La commission des relations de travail de la C.-B. tiendra un vote d’accréditation syndicale le 15 septembre pour une serre située à Abbotsford malgré le fait que la moitié des travailleurs ne pourront pas participer au processus – puisqu’ils ont été congédiés et renvoyés au Mexique.
Les travailleurs rapatriés ont vu résilier leur contrat de travail par la Floralia Plant Growers Limited en fin de journée le 5 septembre, après quoi ils ont été reconduits dès le lendemain matin à l’aéroport international de Vancouver où ils se sont fait escorter jusqu’à l’avion et se sont envolés à 13 h.
Les congédiements collectifs et les rapatriements sont survenus à la suite du dépôt d’une requête en accréditation déposée par la section locale 1518 des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC Canada) le 4 septembre en vue de représenter 29 employés à l’établissement Floralia.
« Il est temps que nous, en tant que Canadiens et Canadiennes, examinions sérieusement la façon dont les travailleurs agricoles sont traités au Canada, et il est temps que nous disions à nos gouvernements que ‘cela suffit’ », déclare le président national des TUAC Canada Wayne Hanley.
« Il est temps que nous, en tant que Canadiens, empêchions les employeurs de ‘retourner’ ou ‘d’échanger’ les travailleurs agricoles comme une sorte de marchandise. Les personnes qui récoltent notre nourriture méritent les mêmes droits et protections que les autres travailleurs dans toutes les autres industries canadiennes », poursuit Hanley, le dirigeant d’un des syndicats du secteur privé les plus importants au Canada.
Le rapatriement des employés de Floralia vient à la suite d’un incident qui s’est produit à Portage la Prairie (Man.) le mois dernier où six travailleurs migrants ont été renvoyés de leur travail avant qu’une requête en accréditation syndicale puisse être déposée auprès de la commission des relations de travail du Manitoba.
La section locale 1518 des TUAC Canada a porté plainte officiellement devant la commission de la C.-B. en vertu de laquelle Floralia est accusée de violation du code du travail de la province. « Compte tenu du comportement de l’employeur et de son mépris pour le processus de relations du travail de la C.-B., nous avons demandé à la commission de rectifier la situation en imposant une accréditation de redressement », explique le président de la section locale 1518 Ivan Limpright.
« Nous nous attendons aussi à ce que la commission accorde aux travailleurs rapatriés leur salaire perdu et qu’elle émette une ordonnance qui oblige l’employeur à défrayer leurs frais de transport au Canada et à les réintégrer immédiatement dans leur ancien emploi », de dire Limpright.
Le premier jour des audiences de la commission a eu lieu vendredi dernier et d’autres dates sont prévues pour cette semaine, dès le mardi 16 septembre.
La commission a émis de nombreuses sommations aux travailleurs chez Floralia de comparaître devant son tribunal, et elle a pris des mesures spéciales afin que ceux-ci comprennent leurs droits et que leurs craintes soient atténuées.
De concert avec l’Alliance des travailleurs agricoles (ATA), les TUAC Canada exploitent huit centres de soutien et de défense pour travailleurs agricoles à travers le Canada, lesquels ont apporté de l’aide à des milliers de travailleurs depuis l’ouverture du premier centre en 2002.

