Édition du 7 avril 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Luttes sociales

Grèce

Une semaine de désobeissance dans les hôpitaux et grève de 24 heures le 15 décembre

C’est clair : la colère populaire, désorientée en juin, redescend dans la rue, à tel point que le président de la confédération GSEE qui affirmait récemment que les grèves étaient finies pour le moment, a appelé d’urgence à un arrêt de travail de trois heures, le 25 novembre. Bon signe : plusieurs milliers de travailleurs se sont rassemblés en annonçant une vague gréviste.

Après les élections régionales et municipales de la mi-novembre, trois mobilisations ont confirmé la dynamique à gauche du PASOK (PS grec) : le 15 novembre ont eu lieu d’importants rassemblements et manifestations à l’appel du KKE (PC grec) et de la gauche anticapitaliste et radicale contre l’arrivée des représentants du FMI et de l’Union européenne. Le 16, un meeting organisé rapidement par la coalition anticapitaliste Antarsya à l’École Polytechnique d’Athènes a rassemblé plus de 1000 participants (salle trop petite !), avec interventions des nouveaux élus. Et le 17, la manifestation de commémoration du massacre des étudiants en 1973 a rassemblé 50,000 personnes dans la capitale et des dizaines de milliers d’autres dans le pays, avec un nombre impressionnant de jeunes.

C’est clair : la colère populaire, désorientée en juin, redescend dans la rue, à tel point que le président de la confédération GSEE qui affirmait récemment que les grèves étaient finies pour le moment, a appelé d’urgence à un arrêt de travail de trois heures, le 25 novembre. Bon signe : plusieurs milliers de travailleurs se sont rassemblés en annonçant une vague gréviste. Mais comme d’habitude, le courant du KKE, Pame, se rassemblait à un autre endroit…

Il faut dire que les luttes sont très nombreuses ! Isolées, mais intervenant dans de très nombreux secteurs. Ainsi, la grève des travailleurs municipaux, dont les contractuels sont licenciés (2,500 programmés à Athènes) : ce démembrement va non seulement créer des milliers de nouveaux chômeurs, mais va casser davantage les services publics. On le voit avec le ramassage des ordures : il n’y a plus assez de travailleurs et les ordures non amassées menacent la santé publique. De même dans les hôpitaux ou l’enseignement. De manière générale, les luttes se développent donc contre le renvoi des contractuels et pour les postes nécessaires. En Crète, 3,000 lycéens et étudiants ont manifesté pour l’éducation, malgré le procureur qui voulait déclarer leur mobilisation passible de poursuites !

Dans le secteur de la santé publique, une mobilisation exemplaire vient d’avoir lieu avec l’action du personnel médical qui, pendant une semaine, a offert des prestations gratuites à la population. Du 22 au 28 novembre, à l’appel de la Fédération des Médecins hospitaliers (OENGE), le personnel médical de plusieurs hôpitaux publics a ainsi occupé les bureaux de ces derniers et les patients ont été invités à ne pas payer le tarif de 3 euros aux urgences décidé par le gouvernement, ni les traitements reçus.

Dès la première journée d’action, plusieurs milliers de personnes ont fait la queue dans les hôpitaux du Système national de santé pour recevoir une assistance médicale gratuite. Pour les médecins du secteur public ; « l’économie grecque est malade et nécessite une injection de liquidité. Mais pas de la part des patients qui payent déjà plusieurs fois le système de santé à travers leurs impôts, à travers les réductions de leurs salaires et à travers leurs mutualités. Il n’est pas nécessaire de le faire payer encore une fois au moment d’une urgence dans les hôpitaux ».

Pour la doctoresse Olga Kosmopoulou, médecin spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital de Nikea et membre du secrériat exécutif de l’OENGE, « à partir du moment où le gouvernement décide de priver le peuple de son droit à l’accès gratuit à la santé, nous, médecins internes, sommes obligés par notre engagement avec le code de déontologie médicale, à nous mobiliser. De fait, cette semaine, c’est une invitation à la désobéissance massive que nous lançons... Ce n’est pas une action philanthropique, c’est la défense des droits ».

Pour le président de l’OENGE, le docteur Varnavas, « la crise financière a commencé à prendre l’allure d’une crise humanitaire. Nous, les médecins internes, nous ne pouvons pas rester indifférents devant la gravité de la situation créée. Le semaine d’accès libre à la santé est un premier pas dans notre riposte et nous invitons les organisations et les citoyens à collaborer avec nous pour un système de santé public, gratuit, de qualité et accessible à toutes les personnes. »

Dans le privé, la lutte se prépare contre la décision, défendue par l’Union des entrepreneurs, selon laquelle l’accord d’entreprise primerait sur la convention collective, et contre le chantage « baisse du salaire ou licenciement ». Les marins sont en grève pour leur convention collective. Les travailleurs de la presse se mobilisent contre licenciements et risque de fermetures de titres, et on a vu cette semaine l’édition « sauvage » d’un journal de droite, réalisée par les travailleurs. Mais il y a d’autres luttes, comme ces mobilisations croissantes contre les péages…

L’objectif central est désormais de réussir la grève générale du 15 décembre, que GSEE et Adedy (fédération du secteur public) se sont décidés à appeler : en faire une réussite unitaire, mais surtout, à la base, préparer le lendemain !

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