Édition du 31 janvier 2023

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

International

Virginia et Katrina

Mêmes visages de l’abandon social de l’État américain

La folie meurtrière humaine américaine est le produit d’une société basée sur la violence des divisions et inégalités sociales et raciales féroces. C’est le terreau où vivent au quotidien les Américains : les armes sont partout, les médias font leurs choux gras de la violence et des meurtres, on appelle les gens à s’armer et à se faire justice s’ils sont assaillis. Les compétitifs du système d’accumulation capitaliste, les gagnants, sont glorifiés et les laissés-pour-compte sont méprisés.

L’État américain, au lieu de soutenir ses citoyens devant la dislocation sociale, remet ses responsabilités aux Églises et aux petits groupes de soutien sans ressources. En lieu de ses obligations sociales le gouvernement américain devient une corporation guerrière qui, au nom d’autres méga corporations, agresse les nations et tue les peuples avec ses armes incroyables et ses armées prédatrices. Le budget militaire US est de 500 milliards$ par année. La guerre en Irak a coûté au peuple américain tout autant. Et quand les armées de « l’USA war corporation » envahissent ils n’ont que les mots paix, liberté, stabilité et démocratie à la bouche.

Les médias des monopoles financiers d’ici veulent nous faire croire à des actes de folie incompréhensibles des meurtriers de masse. Mais ils n’ont qu’à bien regarder la fange dans laquelle ils pataugent et ils trouveront des réponses. Aux problèmes sociaux, les ultra-riches proposent la surveillance, la délation, l’emprisonnement, les médicaments et la recherche des "pensées positives" contre la dégradation sociale et la baisse d’estime de soi des gens et des communautés. Mais tout cela ne sert à rien sinon de renforcer la suspicion et la division entre les personnes et la culpabilité de ne pouvoir s’adapter au bonheur du libre marché des individus-concurrents, et du cycle infernal de l’hyper production, consommation, pollution et de l’enrichissement compulsif.

Maintenant le système de sécurité veut se mettre en branle : profiler les dépressifs qui pourraient devenir des meurtriers potentiels. Ils n’ont pas fini parce que des dépressifs la société actuelle en produit à la chaîne ! Est-ce que les dépressifs à tendances suicidaires, les solitaires, les marginaux, les originaux, les instables, les gens dits non sociables seront bagués de bracelets-émetteurs ou de puces électroniques pour les maintenir en surveillance permanente ? Et pourquoi ne pas les mettre en détention préventive, à l’exemple des guerres préventives ?

Devant ces meurtres aux USA, Bush verse des larmes et déclame : Dieu vous aidera. Pour Bush et les corporations tous les problèmes sociaux sont des problèmes personnels et l’État abandonne les gens à des solutions égocentriques et individuelles, le meilleur exemple étant celui des habitants de la Nouvelle-Orléans délaissés à eux-mêmes après le passage de Katrina. Devant cet abandon il n’est pas surprenant de voir des comportements erratiques et démentiels de "solution radicale violente" de leurs problèmes à l’image d’une société basée sur l’élimination de la concurrence par la force. Mais cette violence s’exerce le plus souvent des gens ordinaires contre des gens ordinaires, des gens faibles contre des gens encore plus faibles. Les très riches du système d’accumulation demeurent à l’abri. Ils se sont créés une mythologie d’ordre divin : les dieux-actionnaires, les dieux-PDG, donc totalement intouchables parce que dans la mythologie capitaliste américaine et mondiale "ils créent la richesse et l’excellente société démocratique ". Le peuple leur est donc redevable et soumis en tout. Mais la mythologie ne résiste pas aux faits. Malgré un establishment ultraconservateur et guerrier le peuple américain demeure progressiste et désire des solutions humaines aux problèmes individuels et collectifs.

La soumission ne résulte qu’en l’abdication de nos droits de vouloir résoudre ensemble les problèmes sociaux et de changer vers une société égalitaire et fraternelle dans laquelle les gens qui ont plus de problèmes individuels pourront être soutenus sur une base humanitaire avec l’appui de la communauté. La communauté sera le soutien de tous et chacun sera le soutien de la communauté. L’individu ne sera plus mis en concurrence mais mis en contribution de construire son individualité propre dans une communauté inclusive.

Claude Charest

Mots-clés : États-Unis International
Claude Charest

l’auteur habite Sept-Iles.

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