Édition du 16 juin 2026

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Place l'Acadie et Place Henri-Bourasssa : Un laxisme chèrement payé

Le Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC), le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) dénoncent le laxisme de la Ville dans l’application de son plan d’action contre l’insalubrité. Ce choix a pour effet d’enrichir, d’un potentiel de 15 millions $, un propriétaire délinquant très connu, celui du complexe des immeubles de Place l’Acadie et Place Henri-Bourassa, plutôt que de le pénaliser comme prévu par le Plan d’action de la Ville.

Selon ces groupes de défense des droits des locataires, si le règlement sur la salubrité et l’entretien des logements avait été appliqué de manière rigoureuse, la situation ne serait pas celle d’aujourd’hui ; des amendes quotidiennes auraient été données, les travaux auraient été faits par la Ville aux frais du propriétaire et il y aurait encore quelque 500 ménages locataires sur le site.

Le RCLALQ, le CLAC et le FRAPRU se disent convaincus que, seules leurs interventions a permis d’inclure des logements sociaux dans le nouveau projet. Selon les informations obtenues par ces groupes, une entente entre la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) et le promoteur privé aurait été conclue pour réserver une partie du site à des logements sociaux. Ils s’inquiètent par ailleurs du fait que le nombre de logements sociaux évoqués par la SHDM ne soient pas suffisants pour maintenir dans les lieux tous les locataires actuels.

N’est-il pas révoltant selon ces organismes de constater la place accordée au développement de condos sur un site essentiellement locatif alors que le secteur connaît toujours une pénurie de logements à bas loyer ? Mentionnons à cet égard que le taux d’inoccupation pour les logements familiaux (3 chambres et plus) dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville n’est que de 0,2% et que pour l’île de Montréal le taux d’inoccupation pour les logements de même grandeur ayant un loyer variant entre 500$ et 699$ est à 1,4% seulement. On devrait donc toujours favoriser pour un tel secteur un accroissement du parc locatif et ce, à des prix accessibles.

D’autres part, plusieurs points restent en suspens en ce qui concerne le développement futur du site et la suite du Plan d’action pour l’amélioration de la salubrité des logements. De plus, l’application du règlement sur la salubrité et l’entretien des logements, tant par la Ville centrale que par les arrondissements, est incertaine et inégale. Le FRAPRU, le RCLALQ et le CLAC affirment que la vigilance sera leur mot d’ordre. Ils continueront revendiquer auprès de l’administration municipale la réalisation des 16 recommandations données en novembre dernier par la Commission de la mise en valeur du territoire, soit : le relogement de locataires de logements insalubres, le rattachement des infractions aux immeubles en cas de vente, l’accès aux rapports d’inspection pour les locataires et la dotation suffisante du fonds d’interventions pour faire les travaux en lieu et place d’un propriétaire récalcitrant.

Mots-clés : Communiqués

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