Édition du 16 juin 2026

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Situation de la langue française. La CSQ critique sévèrement l’attitude du gouvernement Charest

Montréal, le 8 juin 2008. – « Ça ne donne rien d’exiger des autres qu’ils reconnaissent la nation québécoise si notre propre gouvernement, le gouvernement du Québec, est incapable de se comporter en gouvernement national. Et c’est exactement ce que fait le gouvernement Charest dans le dossier de la langue en continuant de fermer les yeux sur la situation du français à Montréal. »

C’est en ces termes que la vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Mme Louise Chabot, a interpellé aujourd’hui le gouvernement Charest dans le cadre d’un rassemblement organisé par le Mouvement Montréal français, qui se déroulait à Montréal, et qui visait le renforcement de la loi 101.

D’entrée de jeu, la vice-présidente de la CSQ a tenu à rappeler que la langue française fait partie de notre héritage commun, un héritage transmis à toutes les Québécoises et à tous les Québécois, et qu’ils ont comme devoir de protéger et de transmettre à leur tour à leurs enfants et à leurs petits-enfants.

« Une langue, c’est ce qu’un peuple a de plus précieux, parce que c’est à travers sa langue qu’il exprime son identité, son âme. Une langue, ça ne s’achète pas, tout simplement parce que ça n’a pas de prix. Une langue, ça nous est légué et nous devrons faire de même. Mais avant de pouvoir transmettre notre langue, nous devons commencer par la protéger, la promouvoir et la défendre », soutient Mme Chabot.

Un premier ministre et une ministre qui demeurent les bras croisés

Mme Louise Chabot soutient qu’il faut donc d’autant plus s’inquiéter de l’attitude désinvolte manifestée, au cours des dernières semaines, par le premier ministre Jean Charest et la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine St-Pierre, dans le dossier sur la situation du français au Québec.

« Même si la nouvelle stratégie adoptée par M. Charest et son gouvernement pour remonter dans les sondages est de ne rien faire, nous n’accepterons pas qu’il demeure les bras croisés pendant que le français recule à Montréal. L’enjeu de la langue, c’est sérieux et beaucoup plus important que la popularité d’un gouvernement quel qu’il soit. Un peuple qui cesse de défendre sa langue, c’est un peuple qui accepte de disparaître. Et un gouvernement qui cesse de défendre la langue nationale ne vaut guère mieux. C’est un gouvernement qui accepte que le peuple disparaisse », dénonce la vice-présidente de la CSQ.

Un chef des pompiers qui ne veut plus combattre les feux…

Mme Chabot prévient Jean Charest et son gouvernement « que nous sommes trop fiers de ce que nous sommes, comme Québécoises et Québécois, pour accepter de disparaître ».

« Au Québec, une ministre de la Culture qui refuse de défendre la langue française, ça ressemble à un chef des pompiers qui ne voudrait plus combattre les incendies. Vous pouvez être certains que ses patrons n’attendraient pas que la ville passe au feu pour le mettre à la porte. L’exemple vaut également pour la situation du français au Québec. Si la ministre Christine St-Pierre ne veut pas assumer ses devoirs et responsabilités à l’égard du français, que le premier ministre la ramène à l’ordre », de dire Mme Chabot.

La langue : le territoire de notre identité commune

La vice-présidente de la CSQ avertit le gouvernement Charest que la langue française, c’est le territoire de notre identité commune et elle mérite d’être protégée.

« Jean Charest aurait intérêt à se rappeler qu’il a dû reculer dans le dossier du parc national du Mont Orford, parce que les citoyens n’acceptaient pas qu’il dilapide une partie de notre patrimoine, de notre bien commun national. Le français ne vaut pas moins cher pour le Québec. La langue française, c’est le territoire de notre identité nationale et le gouvernement doit prendre les moyens qui s’imposent pour la promouvoir et la protéger », affirme Mme Chabot.

Le français comme langue exclusive des communications publiques

Au nom de la CSQ et de ses membres, Mme Louise Chabot réclame donc que le gouvernement Charest adopte les dispositions nécessaires pour faire du français la langue exclusive des communications publiques au Québec.

« En tolérant le bilinguisme dans nos institutions publiques, le gouvernement Charest choisit de se comporter en simple gouvernement provincial plutôt que d’agir comme un véritable gouvernement national, le gouvernement élu par la nation québécoise. Si l’on veut que les nouveaux arrivants adoptent le français, il faut d’abord que notre gouvernement envoie un message clair et fort en faveur de l’exclusivité du français dans les services publics », renchérit Mme Chabot.

L’apprentissage du français : un droit fondamental

La porte-parole syndicale exige également que le gouvernement reconnaisse l’apprentissage du français comme un droit fondamental pour chaque citoyenne et chaque citoyen du Québec, et que des mesures soient adoptées en conséquence afin que chacune et chacun puissent se prévaloir pleinement de ce droit.

« La loi 101 doit également être renforcée, particulièrement pour les clauses qui imposent l’obligation de fréquenter l’école française. Il en va de même de la nécessité d’améliorer les mesures de francisation des nouveaux arrivants au Québec », termine la vice-présidente de la CSQ, Mme Louise Chabot.

Mots-clés : Communiqués

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