Édition du 4 octobre 2022

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Europe

France Un parc nucléaire vieillissant et une polémique qui enfle sensiblement

La France est- elle a l’abri d’un accident nucléaire ?

L’isolement de la Russie par les membres de l’Union européenne serait-il un acte suicidaire en matière énergétique ? N’en déplaise aux Occidentaux, Poutine reste encore le maître du jeu, obligeant ses adversaires aux abois, à recourir au Nucléaire - tant décrié - comme bouée de sauvetage.

De Paris, Omar HADDADOU

C’est une Ukase éhontément concertée et imposée en France, par certains patrons puissants des médias pour miroiter à l’opinion publique le roucoulement d’un pigeonneau comme chant de coq, une déroute comme une victoire, une colonisation comme acte civilisateur, un effet d’annonce comme un décret, un Cumulonimbus comme aurore boréale et une récession comme une croissance économique florissante.…
Oui la France, autant que les 4 milliards d’êtres humains ne disposant pas de couverture sociale et les 200 millions de jeunes sans emploi, se fait des cheveux blancs !
Il y a le « Tout et son Contraire » dans l’espace médiatique, mais aussi « l’Eviction de tout dépositaire de Vérité » qui ne joue pas le jeu ! Une évidence cependant qui ne risque pas d’être tronquée, à savoir la crise énergétique et ses pendants : L’inflation à 6,8 %, le taux de chômage à 7,3 % (2,3 millions de personnes sans emploi) au premier trimestre, la baisse du pouvoir d’achat d’environ 0,5 %. Dans ce contexte « marasmé » où le pire n’a pas encore dit son dernier mot, les riches pollueurs s’en tirent bien ! Prenons toutefois acte du comble d’un paradoxe ! Les entreprises françaises, grandes consommatrices de Gaz, seraient dans la tourmente, pendant que le CAC 40 cumule près de 73 milliards de bénéfices grâce à la flambée des matières premières.
Opérant un virage de 360 degrés dans sa politique énergétique, la France, prise dans la « nasse poutinienne » et dont le conflit ukrainien pourrait amputer son économie dans l’aspiration des 1000 milliards à l’échelle mondiale, est acculée à requinquer son parc nucléaire vieillissant, quitte à provoquer le tollé des Ecolos. Le recours à cette option, suite aux représailles implacables du Kremlin qui tient - soit dit en passant- en otage les Occidentaux, en premier lieu l’Allemagne par l’argumentaire fabriqué du nettoyage du Nord Stream 2, témoigne de l’acuité de la crise et ses retombées sur les pays vulnérables.
Dos au mur, Emmanuel Macron fait montre de sa détermination de plaider pour un retour vers le Nucléaire, n’hésitant à manifester, fin août, son courroux face aux critiques du PDG d’EDF (Electricité de France) Jean-Bernard Lévy sur la conduite de la politique nucléaire de la Nation.

Actionnaire de l’Etat, ce dernier n’y allait pas aussi de main morte pour dénoncer les injonctions contradictoires, le malaise affectant la filière, le déficit criant de la main - d’œuvre : « On nous a dit, votre parc nucléaire va décliner. Préparez-vous à fermer les Centrales. On a fermé les deux premières (Fessenheim). Puis, préparez-vous à fermer les 12 suivantes. On n’a donc pas embauché des gens pour en construire d’autres. On a embauché des gens pour en fermer 12  ».

S’en suit la riposte du chef de l’Etat : «  C’est absolument inacceptable que des gens qui ont eu la responsabilité des travaux de maintenances du parc, puissent expliquer aujourd’hui qu’on n’a pas pris nos responsabilités  ».
 Dans ce bras de fer, l’urgence se passe de toutes les professions de foi, des principes fondamentaux et les engagements originels pour épouser l’accoutrement de l’adaptation circonstancielle.

Les Verts en Allemagne ont baissé pavillon, applaudissant la contribution salvatrice de l’énergie atomique. En sera-t-il- de même en Hexagone où 72% de l’électricité provient de centrales nucléaires ? Les Ecologistes vont - ils emboîter le pas à leurs voisins allemands ?

La France reste fortement dépendante de ses 19 centrales nucléaires et ses 58 réacteurs à produire de l’électricité. Le souci réside dans la vétusté de ces installations qui ont dépassé leur durée d’exploitation. D’où les défaillances dans les cuves et les enceintes de confinement qui supportent de hautes charges d’irradiation et se détériorent au fil du temps. Ces segments ne peuvent être remplacés.
Dans une France où le spectre de Tchernobyl et Fukushima plane toujours, la question de l’énergie atomique est toujours clivante.
O.H

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