Édition du 13 avril 2021

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Immigration

Éclosion de COVID-19 à la prison pour personnes migrantes de Laval

Montréal, 23 février 2021 — Des groupes communautaires exigent la libération immédiate des détenus tandis qu’une éclosion de COVID-19 a lieu à la prison pour personnes migrantes de Laval. Pour le moment, au moins trois détenus ont reçu un test positif et sont maintenus en isolement. Un des détenus atteints par la COVID-19 a débuté une grève illimitée de la faim.

La semaine dernière, Marlon (pseudonyme pour protéger son identité) a reçu un test positif pour la COVID-19. Détenu à partir de novembre, il n’a pas été autorisé à voir sa femme et son enfant depuis le début de sa détention. Marlon a reçu son diagnostic de COVID-19 une journée avant sa déportation, qui a été reportée à cause des résultats de son test. Le 15 février, il a commencé à refuser les repas et ne boit que de l’eau actuellement.

« Mes droits fondamentaux ont été bafoués, et notamment mon droit à la santé », souligne Marlon. « J’ai contracté la COVID-19 à cause de ma détention ici, en étant confiné dans des espaces étroits et en étant exposé aux travailleurs et aux travailleuses du centre, avec leurs allées et venues à l’extérieur de ce dernier  ».

«  La détention est complètement superflue même dans de meilleures conditions, mais de forcer des personnes à demeurer dans cet établissement durant la pandémie est une décision cruelle et dangereuse », affirme Tanya Rowell Katzemba, de Solidarité sans frontières. « Cette grève de la faim met en lumière le besoin urgent que le gouvernement fédéral agisse rapidement en libérant toutes les personnes détenues ».

Durant la première vague des infections de la COVID-19, des migrant-e-s détenu-e-s à la prison pour personnes migrantes de Laval ont entrepris une grève de la faim pour exiger leur libération. Leur campagne est parvenue à assurer la libération de la plupart des personnes détenues à ce moment-là.

Tandis que les migrant-e-s demeurent détenu-e-s dans ce centre pendant des semaines et des mois d’affilée, les gardiens et le reste du personnel font régulièrement des va-et-vient, en exposant les personnes détenues à un risque d’infection plus important. « J’ai vu des gardiens tousser et éternuer sans porter de masque et sans se laver les mains », indique Marlon.

Marlon rapporte qu’un codétenu a commencé à présenter des symptômes avant lui, et que lorsque cette personne a fait part de ses symptômes aux autorités du centre de détention, il s’est fait donner un vaporisateur nasal et quelques pilules, mais pas un test pour la COVID. Des détenus mentionnent qu’après avoir passé un test pour la COVID-19, ils ne sont pas avisés des résultats, ce qui les laisse dans la crainte et l’incertitude par rapport à leur propre santé. Plusieurs détenus qui ont maintenant reçu un test positif pour la COVID-19 ont révélé qu’ils sont maintenant détenus dans des cellules étroites avec de petites fenêtres, et qu’ils sont seulement autorisés à faire des appels téléphoniques et à se laver.

«  L’isolement carcéral a été largement dénoncé comme une forme de torture. Il est inacceptable que ces mesures soient utilisées pour endiguer l’éclosion » soutient _____ de Solidarité sans frontières. « La manière la plus efficace d’endiguer l’éclosion est de libérer toutes les personnes détenues, dont le risque d’infection est seulement aggravé par leur maintien en détention ». Cette réalité est corroborée par des institutions majeures de santé publique telles que l’Association américaine de santé publique
<https://www.apha.org/policies-and-a...> et le Haut-Commissariat des Nations unies, qui ont souligné le besoin de libérer les personnes détenues en prison et dans les centres de détentions pour migrant-e-s à cause des risques de santé énormes associés à des espaces de vie exigus durant une pandémie mondiale.

L’appel urgent à libérer les personnes détenues est lancé tandis que les cas se multiplient dans les prisons provinciales et fédérales à travers le pays, qui se prépare pour une troisième vague de COVID-19 avec de nouvelles variantes plus dangereuses. Environ douze migrant-e-s sont actuellement détenu-e-s à la prison pour personnes migrantes de Laval. Le Canada détient généralement des personnes migrantes à cause d’une absence de documents d’identité ou pour mettre en exécution un ordre de déportation. Toutefois, bien que l’ASFC ait confirmé qu’elle suspend temporairement les déportations au Québec, elle a résisté aux demandes pour la libération des personnes détenues. Les visites ont été annulées depuis le 16 mars, ce qui limite l’accès à du soutien légal et aggrave l’isolation des détenus.

Source : Solidarité sans frontières

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