Édition du 29 novembre 2022

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Europe

Crise énergétique en France : La chasse au carburant continue…

Reconduction, depuis samedi, des mouvements de grève dans plusieurs raffineries et dépôts de carburants chez TotalEnergies et Exxonmobil en France, a fait savoir la CGT, prête à entamer des négociations. L’escalade en Ukraine ces dernières heures, fait craindre le pire !

De Paris, Omar HADDADOU

Un recours aux stocks stratégiques après le verbiage hasardeux !

C’est un tableau anthracite virant vers le noir ébène qui se profile devant l’Union européenne et l’administration Biden en matière énergétique. Le Président des Etats-Unis, présentement à mi-mandat, prend des engagements fermes sur l’aspect hégémonique en en gardant dans son viseur l’intérêt américain.
A ce titre, il doit éviter à son peuple une inflation, notamment l’envolée des prix à la pompe, des mouvements sociaux et un interventionnisme militaire des troupes au sol ; mais nullement l’opportunité d’écouler des armes et autres arsenaux d’appoint à faire tourner son économie.

Manœuvre habile ayant conduit l’Exécutif français à embarquer le peuple dans un suivisme partisan aveugle, fortement dénoncé ce week-end par les leaders des Gilets jaunes lors de la manifestation de samedi dernier, des Associations et une majorité de l’opinion publique.
La France, sans contredit, n’est pas restée les bras ballants. Seulement, en misant sur le chiffre 9, c’est le 6 qui est tiré. Elle a perdu Poutine et ses alliés et doit affronter l’élan émergeant de la prise de conscience africaine sur sa souveraineté de choisir ses partenaires. Les stocks français s’amenuisent piteusement. Il reste à raviver la flamme d’Alger (où l’on attend des visas et du concret) par des opérations séduction. Après une période de glaciation, Emmanuel Macron œuvre pour une nouvelle dynamique ! Il y a deux mois, le Président, auteur de la violente saillie « Un système construit sur la rente mémorielle », avait effectué une visite-amorce afin de renouer le dialogue avec les autorités algériennes. C’est à sa cheffe du gouvernement Elisabeth Borne qu’échut l’honneur de brûler l’encens au cours du « grand oral diplomatique ». Accompagnée de 16 ministres, elle s’est rendue dimanche 9 octobre, dans la capitale ensoleillée et non moins envoutante El Bahdja (Alger), dans la perspective de relancer le partenariat. On valide !
Ils auraient pu nous la faire courte, sans tourner autour du pot. Confesser au petit peuple qui jouit encore de sa présence d’esprit et son sens de discernement, que l’acuité de la pénurie du carburant, voilée jusqu’alors par certains discours depuis dix jours, a atteint son paroxysme en cette rude période hivernale, sur fond d’une grogne sociale. Elle se cristallise aujourd’hui ostensiblement sur le terrain ! Près de 60% des stations de services sont touchées en Hexagone par des difficultés d’approvisionnement. En Ile de France, 44,9 % des stations sont « en rupture d’au moins un produit » selon le Ministère de la Transition énergétique. En cause ? Les mouvements de grève reconductibles impactant plusieurs raffineries et dépôts de carburants français chez TotalEnergies et ExxonMobil, selon la Confédération générale des Travailleurs (CGT). A l’effet d’apaiser ces tensions, le Groupe français propose d’avancer les négociations sur la hausse des salaires. Les syndicats réclament une augmentation de 10% pour l’année 2022 dont 7 pour compenser l’inflation et 3 au titre des bénéfices engrangés par la compagnie. TotalEnergies riposte avec aplomb : « La rémunération mensuelle moyenne d’un opérateur de raffinerie s’élève à 4300 euros par mois, hors intéressement ». La CGT s’inscrit en faux ! Guerre des communiqués.
Conscient de la gravité de la situation, le gouvernement ne lésine pas la rhétorique optimiste : « La situation va s’améliorer. Nous avons libéré des stocks stratégiques de carburants pour alimenter les stations. Ces livraisons arrivent progressivement » assure la Première ministre, Elisabeth Borne, depuis Alger. De son côté, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runache, s’est félicitée de l’annonce de TotalEnergies, estimant que le conflit « devait cesser ».

Une déconnexion à l’antipode de la paralysie effective. Ce lundi, certains citoyens (es) ont eu de la peine à se rendre au travail. Situation encore compliquée pour la mobilité des pompiers, la police, les malades, le ramassage scolaire…
La station-service des Lilas, prise d’assaut au lever du jour, en est la parfaite illustration : « Il n’y a plus de Gas-oil ! Il n’y a plus de Gas-oil ! » s’époumone le tenancier.

Après des heures d’attente, les clients exaspérés se ruent sur lui et le tancent sans ménagement : «  Vous vous f… de la gueule des gens ? On a passé la journée cloués dans la bagnole et c’est maintenant que vous nous l’annoncer ? Bande de … ! ».
Au creux de la vague, Matignon vient de donner son feu vert pour la libération de certains stocks stratégiques gérés par l’Etat et non les compagnies pétrolières, alors qu’Emmanuel Macron appelle l’ensemble des entreprises concernées et les salariés à « un esprit de responsabilité ».

Est-ce la sortie de crise… ?

Une neutralité sur la guerre en Ukraine aurait peut-être épargné la France de s’embourber dans des tensions et ne pas afficher dans ses stations-services «  Rupture de Gas-oil et de SP95 ».
O.H

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