Édition du 16 juin 2026

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Israël - Palestine

Flottille du Sumud : les militants accueillent “avec prudence” l’enquête du PNAT pour torture et crimes de guerre

Alors que la France ouvre une enquête pour crimes de guerre et tortures suite aux traitements subis par les membres français de la Flottille pour Gaza, celles et ceux-cis appellent à considérer l’ensemble des crimes israéliens envers les prisonnier-es palestinien-nes.

Tiré d’Agence média Palestine.

Les militant-es de la flottille humanitaire Global Sumud, interceptée illégalement par la marine israélienne, ont témoigné publiquement dès leur libération, décrivant des violences physiques, des humiliations, des privations de sommeil, ainsi que des agressions sexuelles et du harcèlement pendant leur détention, soulevant l’indignation .

Les tortures et mauvais traitements qu’ils et elles dénoncent sont similaires aux traitements documentés par les organisations de prisonnier-es palestinien-nes et les observateur-ices des droits humains, qui dénoncent une politique israélienne de tortures systématiques de ses prisonnier-es palestinien-nes.

En avril dernier, l’organisme EuroMed publiait un rapport documentant une pratique étendue et systémique d’actes de tortures sexuelles et démontrant la volonté israélienne d’affecter par ces pratiques l’existence physique de la communauté palestinienne dans son ensemble, amenant les auteur-ices à conclure à un crime de génocide se déroulant entre les murs des prisons israéliennes.

Mettre fin à “l’impunité systématique d’Israël”

Si les crimes israéliens commis à l’encontre des Palestinien-nes ne soulèvent guère l’intérêt de la communauté internationale, ces mêmes crimes commis à l’encontre de civils, humanitaires et journalistes occidentales-aux, majoritairement blanc-hes, ont indigné le monde entier.

La vidéo du ministre Itamar Ben Gvir humiliant les activistes a notamment provoqué un tollé mondial. La France et l’Italie ont qualifié aussitôt les images d’« inadmissibles » et plusieurs pays ont convoqué leur ambassadeur d’Israël. « Quoiqu’on (sic.) pense de cette flottille – et nous avons indiqué à plusieurs reprises notre désapprobation de cette démarche -, nos compatriotes qui y participent doivent être traités avec respect et libérés dans les plus brefs délais », a écrit Jean-Noël Barrot sur X.

Faisant suite à ses déclarations, le ministre a ensuite saisi le parquet national antiterroriste (PNAT), qui a déclaré en fin de semaine dernière avoir ouvert une enquête préliminaire à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), pour « tortures, au sens de la convention de New York du 10 décembre 1984, et de crimes de guerre ».

Si cette enquête est saluée par les représentant-es des militant-es de la Flottille, ils dénoncent néanmoins dans le journal Le Monde « l’ambivalence du PNAT, qui poursuit tous les soutiens de la Palestine dès que leurs voix s’élèvent. »

« Il aura fallu que des ressortissants français soient violentés sous l’œil des caméras pour que le ministère se décide à faire un signalement au parquet. Les faits subis par les navigants de la flottille ne sont rien comparés à ceux que subit encore chaque jour le peuple palestinien », ajoutent-ils-elles.

Contactée par l’Agence Média Palestine, la journaliste indépendante Sabrina Azzizi, qui a elle-même participé à la dernière expédition de la Flottille, explique accueillir la nouvelle “avec prudence”.

“Je suis contente d’apprendre cela mais pour être sincère, je ne leur fais pas confiance. Cette décision ne vient pas de nulle part, elle résulte de la pression exercée par les nombreuses organisations qui ont pris part à la Flottille. D’autres enquêtes auraient pu être ouvertes, depuis près de trois ans, pour les crimes commis par les 6 464 soldats franco-israéliens à l’encontre des Palestiniens et Palestiniennes, mais l’État français n’a pas agi.”

Les activistes de la GSF espèrent néanmoins que cette affaire permettra de rendre public leur plaidoyer, et écornera “l’impunité systématique d’Israël”. Une délégation composée de représentant-es juridiques, de victimes et de personnel médical de la GSF a annoncé avoir déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI), accusant des commandant-es militaires israélien-nes et des hauts responsables politiques d’avoir commis des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des actes de torture et des faits relevant du crime de génocide.

“La GSF appelle tous les États parties au Statut de Rome à renvoyer immédiatement la situation devant la Cour et invite la communauté juridique internationale à engager des poursuites contre ce régime génocidaire”, annonce un communiqué.

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