Édition du 2 juin 2026

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21 aspects méconnus de la loi sur les Indiens de Bob Joseph

Pour mieux encadrer les Autochtones, le gouvernement canadien dirigé par Alexander Mackenzie adopte la Loi sur les Indiens en 1876. Cette loi concerne les membres des Premières Nations, mais ne concerne pas les Métis ni les Inuits. Le but de la Loi sur les Indiens est de forcer l’intégration des Autochtones à la société canadienne en les assimilant. Sous cette loi, les « Indiens inscrits » (Autochtones) sont considérés comme mineurs, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas considérés comme des adultes. Cela fait en sorte qu’ils n’ont pas tous les mêmes droits que les Canadiens et Canadiennes. Le gouvernement gère plusieurs de leurs affaires, comme leur territoire. Ils se retrouvent donc dans une situation de dépendance envers le gouvernement canadien. Ce dernier utilise cette relation de dépendance pour atteindre son but, soit l’assimilation des peuples des Premières Nations. (Allo prof !)

https://www.alloprof.qc.ca/fr/eleves/bv/histoire/les-politiques-d-assimilation-et-la-loi-sur-les-indiens-h1702

Ce que Bob Joseph réussit à faire au sein de ces pages, c’est justement de nous éclairer aussi finement sur l’époque même de la création de la Loi sur les Indiens. La mentalité de l’époque, le racisme comme convention sociale, les multiples tentatives des « premiers alliés » (je pense au Dr Peter Bryce) de dénoncer les atrocités au sein des pensionnats, puis les appels à la conscientisation du grand public canadien après la Seconde Guerre mondiale. Nous avons la preuve ici, grâce au travail de Joseph, que nous ne faisons que répéter l’histoire. Il y a souvent cette tendance de penser « que nous sommes les premiers à réaliser la réconciliation », alors qu’il y a déjà eu différentes actions entreprises par des personnes empathiques qui nous ont précédées, et qui avaient à cœur les droits humains pour tous. Je pense, par exemple, à ce mouvement d’ « amérindianisation » au sein de ma communauté de Pessamit, dans les années 70 et 80, qui consistait à enseigner dans la langue innu toutes les matières au primaire et au secondaire, pour des élèves dont la première langue était leur langue maternelle, et à publier en innu-aimun les contes culturels et ancestraux pour enseigner notre propre histoire.

Je souhaite qu’à la lecture de ce livre, vous vous avouiez qu’en réalité, vous ne saviez rien sur notre propre perception de la réconciliation. Vous avouerez que la perspective politique gouvernementale sur la réconciliation a pris tout l’espace, assez pour empêcher le grand public, et même nous, Autochtones francophones, d’avoir accès à une réelle réflexion sur ce qu’est une réconciliation, en quelles mesures elle consiste, et pourquoi. Pourquoi est-elle nécessaire ? J’ai longtemps entendu, depuis que ce mot existe dans la sphère publique, cette même question. J’ai alors longtemps attendu que ce livre-ci puisse arriver en français au Québec pour que nous puissions reprendre la conversation sur des bases qui sont, cette fois-ci, à nos conditions, c’est-à-dire, l’éducation sur l’histoire canadienne, sur la Loi sur les Indiens et toutes les racines du colonialisme. Sans ça, aucune conversation n’est possible. Et ça, je l’ai souvent répété sur de nombreuses tribunes au fil du temps.

Extraits de la Préface de Natasha Kanapé Fontaine

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