Édition du 4 octobre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Europe

Les élections présidentielles en France

A moins de trente jours de l’élection présidentielle française, je pense qu’un bilan s’impose. Et pourtant je traîne les pieds … comme le nettoyage des toilettes après un concert pop rock, ce doit être fait, mais tout le monde rechigne à la tache. Il faut dire que cette campagne a été particulièrement sale ! Par où commencer ?

La primaire populaire, qui nous annonçait une grande union des gauches et ne nous a apporté finalement qu’une candidate supplémentaire qui, après avoir tiré à gros boulets sur ses camarades, s’est retirée dans la honte. Ce fut une belle humiliation pour la gauche française, mais qui aura au moins eu pour hasardeuse conséquence de nous montrer l’effet pervers du mode de scrutin majoritaire, qui favorise les candidats qui restent toujours consensuels.

Bref, après ce départ catastrophique, la gauche française ne semble finalement pas si divisée que le prétendaient les médias … Jean Luc Mélenchon rassemble 14 % des intentions de votes quand tous les autres postulants de gauche peinent à atteindre conjointement les 12% (5% pour les écolos, 3,6 pour les communistes, 2 pour le PS et 1 pour le NPA). Le score du parti socialiste, jadis si puissant, est désormais passé en dessous du prix du gazole … mieux vaut en rire !

Mais à droite en revanche … les trois principaux candidats se tirent la bourre (18 % pour le Pen, 10 pour Zemmour et Pécresse), j’attends donc avec impatience les articles sur l’union impossible de la droite. Mais apparemment ce sont des critiques que l’on réserve à la gauche uniquement.

Mais parlons un peu des fabuleux 30 % d’intentions de votes d’Emmanuel Macron ! Car on nous l’annonce depuis bien avant sa candidature ; notre leader suprême est déjà réélu ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il rejette tout débat avec ses concurrents, « indignes » de lui, comme le précise l’un des membres de son staff. Le président lui, se justifie autrement ; aucun président sortant sous la cinquième république n’a fait de débat avant le premier tour. Ah ! Sacré Macron ! Lui qui avait monté toute sa première campagne sur la moralisation de la vie publique, se présentant comme le jeune challenger qui allait dynamiter les traditions figées et archaïques … finalement, quand ça l’arrange, les vieilles coutumes ont du bon ! Mais surtout, il déclare, grand seigneur, qu’il « préfère un débat avec les français, c’est ce que je leur dois. » Quelle honnêteté ! Quel grand homme tout de même !
Mais comme vous vous en doutez, ça n’est pas si clair. Il y a bien un débat organisé entre Macron et son peuple à Poissy, et il se passe à merveille. Étrangement il y a très peu de questions sur le bilan du quinquennat et aucune sur les très nombreuses affaires qui l’ont émaillé. Doit on s’inquiéter du fait que c’est le maire de Poissy, Karl Olive, ancien journaliste et proche du président qui a sélectionné personnellement les 250 participants ? Noooon … répond l’intéressé, il a évidemment choisi un panel représentatif de la réalité du terrain ! De SA réalité … évidemment. Mais c’est France Inter qui dévoile le pot aux roses, en publiant les fiches du staff de communication présidentiel. Des fiches très complètes sur chaque personne autorisée à interpeller le grand leader ; nom prénom, age, nationalité, photo d’identité, profession, activité associative et … la question qui sera posée … prévue à l’avance.
Je ne doute pas qu’en Corée du nord on puisse appeler cela un débat, mais nous sommes en France, et Macron semble l’avoir oublié.
Mais le fiasco ne s’arrête pas là … à Nice, où son premier meeting était prévu, il se dérobe et envoie finalement ses ministres et soutiens (Olivier Véran, Edouard Philippe, Roselyne Bachelot, Christophe Castaner) pour défendre son programme. Étrange non ? Un candidat qui ne vient pas à son propre meeting … il se murmure que le grand chef aurait développé une peur de la confrontation. Peut-on lui en vouloir, lui qui depuis 4 ans ne peut pas mettre un pied dehors sans une armée de CRS pour le protéger de l’amour du peuple ?
Et puis il y a la conférence de presse d’Aubervilliers, où des journalistes s’indignent ; les questions leur sont demandées à l’avance et cadrées sur certains sujets, les médias d’opposition se voient refuser leur accréditation et (fait très choquant) les caméras sont interdites ! Seul le staff de communication présidentiel est autorisé à filmer … comme ça s’il y a un moment de gêne, on peut le couper.
Je peux entendre les petites manipulations électorales, les magouilles et les coups bas … ils ont toujours existé. Mais là, j’estime qu’on passe un autre niveau, un niveau particulièrement dangereux ! Je me souviens avoir vu un reportage sur l’élection de Vladimir Poutine, il refusait lui aussi de débattre avec ses concurrents, tentait au maximum de contrôler la presse, et abreuvait les citoyens de shooting photos et de reportages vidéos tout à son avantage. Je me souviens de ce clip où on voyait le maître du Kremlin dans sa voiture, occupé à régler des problèmes d’importance mondiale tout en répondant avec une douce humilité et un sourire timide à un « journaliste » membre de son staff. Et voilà que le clip de campagne de Macron sort, et le voilà dans sa voiture, griffonnant des notes et répétant 3 fois dans la même phrase « en toute humilité … parce que je suis humble ... » J’en ai des frissons !

Comment, dans ces conditions, ne pas douter des sondages nous annonçant un président très loin devant ses concurrents ? Sans tomber dans le complotisme je crois que le doute est légitime. Sur le net, où il est très difficile de trouver un partisan macroniste, les théories fleurissent ; le beau fils de Macron dirige un institut de sondage, le gouvernement a dépensé une fortune dans des instituts et ils doivent lui rendre la politesse (en effet le budget du Service de l’Information du Gouvernement a carrément doublé, 28 millions en 2020 pour des études d’opinion et de communication !)... on ne mord pas la main qui nous nourrit. Sans réelle preuve, le discours de « on nous ment, les élections sont truquées » reste difficile à démentir dans de telles conditions.
Le 7 mars, un sondage libre est proposé aux internautes sur le site de la radio RTL (l’une des principales de France), à la question « Souhaitez vous la réélection d’E. Macron ? » 70 000 participants répondent NON à 95% !!! ça change des sondages sur 1000 personnes qui le placent en pole position ! Manque de bol, le sondage est supprimé dans la journée …
Interrogé sur le sujet, la radio répond que c’était un sondage non fondé car le panel n’était pas représentatif de la société française. C’est un argument concevable … mais pourquoi le supprimer ?
Le fait se reproduit chez Actu 34, à la même question, 97% de NON, puis chez Sud Radio 96%, le Figaro « avez vous été convaincus par la lettre d’Emmanuel Macron ? » NON à 68%, Le Point « Jugez vous bon le bilan du quinquennat ? » NON à 79%.
Dans la foulée, plus aucune question sur le sujet n’est posée directement aux internautes, alors qu’en période d’élection, ce genre de sondages « sauvages » fleurissent généralement partout.

L’argument selon lequel seuls les sondages faits par des professionnels seraient fiables me semble juste … alors je me renseigne sur le sujet. Qui fait les sondages ? Depuis quelques années ça n’est plus que des organismes privés qui font principalement du sondage commercial, les instituts d’études d’opinion politiques ont disparu, incapables de faire face à la concurrence, ou alors ils délèguent le travail au privé .
Comment ça fonctionne ? L’institut reçoit une commande, passée par un média ou un organe public. Le mot COMMANDE est important, car derrière toute commande client, il y a une attente de résultat. L’institut sélectionne un panel qu’il juge représentatif de la société selon les ages, professions, origines etc … On ne le dira jamais assez, le choix de la question est primordial. J’ai vu des sondages dont la question était : « Pensez vous que dans un pays où l’on est plus nombreux et où on vit plus longtemps, il est nécessaire de partir plus tard à la retraite ? » La réponse ne sera pas la même que si la question était posée comme ceci : « Pensez vous que dans un pays où il y a treize fois plus de demandeurs d’emploi que d’emplois disponibles, rallonger la durée du temps de travail avant la retraite soit judicieux ? »
Bref ! une fois les réponses récoltées, les sondeurs font ce qu’on appelle « un redressement ». Qu’est-ce ? Accrochez vous ! Un redressement c’est quand le résultat ne correspond pas à la réalité du terrain (Quelle réalité ? Celle du directeur de l’institut qui gagne 40 000€ par mois ? La mienne ? La votre ?) alors on le modifie manuellement ! Par exemple, on m’explique que les votes à gauche sont généralement sur représentés (les gens prétendent voter à gauche pour faire cool …) inversement à droite, alors on force un peu les chiffres ! Vous aussi vous trouvez ça hallucinant ???
Sachant qu’en l’absence de débat et de questions ouvertes, les sondages restent la seule boussole des français pour se situer dans cette élection, je décide de pousser plus loin et de m’inscrire dans un institut de sondage.
La plupart ne veulent même pas de moi … une écrivaine ça n’est pas représentatif de quoi que ce soit ! Mais l’un d’entre eux finit par m’accepter. Après avoir dû me fader des dizaines d’enquêtes commerciales sur mes préférences en chaussures, sacs à main, boissons etc … j’accède enfin à une enquête dites « d’opinion » ! je suis toute excitée ! Comme toujours il y a quelques questions filtres pour vérifier que je suis bien dans la cible du sondage, ici on me demande mon age, ma région, ma profession (j’avoue je mens pour avoir une chance ;) et … pour qui j’ai voté aux dernières élections ! Tiens donc ? Bon, je joue la carte de l’honnêteté, j’ai voté à l’extrême gauche. Un encart s’affiche : Désolé vous ne faites pas parti du public visé par cette annonce.
Voilà qui me donnera matière à réfléchir, je vous l’avoue...

Attention, je ne dis pas que les sondages sont truqués ! Encore moins que l’élection est truquée, comme le prédisent les voyants de chez Quanon et compagnie … Pas du tout. Je m’interroges sur le fait que les sondages puissent être faussés, innocemment peut-être, par une méthodologie trop hasardeuse. Honnêtement j’ai du mal à croire à cette cote de popularité présidentielle ! Passionnée de débat, je cherche partout des macronistes avec qui faire un petit round … et je n’en trouve presque pas, ceux que je trouve refusent catégoriquement le dialogue, comme figés par la honte. Je visite des sites de discussions touchant tous les courants de pensées, j’ai perdu des heures à dialoguer avec des Zemmouriens acharnés, j’ai jonglé avec des Jadoïstes convaincus, et même épluché le programme de Marine Lepen pour en parler avec ses partisans ! Mais les macronistes, ces 30% que l’on appelle pudiquement « la majorité silencieuse » sont impossibles à débusquer ! Il y a bien sur les réseaux sociaux ces profils étranges, récemment crées, sans photo, sans abonné, sans publication, qui copie-colle « Vive Macron » plus de mille fois par heure mais … sont-ce réellement des citoyens ? À chaque question qu’on leur pose ils répondent systématiquement le même « Vive Macron » robotisé.
Et tout cela m’inquiète parce que, si l’élection n’est pas truquée, elle est toujours influencée, c’est indéniable ! Notre système de scrutin binaire nous oblige à voter utile, stratégiquement, et les sondages sont notre seule boussole. Depuis des mois, depuis bien avant que le président ne se déclare candidat, j’entends partout que les dés sont jetés, que Macron sera forcément réélu, que c’est inutile d’aller voter … et je crois que c’est là le but inavoué de toutes ces petites manipulations. Je demande aux gens :
« Pourquoi es tu si sûr que Macron soit réélu ? Son bilan est bon ?
- Non ! Catastrophique ! Mais t’as vu les sondages ! il n’y a personne en face …
- Ah bon ? Mais il y a 12 candidats !
- Oui mais personne de sérieux...
- Ah bon ? Sais tu que l’union Populaire propose un programme dont chaque mesure est chiffrée et qui s’étire sur 162 pages, alors que Macron n’a toujours pas de programme officiel ?
- Non, je savais pas...
- Tu veux le lire ?
- Oh non ! J’ai la flemme … de toute façon l’extrême gauche c’est dangereux et Mélenchon est toujours grognon.
- Tu trouves donc que ronchonner c’est plus grave que voler et mentir ?
- Non bien sûr !
- Ben alors ?
- Ah … oui … c’est vrai. Fais voir ce programme. »
J’ai eu cette conversation des dizaine de fois, et très souvent les gens reviennent me voir pour me dire que le programme les a convaincus ou pour en débattre.
Elle est là la perversion, on incite le citoyen à se désengager. On lui met dans la tête que son avis ne compte pas, que l’élection se joue sans lui, que de toutes façons il n’est pas apte à comprendre les enjeux etc … Nos dirigeants suscitent l’abstention dont ils se plaindront ensuite, faisant une fois de plus culpabiliser les français. Résultat ? Des présidents élus avec 20% des voix, obligés de régner par force car trop peu de gens ont validé leur programme. Cela entraîne des manifestations, donc de la violence, donc de la répression, donc de l’opposition, donc un détournement démocratique, donc de la défiance, donc de la manipulation, donc des manifestations, etc …
La France est enfermée dans un cercle vicieux destructeur qui, non seulement accentue les haines et les crispations, mais nous empêche aussi d’évoluer avec notre temps !

Et puisqu’on parle d’évolution … parlons de réchauffement climatique ! Vous avez lu le rapport du Giec ? Ou en tout cas le résumé pour la presse (je crois que le rapport complet ne sera publié que le 4 avril) ? Moi, c’est la première fois que je n’arrive pas à aller au bout. Non pas que ce soit inintéressant, mais j’en avais des nausées tant la gravité de la chose me prenait aux tripes. La situation est réellement catastrophique, les données sont limpides, les conclusions irréfutables ! Où sont tous les grands défenseurs de la science qui, il y a à peine quelques mois quand il était question de vaccination, nous disaient fièrement que ceux qui remettent la science en cause devraient être bannis de notre société ??? Sûrement sont-ils partis acheter des packs de viande en promo au supermarché du coin, dans leur SUV dernier cri.
S’il y a bien un thème absent de cette campagne, c’est pourtant celui-ci ! Enfin … il est absent du coté médiatique, les journalistes ne posent que très peu de questions sur le sujet, et la plupart des politiques évitent de répondre. Coté citoyen en revanche, il est clair que le sujet préoccupe ! Et c’est encore là qu’on voit l’influence des médias sur les votes … je vous donne un exemple :
Je discute avec une dame qui me dit voter pour Marine Lepen. Je lui demande qu’elles sont ses priorités pour l’avenir ; la sécurité, l’écologie, le pouvoir d’achat. En détricotant sa pensée je me rends compte qu’elle ignore que Marine Lepen n’a pas de programme écologique, elle ne tient pas compte des migrations climatiques dans sa réflexion sur la sécurité et l’immigration, elle n’a pas compris que les allégements d’impôts que propose Lepen se répercuteront sur son pouvoir d’achat. Cette dame n’est même pas raciste ! C’est une bonne âme, un peu naïve, que l’on a persuadée qu’elle n’était pas capable de se faire son propre avis, et qu’elle devait se fier aux experts médiatiques.

Et c’est là que je vois une ouverture, une lueur d’espoir, car il faut continuer d’y croire sinon … Les médias ont tenté de nous imposer un thème unique pour cette campagne : l’identité, l’immigration. Ils sont partis en fanfare avec un Zemmour omniprésent (BFM en est arrivé à diffuser ses meetings sans le son car il avait déjà dépassé son temps de parole légal sur leur chaîne … si, si, je vous jure !!!). Pas un mot sur le GIEC, pas un mot sur le bilan catastrophique de Macron, ni sur la sombre affaire Kohler qui met le président dans l’embarras. Mais, lors des premiers « Grands oraux » organisés par la presse, Mélenchon, avec la grogne qu’on lui connaît, arrive à imposer le sujet écologique et celui des écarts de richesses. Et ça marche !
Je m’autorise ici une minute partisane, je m’excuse pour ceux que ça dérangera … Je trouve que Mélenchon a assuré ! Personnellement, plutôt d’obédience anti-capitaliste, je m’étais préparée à voter pour le parti écolo, car ça reste pour moi LA priorité. Mais Jadot a été bien en deçà de mes attentes, et c’est Mélenchon qui nous propose finalement une refonte totale du système sur des bases principalement écologiques. Son programme est hyper soigné et le travail derrière témoigne d’un vrai respect du citoyen et de la démocratie. Le système qu’il nous propose, moi je m’y projette sans mal, et visiblement je ne suis pas la seule. Sur le plateau de Léa Salamé, même le président du MEDEF en vient à avouer que le programme de l’Avenir en commun est sérieux. Et il est évident que les gens sont sensibles à son message, que ce soit sur l’urgence écologique ou sur la nécessité de stopper le marché fou.
Finalement, les citoyens n’ont pas l’air si bêtes qu’on le pensait, et c’est Mme Salamé qui semble bien embêtée. Petit à petit, la couverture médiatique s’adapte aux préoccupations réelles des français et la thématique identitaire est délaissée … Zemmour baisse dans les sondages et Mélenchon le distance largement. Moi, je vois dans cette surprise un vrai rayon de soleil, les gens sont concernés, ils n’ont pas tous abandonné !

Malheureusement, il ne suffit pas d’un bon programme ou d’un élan d’espoir pour rendre possible la présence d’un candidat de gauche au second tour. Il faut cette fameuse union … Mélenchon est encore à 4 points de Lepen dans les sondages, ce qui serait aisément faisable si les « petits » candidats de gauche s’alliaient à lui. Le terme « Petits » n’est pas péjoratif, il fait référence à leurs scores. Aucun des partis de gauche ne peut prétendre atteindre le second tour, excepté l’union populaire. Et pourtant … ces derniers jours, Yannick Jadot (EELV), Anna Hidalgo (PS) et Fabien Roussel (PC) ont tous les trois abandonné la défense de leurs programmes et des valeurs de gauche. Ils semblent n’avoir plus qu’un seul objectif : descendre Mélenchon ! Pas un jour ne passe sans qu’un tir ne lui soit envoyé de la part de ses « camarades » qui l’accusent de tous les mots. Mais Roussel nous rassure … au second tour il appellera à faire barrage à Marine Lepen. Si on s’en fie aux chiffres, le chef communiste a donc déjà prévu de soutenir Emmanuel Macron … c’est cocasse, non ?!
Pourquoi une telle attitude ? pourquoi des candidats de gauche s’acharneraient ils à vouloir empêcher la gauche d’accéder au second tour ? Il y a plusieurs explications possibles :
- L’ego. Nos dirigeants ne seraient finalement que des enfants égocentriques et compétitifs, qui ne veulent pas que les autres gagnent si eux ont perdu. Je n’ai pas envie d’y croire mais bon … certains trouveront ça plutôt crédible.
- Le remboursement des frais de campagne. En France, un candidat doit faire plus de 5% pour que ses frais de campagne lui soient remboursés par le contribuable. Nos dirigeants seraient donc plus radins qu’immatures ?
- La stratégie … On a remarqué qu’en France, les électeurs ont tendance à jongler entre droite et gauche. Une rumeur dit que le français serait un râleur insatisfait (mais ce genre de généralités moi ça me fait râler !) et que quelque soit le parti choisi, le citoyen se montre toujours déçu et vote ensuite pour le changement. Ainsi, si la gauche passe avec Mélenchon pour 5 ans, il y a peu de chance que les français élisent un Roussel ou un Jadot en suivant. S’ils sont satisfaits ils garderont Mélenchon, sinon ils bifurqueront à droite. Mais si Mélenchon perd, ils ont 5 ans pour se faire remarquer dans un parti d’opposition, jouer les grands tribuns et se placer en bonne position pour les prochaines présidentielles.
Immatures, radins ou machiavéliques … ?
Quelque soit leur raison, j’ai beaucoup de mal à voir en quoi ce bashing pourrait être profitable aux citoyens français … encore moins aux citoyens de gauche. Mais si quelqu’un tient une explication satisfaisante, je suis preneuse !

Il est donc assez difficile de prévoir l’issue de ce scrutin, les électeurs vont ils suivre les recommandations de leurs différents leaders, quitte à accentuer les divisions ? Voteront ils selon leur cœur ou leur logique ? Si j’étais joueuse, je parierais sur le fait que cette élection sera différente des autres … Les gilets jaunes, la pandémie, la guerre en Ukraine, et les très (trop) nombreuses affaires qui ont marqué le quinquennat n’ont pas laissé les français indifférents.

Petite aparté à propos de l’Ukraine : Il semble que Macron ait d’abord vu une belle opportunité dans cette guerre européenne. Vous trouvez ça écœurant ? C’est normal. Mais pour nos chères élites, à toute chose malheur est bon. En voyant la cote de popularité de Volodymyr Zelensky, Macron a fait une crise de jalousie et a cru qu’il suffirait de faire planer sur la population française la menace d’une annihilation nucléaire pour hériter du rôle de héros national. Et ça a failli marcher ! On a entendu beaucoup de gens dire « Avec la gravité de ce qu’il se passe, la nation doit être soudée derrière son chef … on a besoin de stabilité … d’un dirigeant sérieux à l’internationale ... ». Mais quand notre ministre des finances a commencé à jouer à la guerre contre des gens qui, eux, ne jouent pas … quand il a lancé des provocations franchement irresponsables sur le net comme s’il tentait une partie de street fighter et que, devant la réaction brutale des russes, il a été contraint de faire des excuses … Disons que l’union nationale a commencé à se fissurer ! Et puis c’est notre leader suprême lui même qui a enfoncé le clou, nous imposant cette humiliante série de photos où on le voit avec une barbe de 2 jours et un sweat-shirt à capuche portant l’enseigne d’un groupe parachutiste ! Il voulait singer Zelensky mais c’est finalement à un adolescent gâté et irresponsable qu’il nous fait penser … La presse étrangère en a fait ses choux gras « Les ukrainiens ont un ancien comique devenu président, les français ont un président devenu comique ! ».
Il semble que même une troisième guerre mondiale ne puisse suffire à reconnecter le peuple et les élites françaises.

Alors qu’en est-il aujourd’hui de cette campagne présidentielle ? Les français vont-ils se fier aux chiffres ou aux rumeurs ? Les militants de gauche choisiront ils de se rassembler ? Les soutiens de Macron sortiront-ils du bois ? Je n’ai jamais vu une élection qui s’annonce aussi brouillée, et je ne pense pas que qui se soit puisse en prévoir le résultat à ce stade. Nous vivons donc ces deux dernières semaines dans le stress, pris entre un étrange espoir venu de loin et une terrible appréhension.

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