Édition du 22 juin 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Luttes sociales

Pour un salaire minimum à 10,16$ de l'heure

Une campagne du Front de défense des non syndiquéEs et du REPAC

Ouvert à 10$ de l’heure...minimum ! Fermé...à des salaires de misère !
Voilà le message envoyé par le Front de défense des non syndiquéEs et le REPAC, qui font présentement campagne parce que : 1- c’est indécent qu’en 2007, des gens soient pauvres même en travaillant à temps plein, 2- le coût de la vie augmente et que le salaire minimum ne suit pas, 3- c’est au gouvernement de mettre ses culottes sur cette question.

Au printemps dernier, le Front de défense des non syndiquéEs lançait une campagne de pétitions dans le but d’augmenter le salaire minimum à 10, 16$ de l’heure. Ce montant permettrait alors aux personnes travaillant à temps plein d’atteindre le seuil de faible revenu, établi à 16 640$ par Statistiques Canada. Présentement, elles doivent cumuler pas moins de 51 heures par semaine pour y arriver, ce qui est indécent.

Il s’agit majoritairement de femmes car ce sont elles, à 60%, qui occupent ces emplois. Elles sont d’ailleurs sur-représentées puisqu’elles n’occupent que 46% de l’ensemble des emplois.

Des mythes persistants

Bien entendu, une telle lutte amène son lot de protestions, autant du côté du patronat que des personnes qui travaillent au salaire minimum.

Les entreprises vont s’en aller ailleurs !
Les gens ont peur parce qu’ils voient bien que certaines entreprises ferment leurs portes pour aller dans des pays où il n’y a pas de règlementation (ou très peu) concernant les salaires, les conditions de travail ou encore l’environnement.
Toutefois, un recensement a permis de constater que 90% des emplois au salaire minimum sont dans les secteurs du commerce de détail, de l’hébergement et de la restauration. En augmentant le salaire minimum, est-ce que les restaurants ou les boutiques, par exemples, vont déménager en Chine ou au Pakistan ? Étant donné que leur clientèle est ici, ce serait bien surprenant...

Les PME seront obligées de fermer leurs portes, ce qui aura pour effet de faire augmenter le taux de chômage !
Ce deuxième argument demeure toujours présent, autant dans les médias que dans le discours des entreprises et de la population. Pourtant, selon des études qui ont été menées au États-Unis, cela aurait l’effet contraire. En effet, lorsqu’on augmente le salaire des travailleurs et des travailleuses, on augmente par le fait même leur motivation et donc, leur productivité. Et, effet non négligeable, une personne qui a plus d’argent dans ses poches a tendance (surprise !) à dépenser plus...ce qui est loin de nuire à l’économie.

Le salaire minimum c’est juste pour les jeunes !
Plus de 60% despersonnes payées au salaire minimum sont âgées de plus de 20 ans. Également, 30% de ces travailleurs et travailleuses représente le principal soutien financier de leur famille. Il ne s’agit donc plus de premières expériences de travail, en attendant de trouver mieux.

Du côté de l’Ontario...

En mars dernier, le gouvernement ontarien annonçait qu’il augmentait le salaire minimum, soit à 10,25$ d’ici 2010. La raison de cette augmentation ? Selon eux, la pauvreté des familles et l’incidence de cette pauvreté chez les jeunes peuvent nuire à la contruction d’une économie solide et compétitive. Il s’agit ici certainement d’un exemple à suivre pour les autres provinces du Canada, dont le Québec.

Et si c’était la solution ?

Augmenter le salaire minimum à 10,16$ de l’heure serait de donner enfin un salaire décent à ces personnes, non pas un luxe ou une richesse.
Par le fait même, il est certain qu’advenant une telle victoire, les entreprises, tout comme ces travailleurs et travailleuses, s’en retrouveraient gagnantEs.

Probable aussi que les commerces aient un moins grand roulement d’employéEs.

Probable aussi que ça deviendrait un bon incitateur pour que des personnes bénéficiant de l’aide sociale retournent sur le marché du travail et ce, par intérêt et non pas par contraintes. Après tout, qui a envie de payer pour aller travailler ?

Tu veux en savoir plus ? Tu veux t’impliquer en signant la pétition ou en participant aux actions qui s’en viennent ?
Visite ces sites :

www.repac.org

www.aubasdelechelle.ca

Mots-clés : Luttes sociales Québec
Josée Simard

Josée Simard est une intervenante sociale qui travaille dans la région de Québec.

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