit qui n’a que trop duré.

La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Mme Christine St-Pierre, et le maire de Québec, M. Régis Labeaume, avaient convoqué la presse pour annoncer la mise en place d’un programme de restauration d’édifices patrimoniaux.

Avant que ne commence la conférence de presse, une dizaine de travailleurs en lock-out du Journal de Québec ont dressé un piquet de grève et ont demandé aux membres des médias de ne pas la franchir avant que leur porte-parole, Denis Bolduc, ne s’adresse aux organisateurs de l’événement.

Demande d’appui

Le président du syndicat de la rédaction du Journal de Québec, appuyé de ses collègues des bureaux et de l’imprimerie, a alors demandé aux organisateurs d’inviter les représentants du Journal de Québec à quitter les lieux. « Ces gens de Canoë, de Keystone, de Nomade ou du Journal de Québec ne seraient pas ici s’il n’y avait pas de conflit, a dit M. Bolduc. C’est nous qui serions ici et qui rapporterions cet événement. Ce conflit n’a que trop duré. Nous vous demandons de les exclure de la conférence de presse et nous laisserons passer nos collègues des autres médias. »

Pendant que les représentants des lockoutés, de la ministre et du maire discutaient, les travailleurs en conflit ont distribué des tracts aux journalistes et aux personnes présentes à la conférence de presse pour expliquer leur position. Après une quinzaine de minutes, les politiciens se sont engagés à collaborer avec leurs visiteurs imprévus et la conférence de presse a pu se dérouler normalement.

Un photographe de Keystone a quitté les lieux sans demander son reste et personne de Canoë, du Journal de Québec ou de Nomade n’a tenté d’y assister.

Autres manifestations

Interrogé sur ce qui s’était produit à la fin de la conférence de presse, le maire Labeaume a expliqué qu’il avait respecté la demande des lockoutés, comme il l’avait fait à quelques reprises pendant sa campagne électorale. Le maire a toutefois ajouté qu’il ne refuserait pas d’alimenter qui que ce soit en information. Quant à la ministre des Communications, Mme St-Pierre, visiblement mal à l’aise dans cette situation, elle a quitté les lieux sans émettre de commentaires.

Du côté des lockoutés, ils ont assuré à leurs collègues des autres médias que des manifestations du même genre et d’autres actions sont prévues pour les prochains jours. « Nous avons été corrects et respectueux des lois jusqu’à présent et nous le resterons, a dit Denis Bolduc. Par contre, il y a des limites à ne pas déranger personne. Il est temps que les décideurs nous disent s’ils nous appuient. Pas seulement pour nous, mais pour la population de Québec qui a droit à une meilleure information que ce qui lui est proposé actuellement dans un Journal de Québec fait par n’importe qui. »

Une seconde manif mobile

Les employés en conflit de travail au Journal de Québec depuis un an ont refait, hier, ce qu’ils avaient fait la veille en demandant aux organisateurs d’une conférence de presse d’interdire l’accès à l’événement à toute personne susceptible de collaborer par ses textes ou ses photos avec le Journal de Québec.

Cette fois, c’est lors d’une conférence de presse conjointe du CLD de la Côte-de-Beaupré et de la Société du 400e qui se tenait au Manoir Montmorency qu’un groupe d’une dizaine d’employés des bureaux, de l’imprimerie et de la rédaction sont intervenus.
Comme la veille à l’hôtel de ville de Québec, les travailleurs en lock-out et en grève ont érigé une ligne de piquetage devant la salle où se tenait la conférence de presse en demandant tout d’abord aux représentants légitimes des autres médias de la capitale de ne pas la franchir.

Deux représentants des employés en conflit de travail se sont ensuite adressés aux responsables de la conférence de presse pour leur expliquer qu’ils n’avaient pas l’intention de la perturber, sauf si un travailleur de remplacement accédait à la salle.

Avec un retard d’une dizaine de minutes, les travailleurs légitimes des autres médias ont eu accès à la salle, mais le piquet s’est refermé devant le photographe de Keystone Press dont les photos sont publiées dans le Journal de Québec depuis plusieurs mois déjà. Toutefois, après avoir fait un appel à on ne sait qui, le photographe a tenté de franchir la ligne de piquetage érigée devant la salle où se déroulait la conférence de presse.

Cette fois, c’est l’une des responsables de l’événement qui a décidé de bloquer l’accès au photographe en lui faisant clairement savoir que la quiétude de l’activité se ferait au prix de son interdiction d’accès. Le photographe a refait un appel téléphonique et est revenu à la charge une autre fois, avec le même résultat.

« Ce n’est que depuis le 22 avril 2007 qu’on voit des photographes de Keystone Press et des journalistes de Canoë ou de l’agence Nomade dans les conférences de presse que les journalistes et les photographes du Journal de Québec actuellement en lock-out couvriraient normalement », a mentionné Denis Bolduc, porte-parole des employés en conflit de travail.

« Comme le fruit de leur travail se retrouve dans le Journal de Québec, il est clair pour nous que ce sont des travailleurs de remplacement, a ajouté M. Bolduc. L’idée n’est pas d’empêcher qui que ce soit de faire son travail, c’est de les empêcher de faire le nôtre. Et il est clair que nos interventions ne se limiteront pas aux deux qui ont déjà eu lieu. Assez, c’est assez », a terminé M. Bolduc.

Mots-clés : Communiqués

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