Édition du 19 mai 2020

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Libye : démission du ministre de la Justice

Le journal français Libération nous brosse un tableau, heure par heure, du déroulement des événements en Libye au cours de la journée de dimanche dernier. Plusieurs villes libyennes, dont Benghazi, seraient contrôlées par les manifestants. Au moins 233 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de protestation, dont 60 pour la seule journée de dimanche à Benghazi, selon un nouveau bilan publié lundi par l’ONG Human Rights Watch. Le fils du dictateur Kadhafi, Seïf Al-Islam, promet que le sang va couler. Les grandes entreprises étrangères rapatrient leurs employés.

16h10. Trois employés de l’ambassade libyenne en Suède démissionnent. Les trois personnes, non diplomates, ont annoncé lundi dans une lettre qu’ils démissionnaient de leurs fonctions pour protester contre les violences en cours.

« Nous soussignés, employés de l’ambassade libyenne à Stockholm, condamnons le génocide qui a lieu contre des civils en Libye », écrivent MM. Sayed Jalabi, Hamid Kassem et Abdelali Mahfouf dans une lettre envoyée à des médias suédois et dont l’AFP a eu copie.

16 heures. Moscou préconise une solution pacifique. Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé lundi toutes les parties en Libye à trouver une solution pacifique pour mettre fin aux violences qui ensanglantent le pays depuis au moins une semaine. L’Autriche a elle annoncé l’envoi lundi d’un avion militaire, basé à Malte, vers Tripoli en vue d’évacuer des ressortissants autrichiens et européens.

15H40. L’UE redoute une vague de migrants. L’Union européenne s’inquiète d’un effondrement de l’Etat en Tunisie, en Libye et ailleurs, doublé d’une grave crise économique qui pourraient déclencher un afflux de migrants vers ses côtes méridionales et mettre à rude épreuve la solidarité entre ses pays membres.

« Nous sommes extrêmement inquiets de l’évolution de la situation en Afrique du Nord », a reconnu lundi Michele Cercone, porte-parole de la commissaire chargée des questions d’immigration et de sécurité Cecila Malmström.



15h30. Démission du ministre de la justice. Le ministre libyen de la Justice, Moustapha Abdel Jalil, a démissionné de son poste « pour protester contre l’usage excessif de la force » contre les manifestants a rapporté lundi un journal libyen dans son édition en ligne.

Le « ministre Moustapha Abdeljalil, dans un appel téléphonique au journal Quryna, a indiqué qu’il avait présenté sa démission pour protester contre les évènements sanglants et l’usage excessif de la force contre les protestataires désarmés de la part des forces de sécurité », a indiqué le journal.
15h15. Des dizaines de personnes tuées à Tripoli la nuit dernière. Selon Reuters, plusieurs dizaines de manifestants sont morts dans la capitale libyenne dimanche. Comme la vidéo ci-dessous le montre, des snipers auraient notamment tiré sur la foule depuis les toits de bâtiments gouvernementaux.

15 heures. Syrte toujours contrôlée par le pouvoir ? Des témoins à Syrte ont démenti lundi auprès de l’AFP la chute de cette ville libyenne aux mains des manifestants anti-Kadhafi, comme l’avait affirmé la Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme. Selon la FIDH, plusieurs villes libyennes dont Benghazi, la seconde ville du pays, ne seraient plus contrôlées par Kadhafi.

14h55. Des bâtiments brûlés à Misurata. La nuit dernière, des bâtiments du gouvernement et de la police locale aurait été brûlés à Misurata, une ville à 210 km à l’est de Tripoli, selon plusieurs vidéos mises en ligne sur Youtube, notamment par le compte freedomwriter00, qui tente de les rassembler. Les journalistes n’étant pas autorisés à se rendre en Libye, ce sont pour le moment les seuls documents disponibles, difficilement authentifiables.

14h40. Les entreprises allemandes rapatrient. RWE Deaen, Siemens et le gazier Wintershall, filiale de l’allemand BASF, avaient entrepris lundi de rapatrier leurs salariés de Libye face aux violentes émeutes. Wintershall a ajouté que sa production de 100.000 barils de pétrole par jour allait être réduite, et qu’un noyau dur de salariés restait présent.

14h30. Chaos à Zaouia. La police libyenne a déserté dimanche midi Zaouia (60 km à l’ouest de Tripoli) qui est depuis livrée au chaos, ont indiqué à l’AFP plusieurs Tunisiens arrivant de cette ville lundi matin à Ben Guerdane en Tunisie près de la frontière entre les deux pays.

14 heures. Benghazi libérée ? Plusieurs villes libyennes dont Benghazi et Syrte, sont tombées aux mains des manifestants à la suite de défections dans l’armée, a affirmé lundi la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH) qui avance un bilan de 300 à 400 morts depuis le début du soulèvement.

13h30. Un poste-frontière déserté. Les douaniers et policiers libyens ont abandonné pendant quelques heures la frontière au principal point de passage entre la Libye et la Tunisie à Ras Jdir, ont indiqué à l’AFP des sources militaires, douanières et des témoins tunisiens venant du territoire libyen.

12h45. Londres convoque l’ambassadeur de Libye.Selon William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères, « nous avons convoqué aujourd’hui l’ambassadeur libyen à Londres au Foreign Office afin d’exprimer notre condamnation la plus totale de l’utilisation de la force létale contre les manifestants. »

12h30. Al-Jezira censurée. La chaîne d’informations a accusé ce lundi les renseignements libyens de brouiller son signal dans le pays. « On a réussi avec l’aide de compagnies spécialisées à localiser la source du brouillage, qui a commencé le 2 février et coïncide avec la couverture par la chaîne des évènements en Libye », a indiqué la chaîne satellitaire dans un communiqué.

11h45. De nombreux bâtiments incendiés pendant la nuit. Selon Al-Jezira, la vidéo ci-dessous aurait été tournée lors de la nuit de dimanche à lundi devant le poste de police de Souq Jamaa à Tripoli. Plusieurs bâtiments ont été attaqués, ainsi qu’une chaîne de télévision.
Les vidéos des affrontements sont de plus en plus nombreuses à être postées sur YouTube.

11h40. Le pétrole à son sommet. Le pétrole a grimpé lundi au-dessus de 105 dollars le baril à Londres, un niveau plus vu depuis fin septembre 2008, porté par des inquiétudes sur l’approvisionnement d’or noir alimentées par une flambée de violence en Libye.

11h20. Les photos de révolte à Benghazi. L’internaute a7fadhomar a posté sur Flickr des photos des protestations hier à Benghazi. Anonyme, il se présente selon Al-Jezira comme étant le « petit-fils de Mukhtar », une référence au héros de la résistance libyenne, Omar Mukhtar.

11 heures. « L’Europe ne devrait pas interférer », a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, en marge d’une réunion avec ses homologues de l’UE à Bruxelles. Selon lui, « Nous ne devrions pas donner la mauvaise impression que nous exportons notre démocratie. Nous devons aider et soutenir la réconciliation pacifique ».

La Libye a un « besoin urgent d’entamer un processus de réconciliation nationale, de réconciliation pacifique, de mettre un terme à la violence tout en défendant l’intégrité territoriale de la Libye », a insisté Franco Frattini.

10h30. « C’est un massacre, c’est un massacre, le régime Libyen devient fou », explique un témoin, décrivant ce qu’il voit de sa fenêtre. De nombreux sites d’ONG tentent de recueillir des informations sur place. Le site Alive in Libya enregistre ainsi par téléphone des témoignages de personnes en Libye et de soutien. Comme souvent pour des informations venant de ce pays, impossible de savoir si elles sont vraiment authentiques.

10 heures. Les grandes entreprises étrangères quittent le pays. BP se prépare à évacuer sous 48 heures une partie de son personnel en Libye, où il emploie en tout 140 personnes dont une quarantaine d’expatriés. La compagnie pétrolière norvégienne Statoil a également annoncé que « la poignée » de ses expatriés présents dans le pays étaient en train de partir.

9h50. L’Union européenne envisage d’évacuer ses citoyens. Selon la ministre espagnole des Affaires étrangères, Trinidad Jimenez :
« Nous sommes extrêmement préoccupés, nous coordonnons l’évacuation éventuelle des citoyens de l’Union européenne de Libye, en particulier de Benghazi »

9h45. Siège d’une télévision saccagé. Le siège d’une télévision et d’une radio publiques ont été saccagés dimanche soir par des manifestants à Tripoli où des postes de polices et des locaux des comités révolutionnaires ont été incendiés, ont rapporté à l’AFP des témoins joints par téléphone.
9 heures. Les Français, « pas menacés ». Le ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, a affirmé lundi sur Europe 1 que « pour l’instant, il n’y avait pas de menaces directes » visant les 750 Français vivant en Libye.

8h30. Le fils de Kadhafi inflexible. « Nous combattrons jusqu’à la dernière balle », a prévenu à la télévision Seïf Al-Islam, le fils de Kadhafi.

« La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd’hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas 84 morts mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye », lors d’une allocution télévisée dans la nuit de dimanche à lundi, estimant que le pays était au bord de la « guerre civile ».

« Maintenant tout le peuple libyen est armé. Je m’adresse à vous et pour la dernière fois avant de recourir aux armes », a-t-il dit, estimant que la Libye n’était « pas la Tunisie ni l’Egypte », en allusion aux révolutions de ces deux pays qui ont conduit à la chute de leurs régimes.


« Notre moral est au plus haut et le leader Mouammar Kadhafi, ici à Tripoli, conduit la bataille et nous le soutenons ainsi que nos forces armées (...) Nous ne lâcherons pas la Libye et nous combattrons jusqu’au dernier homme, jusqu’à la dernière femme et jusqu’à la dernière balle. »


« En ce moment des chars se déplacent dans Benghazi conduits par des civils. A Al-Baïda, les gens ont des fusils et des nombreux dépôts de munitions ont été pillés. Nous avons des armes, l’armée a des armes, les forces qui veulent détruire la Libye ont des armes », a-t-il lancé.

8h. L’ambassadeur de Libye en Inde démissionne. Il a annoncé lundi à la BBC qu’il avait démissionné pour protester contre la violente répression par le régime des manifestations en cours dans son pays.

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