Le 10 février 2026, le Syndicat des travailleuses des CPE et BC du Saguenay-Lac-Saint-Jean-CSN a réuni ses membres pour faire le point sur l’état de la négociation et sur la judiciarisation du conflit, suivant une demande de l’employeur au Tribunal administratif du travail (TAT) visant à restreindre l’exercice de la grève. Le tribunal devra déterminer si le CPE doit être soumis au nouveau concept de « services minimalement requis » pour assurer la sécurité sociale, économique ou environnementale de la population.
C’est un dur coup pour les grévistes, mais elles demeurent déterminées. La grève se poursuit alors que l’employeur refuse toujours de chercher une solution négociée permettant la réouverture complète de l’installation.
La dernière séance de négociation directe entre les parties s’est tenue le 6 novembre 2025, l’employeur fermant la porte jusqu’à maintenant à toute solution autre que l’acceptation intégrale de sa demande visant à abolir la demi-heure de diner rémunérée, un droit obtenu dans ce CPE il y a plus de 40 ans. Le 6 février, une courte rencontre entre les porte-parole des deux parties s’est tenue en présence de la conciliatrice et du médiateur en chef du ministère du Travail. À cette occasion, le syndicat a constaté que la partie patronale n’avait aucune nouvelle proposition à formuler.
Judiciarisation
« L’employeur déploie des énergies considérables dans la judiciarisation du conflit, déplore la présidente du Conseil central du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Manon Tremblay. C’est le tout premier employeur au Québec qui invoque la loi 14. Dès le premier jour d’entrée en vigueur de la loi, il a demandé au ministre du Travail d’intervenir pour lui permettre de réclamer du TAT qu’il impose des services minimaux. Il n’a montré aucune ouverture à reprendre la négociation malgré toutes les propositions que le syndicat a mises au jeu. De plus en plus, il nous semble clair que l’objectif de l’employeur n’est pas d’en arriver à une entente négociée, mais bien de casser le syndicat pour imposer ses vues aux travailleuses. C’est pourquoi nous entendons les appuyer jusqu’au bout. »
Manon Tremblay enchaîne : « Le Jardin de Robi se prépare une belle facture de frais d’avocats. Est-ce que l’association patronale des CPE et BC de la région compte la refiler aux autres CPE qui en font partie ? »
Négociation
La présidente du syndicat représentant la vingtaine de travailleuses, Nathalie Duperré, rappelle que ses membres n’ont pas décidé de déclencher la grève de gaieté de cœur. « Probablement personne n’a plus à cœur les services éducatifs à l’enfance que nous, qui nous y consacrons au quotidien. Depuis le début du conflit, nous avons tenté de dénouer l’impasse de plusieurs façons, en formulant des propositions qui tiennent compte des objectifs financiers de l’employeur. Tout cela parce que, ce que l’on veut le plus au monde, c’est une entente négociée permettant le retour à la normale. Nos propositions sont systématiquement rejetées du revers de la main par l’employeur. »
Pour le syndicat, seule une entente négociée permettra de trouver une issue satisfaisante. Les salariées tiennent à décider elles-mêmes de leurs conditions de travail et c’est pourquoi aucune demande d’arbitrage n’a été formulée.
La vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Hélène Brassard, rappelle que la FSSS-CSN représente la majorité des employé-es des CPE du Québec et que peu d’employeurs ont fait preuve d’une telle fermeture. « Dans l’écrasante majorité des CPE, dont toutes les autres installations de la région, les syndicats ont pu négocier localement leurs conditions de travail, sans aucun conflit. Rien ne justifie qu’on ne puisse conclure une entente négociée satisfaisante ici aussi. »


Un message, un commentaire ?