2009-04-06 11:26
OTTAWA – Le Sommet du G-20 à Londres a été un « succès provisoire » et c’est surtout grâce au mouvement syndical international, dit Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada.
« Nous sommes déçus qu’il n’y ait pas eu d’engagement à consacrer de nouvelles dépenses à la relance, mais nous avons demandé aux gouvernements de s’attaquer plus agressivement à la crise économique et ils nous ont finalement entendus », dit Georgetti. En compagnie de d’autres leaders syndicaux du monde, il a rencontré en début de semaine le président du Sommet et premier ministre du Royaume-Uni Gordon Brown, le premier ministre de l’Australie Kevin Rudd, le président Lula du Brésil, le président Kgalema Motlanthe d’Afrique du Sud et d’autres chefs d’État pour réclamer des actions au niveau de l’emploi, de l’aide pour les pays durement frappés par la crise et un resserrement des contrôles sur une élite financière débridée.
« Au début des rencontres, les leaders du G-20 n’étaient pas chauds à l’idée, mais à la suite de nos représentations efficaces, ils étaient prêts à agir d’une façon plus agressive et à faire passer les gens avant les banques », ajoute Georgetti.
Les pays du G-20 ont annoncé des mesures financières d’environ un billion de dollars, dont 100 milliards iront aux banques de développement international et aux ressources supplémentaires dont bénéficiera le Fonds monétaire international afin de prêter aux économies en difficulté. Le G-20 a également promis une réglementation plus stricte des banques, des fonds de couverture et des institutions financières à l’échelle mondiale, ainsi que des sanctions contre les paradis fiscaux protégés par le secret bancaire.
« C’est un pas dans la bonne direction. Ce sont des banquiers âpres au gain et des chefs d’entreprise imprudents et parfois corrompus qui nous ont plongés dans ce gâchis. Il faut qu’un ménage soit fait », poursuit Georgetti.-
Est-ce le signal de la fin des désastreuses politiques de déréglementation des trente dernières années ? « Seul le temps nous dira si les gouvernements du G-20 sont vraiment déterminés à resserrer leur surveillance. Pour nous rassurer, il faudra de la transparence et il faudra aussi veiller à ce que les architectes à qui nous devons ce gâchis ne soient pas ceux qui se voient confier le mandat de nous en sortir. »
Georgetti a fait valoir que le premier ministre Harper pourrait devoir investir davantage dans les mesures de relance. Il faut aussi que le gouvernement améliore le régime d’assurance-emploi : « Plus de la moitié de nos chômeurs et chômeuses n’ont pas accès aux prestations d’assurance-emploi ; les protections assurées par le régime sont nettement insuffisantes. »
Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,2 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 130 conseils du travail régionaux. Site Internet : www.congresdutravail.ca

