OTTAWA – « Un million cent douze mille Canadiennes et Canadiens sont en chômage et trouvent peu de réconfort dans le rapport d’aujourd’hui sur le marché du travail », dit Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada, en réaction à l’Enquête sur la population active de Statistique Canada publiée aujourd’hui. (Voir ci-dessous l’analyse détaillée de l’économiste principal Sylvain Schetagne du Congrès du travail du Canada.)
Après les épouvantables chiffres du mois de juillet, le Congrès du travail du Canada voit comme un avertissement le fait que les statistiques du mois d’août sur l’emploi ne montrent aucun signe de reprise.
« Nos gouvernements comprennent-ils que, dans nos grandes zones urbaines, l’emploi dans la production de biens ne cesse de décliner depuis six ans sans aucun signe de reprise ? Entre novembre 2002 et juillet 2008, Toronto a perdu 93 000 emplois, Montréal en a perdu 70 000, Edmonton 1 600, Victoria 5 100 et Halifax 1 700. C’est une crise nationale. À la veille d’une élection fédérale, nous voulons que tous les candidats et candidates se concentrent sur la nécessité d’une vigoureuse stratégie de l’emploi, un plan « fait au Canada « , pour protéger les emplois et en créer ici », ajoute M. Georgetti.
Données sur le chômage – L’Enquête sur la population active de Statistique Canada indique que le mois dernier, soit août 2008, le taux de chômage est demeuré à 6,1 %, comme en juillet, parce que l’économie ne crée pas assez d’emplois pour tous ceux et celles qui en cherchent. Le mois dernier, encore 1 112 500 Canadiens et Canadiennes qui voulaient travailler n’avaient pas d’emploi. C’est 7 300 de plus qu’en juillet, bien que l’Enquête indique une création nette de 15 200 emplois en août.
Analyse de l’économiste principal Sylvain Schetagne
– Malgré le mouvement à la hausse en août, l’emploi est loin de se remettre de la dégringolade amorcée au début de l’été 2008. Depuis juin 2008, le Canada affiche une perte nette de 40 000 emplois.
– Jusqu’à présent, la croissance de l’emploi en 2008 n’est même pas la moitié de ce qu’elle a été en 2007. Depuis le début de l’année, il s’est créé 87 000 emplois, à comparer à 221 000 au cours de la même période l’an passé. Il s’agit d’une progression de 0,5 % de l’emploi, alors que la population en âge de travailler à augmenter de 0,8 % durant la même période. Autrement dit, nombreux sont ceux et celles qui entrent sur marché du travail et qui ne trouvent rien.
– Le recul de l’emploi touche plus particulièrement le secteur public, qui a pourtant bien fait dans les dernières années. En août seulement, il s’est perdu 23 900 emplois dans le secteur public, notamment dans les soins de santé, l’assistance sociale et l’administration publique.
– Le secteur de la fabrication affiche un recul encore très marqué, qui a certainement des conséquences importantes sur les familles travailleuses des grandes régions métropolitaines de tout le pays. De novembre 2002 à juillet 2008, il s’est perdu 93 000 emplois manufacturiers dans la région métropolitaine de Toronto, 70 000 dans la région métropolitaine de Montréal, 17 000 à Windsor, 16 000 à Hamilton et à Edmonton, 5 100 à Victoria et 1 700 à Halifax. Ces données ont une lourde signification, compte tenu de la taille de chacune de ces régions. En fait, 10 des 27 régions métropolitaines, dont Sherbrooke, Oshawa, Thunder Bay et Victoria, ont perdu plus de 20 % de leurs emplois dans le secteur de la fabrication depuis novembre 2002.
Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,2 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 130 conseils du travail régionaux. Site web : www.congresdutravail.ca

