Réagissant à la publication des premières données du recensement de 2006 sur le logement et les coûts d’habitation, le Front d’action populaire en réaménagement urbain constate que la hausse importante du coût des loyers survenue depuis le début du millénaire a empêché les ménages locataires d’améliorer leur sort. Selon le FRAPRU, la grave pénurie de logements locatifs vécue dans la plupart des régions métropolitaines du Québec a fait en sorte que les loyers ont augmenté davantage que les revenus des locataires. Alors que le loyer moyen a augmenté de 14 % au Québec depuis 2001, le revenu moyen, lui, s’est accru de 11 %.
C’est ce qui explique, selon l’organisme de défense des droits des locataires, que le nombre de ménages locataires consacrant plus que la norme de 30 % de leur revenu au loyer soit passé de 445 215 en 2001 à 448 840 en 2006. Le pourcentage de locataires vivant cette situation périlleuse est demeuré sensiblement le même, soit 36 %. Le FRAPRU précise que ce pourcentage monte à 48 % dans le cas des personnes vivant seules qui sont les grandes oubliées des politiques gouvernementales, notamment en matière d’habitation.
Les régions de Montréal et Gatineau les plus durement affectées
D’après le FRAPRU, les régions de Montréal et de Gatineau sont celles où le pourcentage de ménages locataires payant plus de 30 % de leur revenu en loyer a le plus augmenté et c’est encore une fois la hausse des loyers qui est en cause.
À Montréal, 266 360 ménages locataires consacrent désormais plus de 30 % de leur revenu au loyer. Il s’agit de 38 % des locataires contre 36 % en 2001. Le loyer moyen y a augmenté de 15,4 % en cinq ans
À Gatineau où le loyer moyen a augmenté de 17 %, le pourcentage de ménages locataires payant plus que la norme a est passé que 34 % à 36 %, 13 475 ménages vivant désormais cette situation périlleuse.
La région métropolitaine de Québec est celle qui s’en est mieux tirée entre 2001 et 2006, malgré une hausse de 15 % du coût des loyers. L’augmentation importante des revenus des locataires a fait en sorte que le nombre de ménages locataires consacrant plus de 30 % de leur revenu en loyer est passé de 45 945 à 43 220, un locataire sur trois vivant toujours cette situation. Le FRAPRU croit cependant qu’il ne faudrait pas se réjouir trop rapidement dans ce cas, la région métropolitaine de la Capitale nationale étant celle qui demeure présentement aux prises avec la pénurie de logements locatifs la plus aiguë au Québec.
Le nombre de ménages locataires payant plus de 30 % de leur revenu en loyer est de 14 295 (37 %) dans la région de Sherbrooke, de 10 175 (38 %) dans celle de Trois-Rivières et de 8160 (35 %) dans celle de Saguenay.
Ça aurait pu être pire
Selon le FRAPRU, la situation aurait été encore plus tendue sans la réalisation de plus de 10 000 logements sociaux entre 2001 et 2006. Le supplément au loyer d’urgence accordé aux ménages sans logis a également contribué à faire légèrement baisser la pression, 3735 ménages bénéficiant toujours de cette subvention au moment du recensement.
L’organisme estime que les données publiées aujourd’hui devraient convaincre les gouvernements de la nécessité non seulement d’accorder de l’aide d’urgence, mais surtout d’intensifier de beaucoup leurs efforts en logement social. Il rappelle qu’au Québec, le logement social représente à peine 1 logement locatif sur 10, soit à peu près le même pourcentage qu’il y a quinze ans, au moment où la situation du logement était moins dramatique.
Le FRAPRU publiera, au cours des prochains mois, des analyses plus détaillées des données du recensement de 2006.
Source : FRAPRU

