Lors d’une assemblée conjointe des associations des circonscriptions de Jean-Lesage et de Montmorency, les membres ont élu Jean-Yves Desgagnés et Lucie Charbonneau, respectivement, deux personnes militantes bien connues au sein de Québec solidaire et dans les luttes communautaires et sociales auxquelles il et elle sont associés.
Lors de son allocution, Lucie Charbonneau a rappelé certaines des causes solidaires qui motivent son engagement de longue date dans les mouvements politiques de gauche, notamment l’importance de s’inscrire dans la continuité de l’histoire des luttes sociales, l’urgence de transformer la fiscalité afin de partager la richesse de façon plus équitable, et la nécessité de poursuivre les efforts pour améliorer l’accessibilité des femmes à la politique.
Jean-Yves Desgagnés, quant à lui, a exposé certaines des conséquences dévastatrices des politiques néolibérales et du désengagement de l’État au cours des vingt dernières années au Québec, causant des écarts grandissants entre les plus riches et les plus défavorisés, non seulement en termes de revenus et de qualité de vie, mais aussi en termes de santé et de dignité. Mettant en rapport les dépenses collectives en santé et en éducation avec la taille du produit intérieur brut (PIB) du Québec, il a montré que la tâche urgente au Québec, comme en Occident, n’est pas de créer de la richesse qui est déjà abondante, mais de la distribuer équitablement, ce qui exige du courage politique que nos éluEs actuels n’ont pas.
Les deux candidatEs ont aussi, chacun à leur façon, parlé de l’importance et de l’urgence d’agir pour protéger notre habitat et les écosystèmes, faisant valoir les liens qui existent entre les questions environnementales et les questions sociales, économiques, et de solidarité intergénérationnelle.
Cette assemblée s’est déroulée sous le signe de la solidarité. Elle se tenait au Centre de jour Feu Vert, un organisme d’aide en santé mentale. La rencontre a donné lieu à des prises de parole de représentantEs de groupes d’action communautaire et sociale, notamment l’Association des femmes entrepreneures immigrantes de Québec (AFEIQ), la Maison communautaire Missinak pour femmes autochtones, le programme de soutien artistique Vincent et moi du Centre hospitalier Robert-Giffard, et un comité de citoyenNEs de Limoilou se mobilisant face à la détérioration de la qualité de vie dans leur quartier en raison de l’expansion industrielle et l’intensification du transport par camion.
Dans son allocution de clôture de l’assemblée, Serge Roy, porte-parole régional, après avoir félicité les deux candidatEs nouvellement élus et souligné la présence grandissante de Québec solidaire dans l’espace public dans la région, a vivement dénoncé la fermeture, il y a quelques jours, de l’usine Crocs, d’une manière totalement irrespectueuse envers ses travailleurs et travailleuses. Selon lui, cette fermeture n’est qu’un autre malheureux exemple illustrant combien le capitalisme sauvage profite à une minorité des bien nantis, et cela aux dépens des travailleurs et travailleuses et de la classe moyenne.
En février, les associations de Louis-Hébert et de Taschereau avaient choisi Catherine Lebossé et Serge Roy, respectivement, pour porter les couleurs du parti dans leurs circonscriptions. Ainsi, Québec solidaire Capitale-Nationale en est à quatre candidatEs de haut calibre déjà choisis pour les prochaines élections – deux femmes et deux hommes. Ceci illustre l’engagement de Québec solidaire Capitale-Nationale de s’assurer de la parité hommes-femmes dans son équipe de candidatEs dans la région, comme elle l’avait fait lors des dernières élections générales. C’était aussi le cas à l’échelle nationale, alors que plus de la moitié des candidatEs de Québec solidaire étaient des femmes, une première pour un parti politique en Amérique du Nord.
Dans la succession des messages livrés au cours de cette assemblée, tant de la part des candidatEs que des militantEs, un dénominateur commun les reliait tous. Les délocalisations d’emplois, les marchés financiers spéculatifs hors de contrôle, l’évasion fiscale par les grandes entreprises, le consumérisme comme « recette du bonheur », la dégradation accélérée de l’environnement, l’agriculture industrielle, les clivages sociaux, les frictions interethniques, et les problèmes « modernes » de santé sont toutes des répercussions d’un système économique complètement malade que nos éluEs laissent aller avec une attitude de fatalisme, ayant conclu à tort que l’État doit intervenir le moins possible : voilà le crédo du néolibéralisme. Pour Québec solidaire, comme pour un nombre grandissant de citoyenNEs et de militantEs des mouvements sociaux, écologistes, féministes et altermondialistes, c’en est assez : il faut agir. Plus que jamais, le Québec a besoin d’élire des hommes et des femmes de Québec solidaire pour que des voix différentes se fassent entendre à l’Assemblée nationale, et que des actions politiques courageuses et transformatrices s’enclenchent.
Source : Québec solidaire- Québec, le 21 avril 2008

