Édition du 16 juin 2026

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France : Rapport Attali, quelques idées neuves mais surtout de vieilles recettes

Il n’est pas question de prendre « le Rapport Attali » à la légère car il sera un élément du débat ouvert sur le contenu des réformes à promouvoir. Le diagnostic posé dans le résumé introductif du document, est la partie la plus intéressante du document. Mais ensuite parmi les 300 propositions, le déséquilibre est patent entre quelques propositions d’amélioration de la situation des salariés et l’avalanche de remises en cause prônées.

Côté positif, notons l’importance donnée à la sécurisation des parcours professionnels. Soulignons la proposition d’élaborer un nouveau statut pour les chômeurs, la nécessité de réformer la représentativité des organisations syndicales, le souci de légitimer les négociations sociales.

Mais on retrouve ensuite, sans débat, sans nuance, tous les poncifs habituels qui vont combler d’aise le Medef.

Il faut « construire une société de plein emploi » annonce le rapport. Mais il nous propose un renforcement de l’exploitation des salariés : déroger largement à la durée légale du travail, faire sauter la référence à 65 ans pour toucher une retraite à taux plein, libérer totalement le cumul emploi-retraite, développer les fonds de pension à la française, accroître les exonérations de cotisations qui atteignent déjà 30 milliards d’€ au détriment des salariés et de la consommation et transférer plusieurs points de cotisations sociales sur la TVA et la CSG … Il entend « préparer la jeunesse à l’économie du savoir » mais avance comme mesure-phare la constitution de 10 pôles universitaires élitistes qui « pourront être financés jusqu’à 80% par le secteur privé ».

Ne parlons pas du secteur public qui au lieu d’être vu comme un levier d’un développement nouveau, est considéré comme un handicap : réduire de 4 points de PIB les dépenses publiques, ne remplacer qu’un fonctionnaire sur 3, transformer les administrations en Agences, ce n’est plus de l’austérité, c’est un démantèlement. Plus grave encore, le rapport semble souhaiter la fin de la spécificité de la Sécurité sociale en proposant de fusionner budget de l’État et budget de la Sécurité sociale.

Curieusement, le rapport sous-estime largement les vrais handicaps de notre société. L’absence d’une véritable politique industrielle, les carences de notre système bancaire en matière de financement du développement économique, et, bien entendu, tout le volet de la gestion de l’emploi et du travail par les firmes qui génère un gâchis humain et de ressources considérable. Ajoutons que le volet de la politique économique, française et européenne, pourtant si décisive pour une croissance durable, est d’emblée écarté de la réflexion.

Cela donne un rapport partiel et partial loin de la contribution éclairée au débat que l’on aurait pu attendre à la veille d’une nouvelle loi de modernisation économique annoncée par le gouvernement pour le printemps. Il est hors de question pour la Cgt de voir s’imposer les 300 mesures sans plus de débats contradictoires sur chacune d’entre elles.


Source : 21 janvier 2008- CGT
http://www.cgt.fr

Mots-clés : Communiqués

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