Édition du 20 septembre 2022

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Monde du travail et syndicalisme

Les travailleurs et les travailleuses d'Amazon ont organisé un débrayage dans trois stations de livraison

le 23 mars 2002
Jacobin
https://www.jacobinmag.com/author/luis-feliz-leon

La semaine dernière une soixantaine de travailleurs et de travailleuses de trois centres de livraison du dernier kilomètre - le dernier arrêt de la chaîne logistique de l’entreprise - ont organisé un débrayage tôt le matin du 16 mars 2022 à New York et dans Maryland pour revendiquer de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.

C’est l’action la plus récente d’Amazonians United, un réseau de comités de travailleurs et de travailleuses de la base aux États-Unis et au Canada.

Les grévistes réclament une augmentation de salaire de $3, la fin du sous-effectif, et le rétablissement des pauses de 20 minutes. Amazon a annoncé à la fin de l’année dernière que l’entreprise réduisait les pauses à 15 minutes, annulant le temps supplémentaire qu’elle avait accordé aux travailleurs et aux travailleuses pendant la pandémie.

Amazonians United a établi des comités dans le vaste réseau de centres de distribution et de tri de l’entreprise. Mais le groupe a donné une priorité particulière à organiser les stations de livraison, qui sont essentielles à la promesse que fait Amazon d’une livraison rapide entre le jour même et deux jours.

Dans un poste de livraison à Woodside dans Queens à N .Y., des dizaines de travailleurs et de travailleuses de nuit en gilets jaunes ont débrayé à 2h 45 le 16 mars.

« Aujourd’hui, nous avons déclaré que le monde peut fonctionner différemment. En tant que travailleurs et travailleuses, nous pouvons décider démocratiquement comment doivent fonctionner nos lieux de travail et nous pouvons faire respecter nos décisions », a déclaré le travailleur Jonathan Bailey devant l’entrepôt sous les acclamations et les chants de ses camarades.

À quatre heures du matin, la majeure partie de l’équipe a quitté le travail dans un autre entrepôt de Long Island City dans le district de Queens. « Nous avons coupé la musique et nous avons arrêté la ceinture », a déclaré un travailleur qui a demandé l’anonymat. Ils et elles sont sorti.e.s en scandant : « Meilleur salaire, pauses plus longues !, ayant laissé une liste de leurs revendications sur le tableau de messagerie interne d’Amazon la « Voix de l’associé.e ». Les travailleurs et les travailleuses de Woodside et des autres partisan.e.s les attendaient pour les accueillir à l’extérieur.

« Chaque semaine les gérant.e.s viennent nous donner des bonbons ou des chips, quand ils et elles nous voient travailler dur », a déclaré le même travailleur. « Ils et elles utilisent la nourriture pour nous apaiser et ils et elles font semblant de nous écouter. Mais nous avons déposé une pétition il y a trois mois pour demander une augmentation salariale et des pauses plus longues, et ils et elles ne veulent pas y répondre Nous n’avons pas demandé de collations, mais une augmentation salariale. »

Une augmentation de $3

Ce débrayage s’appuie sur une action précédente qu’Amazonians United a organisée à la même gare de Woodside en septembre dernier, lors de l’ouragan Ida, pour exiger que l’entreprise paie le temps des trajets des travailleurs et des travailleuses chez eux et elles et rembourse leur temps personnel non rémunéré (UPT) pour le temps non travaillé en raison de la tempête.

Lorsque la direction a tenté de renvoyer les travailleurs et les travailleuses chez eux et elles sans rien garantir, ces derniers et dernières ont organisé une marche spontanée contre le patron, refusant de partir tant que les revendications n’étaient pas satisfaites.

« Nous avons planifié les prochaines étapes et nous avons décidé que nous ne laisserons pas la direction s’en tirer et que nous ne travaillerons pas tant que nous n’aurons pas un engagement ferme de sa part de payer notre Lyft et de rembourser UPT, » déclare Amazonians United dans le numéro d’automne de son bulletin Le travailleur essentiel.

Une autre action coordonnée a été une pétition organisée en décembre dans six stations de livraison à New York, au New Jersey et au Maryland. Les travailleurs et les travailleuses exigeaient de pouvoir garder leurs téléphones avec eux et elles tout au long de leurs quarts de travail et que l’entreprise adopte une politique pour les intempéries, après qu’une tornade avait rasé un entrepôt dans l’Illinois, tuant six travailleurs et travailleuses. Au moins 500 travailleurs et travailleuses ont signé la pétition, a rapporté Vice, et des groupes de travailleurs et de travailleuses sont allé.e.s livrer ensemble la revendication dans tous les six entrepôts.

Amazon a répondu positivement à certaines des revendications : la compagnie a accepté de laisser les travailleurs et travailleuses garder leur téléphone sur eux et elle ; d’établir une ligne d’assistance téléphonique en cas de mauvais temps ; et de payer le salaire lorsqu’un quart de travail est annulé en raison des conditions météorologiques.

Pensez grand mais commencez petit

Ces débrayages montrent la stratégie de base d’Amazonians United, basée sur l’action collective, plutôt que sur la signature de cartes pour autoriser une élection.

« Notre méthode est simple. Nous voyons grand mais nous commençons petit, en nous appuyant sur des victoires qui renforcent notre confiance à prendre de plus grands risques au fil du temps », ont-ils et elles écrit dans Labor Notes en 2020, après avoir lancé des campagnes de pétition et organisé des marches contre le patron et des débrayages à New York, Michigan, Illinois, et Washington.

S’attaquer au léviathan Amazon, cela est sans aucun doute penser grand.

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