Édition du 21 juin 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Afrique

Le nouveau contexte de l’endettement en Afrique

Le Réseau CADTM Afrique (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes) en collaboration avec la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement ont organisé une session de formation le 01 et 02 juin 2022 au Musée national de Bamako au Mali sous le slogan « renforcer les synergies sud-sud face au système dette, pour l’abolition des dettes illégitimes et la mise en place d’alternatives ».

Tiré de CADTM infolettre , le 2022-06-15

Cette formation est destinée aux mouvements sociaux au Mali pour une compréhension du système dette, ses impacts sociaux-économiques, les alternatives possibles et comment les concrétiser.

La pandémie du Covid-19 constitue une crise grave qui va entraîner le pire ralentissement économique enregistré par l’Afrique depuis des décennies.
Elle a fait basculer au moins 30 millions d’Africains dans l’extrême pauvreté en 2020 et 39 millions d’autres pourraient connaître la pauvreté en 2021 selonle rapportdela Banque africaine de développement BAD. Cette dernière estime que l’Afrique aura besoin d’un financement additionnel de 485 milliards de dollars entre 2021 et 2023. Avec le déclenchement de la guerre de la Russie contre l’Ukraine et la hausse généralisée des prix, la situation sociale de la majorité des populations se détériore et la pauvreté secreuse.L’encours total de la dette africaine a atteint 842 milliards de dollars en fin 2019.

En 2020, les paiements d’intérêts de la dette du continent ont atteint 20% des recettes fiscales des pays africains et dépassé le tiers des recettes dans certains pays. La part des pays avec un risque élevé ou ensurendettement est en hausse :23 pays africains sont surendettés ou menacés desurendettement en février 2022 (BAD).

Pour la sous-région Afrique Sub-Saharienne (ASS), le ratio d’endettement est passé d’une moyenne de 33,5 % entre 2010 et 2017 à 50,4 % en 2019 puis à 57,3 % fin 2020. La part des créanciers officiels bilatéraux est passée de 34 % à 26 % de l’encours total entre 2009 et 2019. La part des créanciers multilatéraux a diminué de 37 % à 31 %. La part des créanciers privés a augmenté de 29 % à 43 % sur la même période, du fait de l’augmentation de la part des dettes obligataires. Ce recours aux créanciers privés avec des émissions principalement endollar et en euroet des taux d’intérêts relativement élevés ont contribué à un renchérissement de la dette.

Notons que la Chine, qui détient 40 % de la dette africaine, est désormais le premier créancier bilatéral en Afrique subsaharienne (ASS), avec 62 % des créances bilatérales en 2019 contre 3 % en 2000.

Pour le Mali,l’encours de ladette publique en fin 2021 représentait52% du PIBet 35,7%des recettes budgétaires.Selon le bulletin statistiquel’encoursen fin 2020 était de 4 757 milliards de francs CFA dont 2 993, 66 milliards de franc CFA de dette extérieure et 1 763, 34 milliards de dette intérieure. Selon les statistiques publiées par la BCEAO, le Mali a émis des bons et obligations du Trésorquiont atteint 755 milliards de francs CFA en 2021.

Les alternatives du CADTM :l’annulation de la dette illégitime

La dette ou système dette est lié à la question de la souveraineté nationale des peuples dans sa globalité : souverainetépolitique, économique, financière, alimentaire,énergétique, technologique …

La solution radicale réside dans l’annulation de la dette illégitimeimpliquant tous les créanciers :privés, bilatérauxet multilatéraux.La procédure pour identifier la partie illégitime sera basée sur un large processus d’audit citoyen qui doit déboucher sur un acte politique souverainderépudiation de la dette. Il faudra alorspréparer les conditions d’un autre rapport de force contre les créancierspar des mobilisations populaires fortes, nationales, continentales et internationales.

Pour le Mali, la revendicationaux autorités de la transitiond’intégrerla question de dettepubliquedans la future constitution malienneen s’inspirant de l’expérience de l’Équateur,nécessitera,elleaussi,un large effort de sensibilisationet mobilisation du mouvement social dans le pays.

Auteur.e

Omar Aziki est membre du secrétariat national d’ATTAC CADTM Maroc et du secrétariat international partagé du CADTM

Omar Aziki

Militant CADTM

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