Édition du 19 octobre 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

I Have a Dream (Martin Luther King)

J’ai d’abord cru que je rêvais, c’était tellement merveilleux que ça me semblait impossible. Mais oui, ce matin au réveil, il y avait dans l’air comme une sorte de voile à peine perceptible, une lumière ambiante qui imprégnait tout, les rues, les arbres, les perrons, les gens, une atmosphère.

Qu’y avait-il de changé au pays du Québec ? Partout où je posais mon regard, mes pas, mes gestes, je sentais comme un élan de sérénité et de générosité, espérance et réalité se confondaient. Imaginez un peu. Je découvrais que des tramways électrifiés circulaient dans Québec et Montréal. Tous les édifices publics et les espaces de stationnement du Québec étaient couverts de panneaux photovoltaïques et un mur de chaque unité de logement soutenait un panneau solaire passif pour le chauffage des logements et l’eau chaude. À l’instar de certaines Commissions scolaires et du couvent des Sœurs de l’Assomption de Nicolet, tous les organismes publics d’envergure avaient la géothermie et le solaire comme principales sources d’énergie. Des mini-éoliennes coiffaient tous les bâtiments agricoles. L’utilisation de la biomasse pour l’énergie et le compostage était omniprésente…

Gentilly-2 était en voie de démantèlement et les gazières avaient foutu le camp : nul besoin de ces résidus d’un autre âge, puisque le peuple québécois et le gouvernement du Québec avaient eu de concert la clairvoyance et la volonté de faire un saut de géant dans les énergies propres renouvelables.

Pour mieux comprendre, visitons ce lien ! (1)

« Vancouver : ville la plus verte du monde d’ici 2020 ? Dans ce but, le maire (a créé)…un groupe de leaders communautaires avec des connaissances, des expériences et un intérêt commun concernant l’environnement : The Greenest City Action Team (GCAT), soit l’équipe d’action de la ville la plus verte. Son objectif était de comprendre les besoins de Vancouver pour devenir la ville la plus écologique au monde. De là, ils ont défini dix objectifs à long terme et dix groupes de personnes travaillent à rendre chacun de ces objectifs réalisable. À quand une initiative similaire de la part de Montréal ou de Québec ? »
Les maires de Montréal et Québec, ayant pris connaissance de cet article et du défi qui le finalise, avaient conjointement (hé oui) décidé de ne pas se laisser damer le pion ; non seulement ils avaient mis le paquet pour faire de leurs villes un exemple de développement durable mais ils avaient fait la promotion d’un vaste programme municipal d’économie d’énergie et d’exploitation d’énergies renouvelables à la grandeur du Québec, répondant ainsi à l’appel du Regroupement municipal québécois pour un futur énergétique socialement responsable (2). Toutes les municipalités du Québec avaient embarqué dans le mouvement. Même les maires Lévesque et Richard de Trois-Rivières et Bécancour s’étaient lâchés loose et avaient réalisé que ça créait de l’emploi et de la richesse pour leur région, ils avaient donc échangé l’eau de schiste et l’eau lourde pour de l’eau de source.

Et devinez quoi ! La meilleure ! Luciano, Jeanno, Nath et Pierro avaient consulté les liens suivants (3) (4) et s’étaient sentis imprégnés par une sorte de nuée lumineuse constituée de particules photoniques de bon sens et de bonne foi. Illumination ! Voyez par vous-mêmes, je vous mets des extraits en vrac de ces articles :

« L’investissement est de taille, de l’ordre de 6 milliards d’euros (environ 5 milliards 700 millions canadiens).

Des atolls artificiels…utiliser l’eau de mer pour stocker l’électricité produite par les éoliennes et le solaire photovoltaïque. L’intermittence de la production électrique serait compensée…dans d’immenses réservoirs. En cas d’absence de vent ou de soleil, elles alimenteraient alors des turbines. Rendement énergétique 90%... un développement du stockage d’énergie de grande capacité est essentiel pour un développement plus équilibré de l’énergie éolienne. Depuis une date récente, la construction de centrales d’énergie renouvelable a été favorisée partout dans le monde par des mesures spécifiques des gouvernements : mesures fiscales, rachat du kwh à un coût compétitif par les producteurs…des groupes turbo- alternateurs identiques à ceux installés sur les rivières…Utilisant cette technique, les stations de transfert d’énergie…permettent d’éviter le gaspillage d’énergie pendant les heures creuses (nuit, week-end) et de pallier à l’intermittence de la production électrique du secteur éolien et solaire. Sous l’effet de la pesanteur, cette masse d’eau représente une future capacité de production électrique… Avantages : sécurisation du réseau électrique. Stocker la surproduction électrique… »

Alors ils se sont dit : un pays européen mettrait jusqu’à 6 milliards pour créer des réservoirs compensateurs complémentaires de l’éolien et du solaire, sans compter les parcs éoliens et solaires eux-mêmes plus les lignes de transmission, alors qu’au Québec, avec tous nos barrages et nos lignes de transport énergétique, on a déjà ces réservoirs et ces capacités ; et l’on voudrait mettre des milliards sur le nucléaire et le schiste et sur de nouveaux barrages, mais on est complètement cons, qu’ils se sont dits, faut faire volte-face et ramer dans le sens du courant avec les citoyens ! Ils se sont donc donné la peine de visionner Chercher le courant (5), l’extrait entre 33’ et 36’. Trois minutes pour regarder, pour comparer, pour comprendre, pour réaliser que mettre de l’éolien à la bonne place, c’est faisable, même sans nouveau barrage, alors d’autant plus si l’on utilise les barrages déjà construits…Ben oui, vous allez me dire que je rêvais pas à peu près, que j’imaginais même un miracle en me réveillant ce matin. Pourtant je veux y croire, je veux en rêver avec mes concitoyen-ne-s.

En 2008-2009, l’Ontario a décidé d’investir 8 milliards dans les énergies renouvelables pour le futur. Pendant ce temps au Québec, les 2 milliards annoncés pour la pseudo-réfection de Gentilly-2 auront grimpé jusqu’à 6 à 8 milliards, sinon davantage. Je me permets ici de citer la conclusion du mémoire que j’ai présenté à la CCSN en avril :

« La conscience écologique et la volonté collective des Québécois s’expriment de plus en plus clairement et fermement en faveur de la mise en œuvre de chantiers d’exploration et d’exploitation des énergies renouvelables. Les grands espaces inhabités du territoire, les milliers de kilomètres de côtes maritimes et fluviales, les installations de transport énergétique déjà en place sont de toute évidence des facteurs propices à ce type d’entreprises.

Considérant toute la problématique reliée aux énergies fossiles, tant sur le plan environnemental que géopolitique et financier, il est inévitable que les sociétés occidentales devront à plus ou moins brève échéance se tourner drastiquement vers les énergies renouvelables. Le Québec a cette chance inouïe de jouir de facteurs favorables pour faire partie des nations qui prendront le leadership dans le domaine. Les surplus actuels en potentiel hydro-électrique font certainement partie de ces facteurs favorisant une transition vers cet état de fait imminent du futur énergétique. C’est une occasion historique pour le Québec de ne pas se faire damer le pion par les autres nations et de faire sa propre niche dans le domaine des énergies renouvelables, plutôt que d’investir dans le nucléaire et dans les énergies fossiles. Un tel projet réalisable serait à coup sûr sécuritaire, rentable, producteur d’emplois et de richesses et donc rassembleur : c’est ce que les citoyens du Québec attendent de leurs administrateurs, de leurs entrepreneurs, de leurs ingénieurs. Et c’est ce que les générations futures attendent de nous. »

Quand on met en parallèle le comportement arriviste et scandaleusement anti-démocratique de nos dirigeants politiques actuels et l’essor dynamique de la conscience citoyenne collective en regard de l’écologie au Québec, on ne peut que constater à quel point démocratie et écologie sont devenus indissociables, que l’appât du gain à tout prix et le bien-être collectif sont inconciliables et que le contrôle de l’humanité par les multinationales et la survie même de l’humanité sont en antagonisme total. Citation illustrant au mieux ce propos :

"Autonomie énergétique - L’approvisionnement en énergie devient un processus démocratique. Les gens deviennent de plus en plus autonomes, il y a davantage d’autonomie individuelle, d’autonomie locale, d’autonomie régionale, d’autonomie nationale. Ceci est uniquement possible avec les énergies renouvelables, et pour tous. Il s’agit de la plus grande restructuration de l’économie depuis le début de l’ère industrielle." (Hermann Scheer) (6)

Démocratie et écologie comme éléments indissociables et indispensables de restructuration de l’économie ! Pour le futur de l’humanité, et l’humanité c’est nous, chacun-e de nous qui occupons le territoire, dans chaque région, dans chaque maison, qui que nous soyons et où que nous soyons ! Nous, les citoyen-ne-s, sommes l’humanité ! Et nous avons le droit et le devoir de rêver et de réaliser la société que nous voulons pour nous et nos enfants, ici, maintenant, au Québec. Quel beau rêve je fais parfois en regardant mon Québec ! Robert Duchesne, Trois-Rivières.


(1) http://www.zetika.com/201105091309/nouvelles-d-ailleurs-consommation-responsable/vancouver-ville-la-plus-verte-du-monde-dici-2020.html

(2) http://meteopolitique.com/Plan/Fiches/environnement/nucleaire/analyse/ruest/indexruest.htm

(3) http://www.enerzine.com/7/7260+des-atolls-artificiels-pour-stocker-lenergie-eolienne+.html

(4) http://energythic.com/view.php?node=156

(5) http://www.tou.tv/chercher-le-courant

(6) http://jeudi.blog.free.fr.blog.free.fr/index.php?post/2011/06/19/L-autonomie-%C3%A9nerg%C3%A9tique-par-Hermann-Scheer

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