Édition du 20 octobre 2020

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Négociations du secteur public

« Pas question de se laisser appauvrir davantage », martèle Louise Chabot

QUÉBEC, le 18 févr. 2015 - La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) considère les offres du Conseil du trésor dans la négociation du secteur public comme un affront à l’ensemble des travailleuses et travailleurs de l’État. « Est-ce parce que nous sommes à 75 % femmes que le gouvernement Couillard se permet de nous appauvrir davantage ? », s’interroge la présidente de la CSQ, Louise Chabot.

Des offres méprisantes

Pour les travailleuses et les travailleurs qui tiennent à bout de bras les services publics, les offres patronales sont très loin d’être réalistes. Le Conseil du trésor propose ni plus ni moins que de creuser notre retard salarial. « Depuis 1989, les différents gels salariaux imposés nous ont fait perdre 10 % de notre pouvoir d’achat. Ce que le Conseil du trésor ose encore nous demander, c’est un appauvrissement supplémentaire de 7 % sur 5 ans. C’est complètement surréaliste », s’indigne la présidente de la CSQ.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, le gouvernement Couillard envisage d’appauvrir les futurs retraités du secteur public. Les réformes du régime de retraite qu’il a proposées à la table de négociation amputeront les rentes de près de 4 000 $ annuellement. C’est l’effet qu’auront le report de l’âge de la retraite à 62 ans et l’étalement sur 8 ans du calcul de la rente pour un salarié à 40 000 $ par année qui déciderait de prendre sa retraite à 60 ans.

Des sacrifices au quadruple

Le gouvernement libéral ressort le vieux refrain chanté à chaque négociation à l’effet que les employés de l’État doivent faire leur part. « Il oublie que comme tous les contribuables, nous sommes soumis aux hausses de taxes et à la multiplication des tarifs. Comme citoyennes et citoyens, nous subissons les compressions dans les services publics. Maintenant, il voudrait en plus que nous sacrifiions encore une fois nos conditions de vie et de travail », lance Louise Chabot.

Nous avons les moyens !

Rappelons que l’atteinte de l’équilibre budgétaire à tout prix sert le gouvernement dont le véritable objectif est le démantèlement de l’État. Il détruit le filet social qui fait la richesse des Québécoises et des Québécois à coup de mesures d’austérité. Il refuse entre autres de régler les problématiques de précarité, de surcharge de travail et d’autonomie professionnelle des employés des services publics. 

« Au lieu de dégager un surplus de 1,6 milliard de dollars pour rembourser la dette, le gouvernement pourrait investir ces sommes dans les services publics. En plus, il refuse d’explorer les diverses solutions que nous lui proposons depuis belle lurette déjà pour dégager des économies et trouver de nouveaux revenus », remarque Louise Chabot.

Les quelque 300 délégués de la CSQ réunis en Conseil général de négociation n’ont pas manqué l’occasion de signifier leur colère en s’invitant à déjeuner au Conseil du trésor ce matin. Il est clair que dans les milieux la colère monte, la grogne augmente et la détermination est contagieuse.

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