« Malgré une croissance de la fréquentation des établissements francophones d’enseignement collégial qui ne s’essouffle pas, le personnel professionnel se fait encore demander de faire plus avec moins. On devrait embaucher davantage afin de faire face à l’augmentation importante des besoins, mais les décisions gouvernementales des deux dernières années et les plans d’effectifs déposés ces jours-ci montrent plutôt que les services professionnels ne suivent vraiment pas la hausse du nombre d’étudiantes et étudiants. En fin de compte, ce sont nécessairement les services, la santé de nos membres et la réussite étudiante qui sont affectés », a déclaré Éric Cyr, président de la FPPC-CSQ.
Des services aux étudiants insuffisants dans la majorité des cégeps
Les résultats des consultations menées révèlent des lacunes importantes dans l’offre de services professionnels directe aux étudiantes et aux étudiants. Dans une majorité d’établissements, au moins un poste clé n’est pas pourvu, compromettant ainsi l’accompagnement et la réussite étudiante.
Ainsi, dans près des deux tiers des syndicats consultés, il manque au moins une ou un API, une ressource essentielle pour soutenir le cheminement scolaire. Une proportion similaire rapporte également le manque d’au moins une personne conseillère d’orientation, pourtant cruciale pour guider les choix académiques et professionnels. De plus, un cégep sur deux ne dispose pas du personnel professionnel nécessaire en services adaptés, limitant potentiellement l’accès équitable aux études pour les étudiantes et étudiants en situation de handicap.
« Ces données confirment ce que nos membres constatent sur le terrain : les étudiantes et étudiants n’ont pas accès à tous les services nécessaires à leur réussite. On parle ici de personnel professionnel essentiel, dont l’absence crée des délais, des bris de services et donc, un risque accru de décrochage », affirme Éric Cyr.
Des équipes professionnelles en sous-effectif
Au-delà des services directs, les consultations mettent également en lumière une insuffisance préoccupante de personnel professionnel dans plusieurs fonctions de soutien pédagogique. Plus des trois quarts des personnes répondantes estiment qu’il manque au moins une conseillère ou un conseiller pédagogique dans leur établissement.
Ces ressources jouent pourtant un rôle stratégique dans l’accompagnement du personnel enseignant, dans la qualité des programmes, ainsi que dans le fonctionnement et le développement des institutions collégiales. Leur absence engendre une surcharge de travail pour celles et ceux qui sont toujours en poste et limite la capacité des cégeps à innover et à répondre aux besoins en constante évolution à travers le réseau.
Des services essentiels en nombre insuffisants
De plus, selon une compilation réalisée par la FPPC-CSQ, la situation est particulièrement préoccupante en ce qui concerne les services psychosociaux. Malgré des besoins importants en relation d’aide, certains services ne sont tout simplement pas offerts dans plusieurs établissements collégiaux.
En effet, 17 cégeps ne comptent aucun psychologue au sein de leur équipe, tandis que 14 établissements n’emploient pas de travailleuse sociale ou travailleur social. Cette situation prive une part importante de la population étudiante d’un soutien essentiel pour faire face à des enjeux de santé mentale, de stress ou de difficultés personnelles.
« En 2026, il est inconcevable que le réseau des cégeps ne puisse offrir un accès équitable à des services psychologiques ou en travail social dans l’ensemble des régions. Les besoins sont en croissance, et nos établissements doivent être en mesure d’y répondre de façon structurée et humaine », conclut le président de la FPPC-CSQ.


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