Québec, 26 avril 2012.
J’accuse les membres du gouvernement libéral du Québec d’être responsables du climat de violence qui s’est développé au Québec en marge
du conflit qui les oppose aux étudiantEs mobilisEés depuis plusieurs semaines pour contester la hausse des droits de scolarité en adoptant systématiquement une attitude d’arrogance et de mépris comme ce fut le cas lors du discours du premier ministre devant la Chambre de commerce de Montréal, le 20 avril 2012, comme ce fut le cas avec la décision de la ministre de l’Éducation d’exclure la CLASSE des discussions le 25 avril 2012 ;
– de violer la liberté d’expression prévue à l’article 3 de la Charte des droits et libertés et à l’article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés, niant par le fait même le droit de manifester pacifiquement qui en découle, en donnant ordre aux autorités universitaires, collégiales et municipales de réprimer les citoyennes et les citoyens qui protestent contre le gouvernement en ayant recours aux tribunaux ou aux forces policières au lieu de respecter les décisions majoritaires et démocratiques des assemblées générales des associations étudiantes ;
– de violer le caractère démocratique du Québec en refusant de discuter sans condition avec toutes les organisations étudiantes afin de trouver une solution satisfaisante pour toutes et tous au conflit. Ce faisant, le premier ministre du Québec et ses alliés donnent l’impression que le débat démocratique ne peut servir à solutionner les problèmes de société, dont celui du financement des universités ;
– de contrevenir au paragraphe 2 c) de l’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 3 janvier 1976 et ratifié par le Canada le 19 mai 1976, qui stipule que « l’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l’instauration progressive de la gratuité ». Le Québec, ne s’étant pas opposé à la ratification de ce pacte par le Canada, est lié par celui-ci.
J’accuse la Coalition avenir Québec
D’être complice des agissements anti-démocratiques et anti-sociaux du gouvernement du Québec en appuyant la hausse des droits de scolarité, en exigeant que les organisations étudiantes dénoncent la violence et en endossant la stratégie de répression du gouvernement Charest.
En conséquence, la seule issue de sortie de crise possible, à défaut d’avoir des
discussions franches et ouvertes avec les trois grandes organisations étudiantes, réside dans la démission immédiate du gouvernement et la convocation des citoyennes et citoyens à une élection générale dans les plus brefs délais.
Enfin, je tiens à exprimer mon appui et ma solidarité aux étudiants et étudiantes qui s’opposent à la hausse des droits de scolarité. Mais dans un avenir proche, il faudra instaurer la gratuité scolaire afin qu’il y ait un réel accès à l’éducation, de la maternelle à l’université. De plus, le financement de l’éducation à tous les niveaux doit être public afin de soustraire le droit à l’éducation à toute forme de marchandisation.
Serge Roy
Candidat de Québec solidaire,
Circonscription de Taschereau

